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Les migrants sont touchés de façon disproportionnée par le VIH et le SIDA, déclare l’OIM à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le SIDA

Posté le ven., nov.-30-2012

Suisse - Les migrants sont touchés de façon disproportionnée par le VIH et le SIDA dans les pays à revenu élevé, déclare l’OIM à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le SIDA.
 
Le rapport 2012 d’ONUSIDA sur l’épidémie mondiale du SIDA démontre que, pour la première fois dans l’histoire de la maladie, la fin de l’épidémie pointe à l’horizon et le taux de nouvelles contaminations diminue dans les pays généralement durement touchés.
 
Toutefois, de nombreux défis demeurent. Par exemple, dans les pays d’Amérique du Nord et d’Europe à revenu élevé, le nombre total de personnes vivant avec le VIH a en réalité augmenté ces dix dernières années.
 
Les migrants et les populations mobiles sont particulièrement exposés au risque de contracter le VIH dans le monde entier, car ils sont souvent confrontés à la marginalisation, à l’exclusion et à de multiples obstacles pour accéder à l’hygiène et aux soins.
 
En outre, les pays à revenu élevé ne sont pas assez sensibilisés à la vulnérabilité des migrants au VIH. Dans ces pays, les migrants, en particulier ceux qui viennent de pays hautement endémiques, sont touchés par le VIH de façon disproportionnée par rapport au reste de la population.
 
Par exemple, au Canada, le taux d’infection chez les migrants originaires de pays hautement endémiques est 8,5 fois plus élevé que chez les autres Canadiens (2008).
 
Aux Etats-Unis, la population née à l’étranger représente 13% de la population totale, mais 16,2% des nouvelles infections (2007-2010).
 
En moyenne, dans l’Union européenne (UE) / Espace économique européen (EEE), plus d’un tiers des infections contractées lors de relations hétérosexuelles touchent des personnes qui ont migré dans la région depuis un pays où l’épidémie de VIH est généralisée.
 
Contrairement aux idées reçues, les migrants sont souvent contaminés après leur arrivée dans les pays de destination. Ils n’ont souvent pas connaissance de leur séropositivité et ont tendance à recevoir un diagnostic bien plus tard que le reste de la population. Cet état de fait est souvent dû à la stigmatisation, au manque de connaissances, à la marginalisation et à leur statut d’immigration précaire.
 
Pour faire face à certains de ces problèmes et aller aux devants des migrants contaminés par le VIH/SIDA au sein de la diaspora, l’OIM œuvre en collaboration étroite avec le Réseau mondial de la diaspora noire et africaine sur le VIH/SIDA (ABDGN en anglais), établi en 2006.
 
Ce « réseau de réseaux » basé à Toronto a pour but de renforcer les mesures de lutte contre les épidémies actuelles et émergentes du VIH/SIDA et contre la stigmatisation et la discrimination qui y sont associées, au sein des populations africaine, noire et caribéenne de la diaspora, y compris les migrants et les réfugiés. Cette semaine, lors de 101ème session du Conseil de l’OIM, l’ABDGN a rejoint l’Organisation en tant qu’observateur.
 
« Bon nombre des migrants que nous aidons ne connaissent aucun terme médical et ne comprennent souvent pas ce que les médecins leur disent ou ont trop peur de poser des questions. Sans mesures de prévention et de traitement du VIH tenant compte des migrants, nous n’atteindrons pas l’objectif « zéro nouvelle infection, zéro discrimination et zéro décès lié au SIDA, thème de la Journée mondiale de lutte contre le SIDA », déclare Wangari Tharao, de l’ABDGN.
 
« La détresse des migrants qui vivent avec le VIH est très inquiétante. Bon nombre sont confrontés à une double stigmatisation : celle d’être migrant et celle de vivre avec le VIH. Les Etats doivent absolument intégrer les droits fondamentaux et les besoins des migrants et des populations mobiles dans leurs mesures de lutte contre le VIH et garantir l’accès universel à la prévention, au traitement, aux soins et au soutien liés au VIH, tel que l’expose la Résolution 2008 de l’Assemblée mondiale de la santé sur la santé des migrants », déclare William Lacy Swing, Directeur général de l’OIM.
 
Pour plus d’informations, veuillez contacter

Barbara Rijks
OIM Genève
Tél. +41 22 717 9270
Email : brijks@iom.int