Communiqué
Global

Des milliers de civils iraquiens fuyant Talafar reçoivent l’aide de l’OIM

Arbil – Les équipes de l’OIM interviennent auprès des milliers de civils qui fuient Talafar depuis le lancement, le 20 août, de l’offensive militaire visant à reprendre la ville sous contrôle de Daech.

En coopération avec le gouvernement iraquien et les partenaires humanitaires, le personnel de l’OIM fournit une aide médicale directe, de l’aide non alimentaire et des abris aux personnes déplacées de Talafar, dont la plupart ont dû marcher pendant des heures dans des conditions difficiles avant d’atteindre des endroits sûrs. Bon nombre des déplacés de Talafar arrivent épuisés et en mauvaise santé, avec des cas de malnutrition sévère chez les enfants, dont certains ne peuvent plus se déplacer.

Ces quatre derniers jours (depuis le 18/08), environ 1 500 personnes ont été accueillies sur le site d’urgence de l’OIM à Haj Ali, et plus de 1 700 autres sur le site d’urgence de Qayara. Ces deux sites se trouvent à environ 60 km au sud de Mossoul. Des milliers d’autres devraient fuir dans les prochains jours. Ces déplacés internes ont emporté peu de vêtements, certains n’avaient que ceux qu’ils portaient sur eux, d’autres n’étaient que partiellement vêtus. Le site d’urgence d’Haj Ali devrait héberger de nouveaux déplacés internes car plusieurs camps dans le secteur ont déjà atteint leur capacité limite.

Les civils fuyant Talafar qui arrivent aux points de contrôle militaire et aux points de rassemblement sont transportés par bus par les autorités gouvernementales vers des villes comme Hammam al-Alil, avant d’être transportés vers des camps et des sites d’urgence. Au total, 17 déplacés internes de Talafar ont récemment été amenés à l’hôpital de campagne de l’OIM à Hammam al-Alil, dont certains nécessitant d’importantes opérations chirurgicales. De nombreux cas sont des blessures traumatiques, notamment des fractures subies en raison du conflit. Sur le site d’Haj Ali, les cas les plus graves ont été transportés vers l’hôpital de Qayara par une ambulance de l’OIM.

L’équipe médicale de nuit sur le site d’urgence de Qayara a traité 160 nouveaux cas en provenance de Talafar. Il s’agissait de cas d’enfants en état de malnutrition avancée, de gastroentérites et d’infections des voies respiratoires supérieures. Le site d’urgence de Qayara a été construit par l’OIM et accueille également des déplacés internes provenant de Talafar.

« Moi et les huit membres de ma famille n’avions pas assez de nourriture ces derniers mois. Nous achetions du blé, qui était très cher, le mélangions avec de l’orge et faisions bouillir la préparation pour avoir suffisamment pour nourrir tout le monde », a déclaré Um Sara, déplacée du village d’Abu Maria à Talafar. « La qualité de l’eau dans notre village était mauvaise et a provoqué de nombreux problèmes de peau et autres maladies. La vie devenait de plus en plus difficile sous le contrôle de Daech alors nous avons décidé de fuir. Nous avons marché pendant huit heures et avons fini par atteindre les forces de sécurité iraquiennes », a-t-elle raconté.

De nombreux déplacés internes de Talafar sont arrivés à Haj Ali pendant la nuit et ont reçu des kits d’aide non alimentaire et une tente après avoir été enregistrés sur le site. Ces kits comprennent des matelas, un ventilateur, une glacière, un kit d’hygiène, une lampe rechargeable et une lampe solaire. Ils ont été donnés par le Bureau américain d’aide en cas de catastrophe à l’étranger (OFDA).

L’OIM achemine d’autre kits d’aide non alimentaire vers les sites d’urgence cette semaine, en prévision des nouvelles arrivées attendues.

Le personnel de l’OIM a parlé à Abo Zaid sur le site d’urgence d’Haj Ali :

« Nous avons fui notre village d’Abu Maria – entre Kasik et Talafar – le 14 août. Nous avons marché pendant sept heures jusqu’à ce que nous atteignions l’armée iraquienne. Elle nous a emmenés à Hammam al-Alil, où nous sommes restés trois jours, puis nous avons décidé d’aller à Haj Ali car j’y ai des proches.

J’aimerais pouvoir retourner dans notre maison mais la situation est tragique là-bas. Nous avons été pris au piège pendant neuf mois et personne ne pouvait nous venir en aide – pas d’eau, ni nourriture, ni vêtements. J’ai six enfants, âgés de un an et demi à 11 ans, mais je ne laissais pas mes enfants aller à l’école car c’est Daech qui contrôlait toutes les écoles.

Je suis éleveur de bétail mais j’ai dû vendre tous mes moutons avant de fuir. Nous avons aussi abandonné deux voitures et notre maison. Nous n’avons rien emporté, nous avons fui avec quelques bouteilles d’eau seulement.

Lorsque mes enfants entendaient les bombardements, ils n’arrêtaient pas de me demander de quitter le village. Presque tout le village avait déjà fui mais nous ne pouvions pas partir comme ça. Mes enfants n’ont pas dormi pendant trois nuits à cause des bombardements.

Le moment venu, nous sommes partis pendant la nuit, emportant seulement de l’eau et nos papiers d’identité.  J’ai pris l’un de mes enfants sur mes épaules et le plus jeune était dans les bras de sa mère. Ma mère et ma sœur faisaient partie du voyage. Nous avons marché aussi vite que possible pour que les membres de Daech ne nous rattrapent pas. Les enfants étaient si épuisés qu’ils s’endormaient en marchant.

Lorsque nous avons atteint les forces de sécurité iraquiennes, puis Hammam Al-Alil, tous les enfants ont été vaccinés et le reste de la famille a passé un examen médical. Les enfants étaient ravis car ils ont reçu des bonbons. C’était la première fois depuis longtemps qu’ils mangeaient des bonbons en raison de l’état de siège dans notre village.

Dès que nous sommes arrivés sur le site d’urgence d’Haj Ali, nous avons reçu un colis alimentaire. Il y a de l’eau ici et l’OIM nous a donné une tente et des kits d’aide non alimentaire ainsi que des couvertures et des matelas.

Pour plus d’informations, veuillez contacter Sandra Black, OIM Iraq, Tel : +964 751 234 2550, Email : sblack@iom.int