Les enfants réfugiés Rohingyas se noient en fuyant la violence au Myanmar.

Posted: 
10/09/17
Themes: 
Humanitarian Emergencies, Refugee and Asylum Issues

Cox’s Bazar - La nuit dernière, une tragédie a de nouveau frappé des réfugiés Rohingyas fuyant la violence au Myanmar. Au moins 13 personnes, principalement des enfants, se sont noyées lorsque le bateau de pêche qui les transportait vers le Bangladesh a chaviré dans la tempête.

Les garde-côtes bangladais ont repêché 13 corps, dont sept garçons âgés de 3 à 10 ans, et quatre filles âgées de 2 et 3 ans. Les corps d’un homme de 70 ans et d’une femme de 60 ans ont également été repêchés.

Une soixantaine de migrants se trouvaient à bord du bateau de pêche de 20 mètres lorsque ce dernier a quitté le Myanmar à la faveur de la nuit, espérant éviter les patrouilles des deux côtés de la frontière, ont raconté les rescapés au personnel de l’OIM sur les lieux.

Le personnel de l’OIM a parlé aux survivants, notamment à un garçon de 8 ans, traumatisé. En état de choc, Arafat raconte que toute sa famille est morte dans l’accident : son père Kamal Hossein, 25 ans, sa mère Shahara Khatun, 20 ans, sa sœur Jannat Ara, 10 ans, et son frère cadet Ziad, 7 ans.

« Où vais-je aller maintenant ? », s’est-il exclamé en pleurs, aux côtés d’un de ses proches qui est venu de Cox’s Bazar après avoir appris la nouvelle.

Deux autres enfants assis à côté d’Arafat ont aussi perdu toute leur famille la nuit dernière.

Rumana, 7 ans, a raconté à l’OIM que sa mère, Ayesha (35 ans), ses deux sœurs Minara (8 ans) et Nur Fatima (10 ans), et son frère Nur Hashim (7 ans) se sont tous noyés. Son père est mort peu après sa naissance. Rumana, visiblement toujours choquée en énumérant les noms et âges des membres de sa famille, finit par dire : « tout le monde dans ma famille est mort. »

Jobayer, un garçon de 8 ans, a perdu toute sa famille. Sa mère Moriom Khatum (30 ans), son père Habibullah (40 ans), son frère Kefayet Ullah (10 ans) et ses deux sœurs Fatema (9 ans) et Taiyaba (7 ans) font partie des victimes de la nuit dernière.

Un autre rescapé, Hassan (22 ans) a perdu les neuf membres de sa famille, qui se trouvaient tous à bord. Sa mère Gulzar (60 ans), son père Jahid Hossain (55 ans), sa sœur Senoara (25 ans) et son mari Abdus Subhan (35 ans), et leurs trois enfants âgés de 4 et 3 ans et de 18 mois, se sont tous noyés, en plus d’une nièce (bébé) et d’un neveu.

Syed Hoson, 25 ans, a perdu sa femme Khaleda Begum, 22 ans, et leurs trois garçons Ibrahin, 7 ans, Mohammed Hoson, 5 ans, et Sobayer, 3 mois.

Les funérailles de sept des personnes noyées se sont déroulées en début de journée. La cérémonie, à laquelle a participé le personnel de l’OIM sur les lieux, s’est tenue près de l’endroit où elles se sont noyées.

Les Rohingyas en fuite avaient payé des pêcheurs bangladais l’équivalent de 30 dollars par personne pour ce qui devait être une courte traversée, ont déclaré les survivants.

Leur bateau se dirigeait vers Shahporir Dwip, une île située à la pointe sud du Bangladesh, à environ 78 kilomètres au sud de Cox’s Bazar, lorsque les pêcheurs ont perdu le contrôle du bateau qui a sombré et qui est venu s’échouer à Golar Para Char.

Le bateau surchargé, qui ne peut normalement transporter que 20 personnes, en transportait une soixantaine, et a été submergé par les hautes vagues et les vents forts d’une soudaine tempête en pleine mousson.

Il est parti de Dongkhalir Char, dans la municipalité de Buthidaung, au nord de l’Etat de Rakhine, à environ 18h, heure locale. Aux alentours de 21h, les garde-côtes et la police aux frontières bangladais ont été alertés et ont lancé une mission de sauvetage.

Comme beaucoup des récents arrivants au Bangladesh, les réfugiés victimes de la tragédie d’hier soir provenaient de villages à l’intérieur du Myanmar. Ils ont raconté au personnel de l’OIM avoir marché pendant 11 jours avant d’atteindre la côte.

« Des milliers de Rohingyas ont trouvé refuge à Dongkhalir Char. Certains vivent à ciel ouvert, sous la chaleur écrasante, d’autres ont pu se procurer des bâches en polyéthylène ou en plastique ou bien utilisent des morceaux de tissu pour fabriquer des abris temporaires. Les réfugiés y attendent les bateaux qui les aideront à traverser vers le Bangladesh », a raconté Hassan à l’OIM.

Cette tragédie fait suite à une autre noyade massive le 28 septembre, lorsqu’un autre bateau de pêche transportant des réfugiés avait chaviré au même endroit. Lors de cet incident, 23 personnes s’étaient noyées et 17 avaient survécu.

Au 7 octobre, 519 000 réfugiés Rohingyas sont arrivés au Bangladesh, dont 467 800 ont été identifiés par les évaluations de l’OIM à Cox’s Bazar.

Pour plus d’informations, veuillez contacter :

A Cox’s Bazar :
Hala Jaber, Tel : +8801733335221, Email : hjaberbent@iom.int
Leonard Doyle, IOM Spokesperson, Tel : +41 792857123, Email : ldoyle@iom.int

A Dhaka:
Shirin Akhter Tel : +8801711187499, Email : sakhter@iom.int

 

  • Le personnel de l’OIM parle aux rescapés d’un bateau de pêche qui a chaviré lors d’une tempête dans les eaux entre le Bangladesh et le Myanmar. Photo : OIM 2017