Arrivées de migrants en Europe par la Méditerranée en 2018 : 84 345 ; décès en mer : 1 777

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10/05/18
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Humanitarian Emergencies, Missing Migrants

Genève - D’après l’OIM, l’organisme des Nations Unies chargé des migrations, 83 345 migrants et réfugiés sont arrivés en Europe par la mer en date du 3 octobre 2018, dont 38 451 en Espagne, la principale destination cette année. 

En comparaison, ils étaient 139 677 à la même période dans la région l’an dernier et 312 153 au même moment en 2016. Le nombre de décès dans la Méditerranée (1 777) reste élevé. Toutefois, ce chiffre est bien en-dessous du nombre enregistré à la même date l’an dernier (2 749) ou en 2016 (3 682).

Les arrivées en Italie - seulement 947 en septembre - sont passées sous la barre des 1 000 pour la première fois depuis quatre ans (voir tableau ci-dessous). Ils étaient également moins de 1 000 en février et mars cette année, une période saisonnière généralement peu chargée. Pourtant, même pendant les mois d’hiver, les migrants et réfugiés étaient souvent plus d’un millier à débarquer sur les côtes italiennes. La chute du nombre d’arrivées qui a débuté il y a plus d’un an s’est accélérée tout au long de l’année.

D’après le projet de l’OIM sur les migrants disparus (MMP), au moins 1 777 personnes sont mortes ou ont disparu le long des itinéraires migratoires à travers la région méditerranéenne pendant les neuf premiers mois de 2018 et le 3 octobre marque le cinquième anniversaire des naufrages de Lampedusa en 2013.

« Mercredi, cela a fait exactement cinq ans qu’un naufrage au large de l’île italienne de Lampedusa a fait 368 victimes. En Italie, le 3 octobre est devenue la Journée officielle du souvenir pour ces migrants, officiellement appelée Journée nationale du souvenir pour les victimes de l’immigration », a fait remarquer Flavio Di Giacomo, de l’OIM à Rome.

Il a expliqué qu’il y a cinq ans, les naufrages au large de Lampedusa ont fait les gros titres et la communauté internationale semblait unie dans sa volonté d’éviter d’autres tragédies en mer. Mais depuis, 14 736 migrants sont morts sur l’itinéraire de la Méditerranée centrale en route vers l’Europe.

En collaboration avec le HCR et d’autres organisations, l’OIM a participé, cette semaine, à la commémoration de la tragédie organisée par le « Comité du 3 octobre » à Lampedusa. L’initiative a réuni sur l’île des étudiants venus de toute l’Italie (et d’une école parisienne) qui ont participé à des sessions de sensibilisation sur les questions de migration. Le personnel de l’OIM a donné un cours sur la traite des êtres humains. La commémoration s’est terminée par une marche silencieuse menée par les survivants du naufrage jusqu’à la Porte de l’Europe, monument créé en 2008 par l’artiste Mimmo Paladino rendant hommage à tous les migrants qui ont péri en mer.

« Il est important de venir à Lampedusa le 3 octobre car la tragédie qui s’est déroulée ce jour-là doit toujours être commémorée, au même titre que toutes les autres tragédies qui continuent malheureusement d’avoir lieu en mer. Nous sommes aussi venus ici pour insister, une fois de plus, sur le fait que sauver des vies doit toujours être une priorité », a déclaré Federico Soda, Directeur du Bureau de coordination de l’OIM pour la Méditerranée.

D’après le MMP, plus de 60 pour cent des décès de migrants à travers le monde en 2018 ont été recensés dans la Méditerranée. Plus récemment, un naufrage entre le Maroc et l’Espagne s’est produit le 1er octobre : 11 corps ont été repêchés du Patera, tandis que 23 personnes sont toujours portées disparues, d’après les témoignages de 26 rescapés. Un enfant et un bébé font partie des 34 morts ou disparus.

Toujours dans la Méditerranée occidentale, le corps d’une femme originaire d’Afrique subsaharienne, vraisemblablement une migrante, a été retrouvé sur la plage de Cabo Negro, au Maroc, dimanche dernier. Dans la Méditerranée centrale, une ONG patrouillant par avion le long des côtes libyennes a localisé, lundi, un corps flottant à plusieurs kilomètres au nord-est de Zouara. Aucun autre corps n’a été repêché depuis, ce qui indique que de nombreux autres décès dans la Méditerranée ne sont probablement jamais détectés.

D’après l’OIM en Libye, 12 189 migrants bloqués ont été rapatriés chez eux dans le Cadre du Programme d’aide au retour volontaire humanitaire (HVR) de l’OIM, dont 172 cette semaine et 121 pendant les deux premiers jours d’octobre (voir tableau ci-dessous).

Depuis le 1er janvier 2017, l’OIM a rapatrié 32 190 dans le cadre du VHR, soit à bord de vols commerciaux, soit par vol charter. Les quatre principaux pays de retour sont le Nigéria, le Niger, le Mali et la Guinée. Les rapatriés de la semaine dernière sont rentrés en Gambie, au Bangladesh, en Guinée et au Cameroun. Ceux de cette semaine sont rentrés chez eux au Sénégal, au Pakistan, au Cameroun et au Bangladesh.

D’après Ana Dodevska de l’OIM en Espagne, en date du 3 octobre, les données du Ministère espagnol de l’intérieur indiquent que 43 371 migrants sont arrivés en Espagne, dont 38 451 par la mer (voir tableau ci-dessous).

D’après l’OIM, pendant les cinq premiers mois de l’année, 8 150 hommes, femmes et enfants ont été secourus dans les eaux espagnoles après avoir quitté l’Afrique, soit en moyenne 54 par jour. Depuis le 31 mai, 29 564 migrants sont arrivés en Europe, soit un peu moins de 240 migrants par jour. Rien qu’en août et septembre, 13 723 migrants irréguliers sont arrivés par la mer, soit 225 par jour en moyenne. Pendant les trois premiers jours d’octobre, 353 migrants irréguliers sont arrivés en moyenne chaque jour.

Dimitrios Tsagalas, de l’OIM à Chypre, a rapporté que le 2 octobre, la défense civile chypriote a localisé 16 personnes au point de contrôle de Ledra Palace. D’après le personnel de l’OIM présent dans le centre d’accueil temporaire de Pournara, deux hommes, quatre femmes et dix enfants, tous de nationalité syrienne, composaient le groupe. Dimitrios Tsagalas a déclaré que ces dernières arrivées portaient à 501 le nombre total de migrants irréguliers et de réfugiés arrivés à Chypre en 2018.

D’après l’OIM en Grèce, entre le 2 et le 3 octobre au soir, les garde-côtes helléniques ont géré au moins cinq incidents ayant nécessité des opérations de recherche et de sauvetage au large des îles de Samos et de Lesbos. Les garde-côtes ont pu secourir 259 migrants au total et les ont transférés vers ces îles respectives.

Ces migrants et 61 autres arrivés entre le 2 et le 4 octobre portent le nombre total d’arrivées par la mer en Grèce à 23 560 en date du 4 octobre 2018 (voir tableau ci-dessous).

L’équipe de l’OIM dans les Balkans occidentaux rapporte que d’après les données du contrôle du flux de la DTM, plus de 4 351 nouveaux migrants ont été enregistrés en Albanie, au Monténégro et en Bosnie-Herzégovine entre le 1er et le 30 septembre, soit vingt fois plus que les 220 arrivées mensuelles moyennes recensées dans les pays concernés en 2017.

Entre janvier et septembre 2018, les autorités dans ces pays ont enregistré 21 059 entrées irrégulières au total. D’après les informations disponibles sur les nationalités, le Pakistan, la République arabe syrienne, la République islamique d’Iran, l’Algérie et l’Iraq sont les principaux pays d’origine. La répartition des migrants par nationalité varie entre ces trois pays. Un tiers de tous les migrants enregistrés en Bosnie-Herzégovine provenaient du Pakistan, suivis de la République islamique d’Iran (15%), de la République arabe syrienne (13%), de l’Afghanistan (10%) et de l’Iraq (9%).

Au Monténégro et en Albanie, les ressortissants syriens composaient la majorité (42% et 50% respectivement), suivis des ressortissants du Pakistan (16% et 19% respectivement), des Algériens (8%) au Monténégro et des Iraquiens (9%) en Albanie. Ces différences dans la répartition des nationalités des migrants enregistrés sont expliquées par le fait que les migrants en Bosnie-Herzégovine entrent également depuis la Serbie et que certains groupes de migrants du Monténégro continuent non seulement en direction de la Bosnie-Herzégovine mais aussi de la Serbie. Par ailleurs, depuis mars 2018, la DTM recense les flux sortants d’Albanie et du Monténégro dans la région de Shkoder. D’après les données disponibles, 1 164 migrants ont été arrêtés alors qu’ils tentaient de quitter l’Albanie illégalement. De même que pour la répartition des nationalités des arrivants, les flux sortants étaient principalement composés de migrants de République arabe syrienne (39%) et du Pakistan (33%).

Les données disponibles du contrôle du flux de la DTM pour la Serbie et l’Ex-République yougoslave de Macédoine indiquent également des mouvements accrus de migrants irréguliers vers ou à travers ces pays. Entre janvier et septembre 2018, 5 593 nouveaux migrants ont été enregistrés dans les centres d’accueil de Serbie. C’est presque deux fois les 2 897 enregistrés pendant la même période l’an dernier, et légèrement plus que les 5 435 enregistrés pour tout 2017. Plus de la moitié de tous les migrants enregistrés en Serbie cette année ont déclaré être d’origine pakistanaise (58%), iranienne (12%), afghane (9%), iraquienne (6%) et bangladaise (6%). En Ex-République yougoslave de Macédoine, les autorités ont recensé 2 361 migrants irréguliers en date du 19 septembre, soit quatre fois plus que les 547 enregistrés en 2017.

Outre la Méditerranée, le MMP a recensé 2 797 décès et disparitions de migrants à travers le monde en 2018 (voir tableau ci-dessous).

Ailleurs dans le monde, où la faible fréquence du contrôle des itinéraires migratoires rend les données sur les décès de migrants d’autant plus rares, plusieurs décès de migrants ont été recensés. A la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, deux corps ont été retrouvés près du Rio Grande. Dimanche, le corps d’un homme a été découvert dans les buissons sur le rivage près de Mission, au Texas.

Lundi, un homme non identifié a été retrouvé noyé dans le Rio Grande au sud du comté de Maverick, au Texas. Mercredi, un autre homme non identifié a été retrouvé mort après avoir chuté de La Bestia, le train de marchandises utilisé par les migrants pour se rendre aux Etats-Unis, bien connu pour sa dangerosité, près de la localité de Tezuapan, dans la municipalité de Cañada Morelos, au Mexique. Cette même région a été le théâtre d’un autre décès en lien avec La Bestia : celui d’un migrant de 28 ans originaire du Salvador dont le corps a été retrouvé en juillet près du passage à niveau connu sous le nom de « Bola de Nopal » ou « Boule de cactus ».

En Afrique, le naufrage d’unn bateau transportant 60 migrants qui aurait chaviré au large des côtes de Guinée-Bissau a été moins tragique que prévu. Malgré l’annonce initiale de la découverte de débris du bateau de migrants, le Capitaine Siga Bastia a confirmé que 63 migrants disparus avaient été secourus par un navire de marchandises et amenés en Gambie. Plus tard, deux décès ont été signalés, bien que cette information ne soit pas encore confirmée.

Les données du MMP sont compilées par le personnel de l’OIM mais proviennent de sources diverses, dont certaines ne sont pas officielles. Pour en savoir plus sur la collecte de données sur les décès et disparitions de migrants, cliquez ici (en anglais).

Pour consulter les dernières données sur les arrivées et les décès de migrants en Méditerranée, rendez-vous sur : http://migration.iom.int/europe   
Pour en savoir plus sur le Projet sur les migrants disparus : http://missingmigrants.iom.int  

Pour plus d’informations, veuillez contacter :
Joel Millman, OIM Genève, Tel : +41.79.103-8720, Email : jmillman@iom.int  
Mircea Mocanu, OIM Roumanie, Tel :  +40212115657, Email : mmocanu@iom.int 
Flavio Di Giacomo, Bureau de coordination de l’OIM pour la Méditerranée, Italie, Tel : +39 347 089 8996, Email : fdigiacomo@iom.int 
Hicham Hasnaoui, OIM Maroc, Tel : + 212 5 37 65 28 81, Email : hhasnaoui@iom.int   
Antigoni Avgeropoulou, OIM Grèce, Tel : +30 210 99 19 040 (ext. 166), Mobile : +30 69 48 92 98 09, Email : aavgeropoulou@iom.int 
Kelly Namia, OIM Grèce, Tel : +30 210 991 2174, Email : knamia@iom.int  
Christine Nikolaidou, OIM Grèce, Tel : +30 210 99 19 040 ext. 248, Email : cnikolaidou@iom.int
Ivona Zakoska, Bureau regional de l’OIM, Autriche, Tel : + +43 1 5812222, Email : izakoska@iom.int
Julia Black, OIM GMDAC à Berlin, Tel : +49 30 278 778 27, Email : jblack@iom.int
Christine Petré, OIM Libye Tel :  +216 29 240 448, Email : chpetre@iom.int    
Ana Dodevska, OIM Espagne, Tel : +34 91 445 7116, Email : ADODEVSKA@iom.int  
Myriam Chabbi, OIM Tunisie, Tel mobile :  +216 28 78 78 05, bureau :  +216 71 860 312 Ext. 109, Email : mchabbi@iom.int
Dimitrios Tsagalas, OIM Chypre, Tel : + 22 77 22 70, Email : dtsagalas@iom.int