Les réfugiés Rohingyas continuent d’affluer dans les installations surpeuplées de Cox’s Bazar

Posted: 
10/06/17
Themes: 
Humanitarian Emergencies, Refugee and Asylum Issues

Cox's Bazar - Environ 2 000 réfugiés Rohingyas affluent chaque jour à Cox’s Bazar, au Bangladesh, après avoir fui les violences dans l’Etat de Rakhine, au nord du Myanmar, d’après le personnel de l’OIM qui surveille la frontière entre les deux pays.

Les nouvelles arrivées portent à 515 000 le nombre de réfugiés à avoir rejoint le Bangladesh depuis le 25 août. D’après les observateurs, ils seraient jusqu’à 100 000 de plus à attendre de pouvoir traverser la frontière depuis la municipalité de Buthidaung, dans l’Etat de Rakhine.

Bon nombre des réfugiés arrivent à Teknaf - upazila (sous-district) situé le plus au sud de Cox’s Bazar - puis se dirigent vers le nord pour rejoindre le sous-district d’Ukhiya et les installations de fortune grouillantes de Kutupalong et de Balukhali, ainsi que les sites alentours.

Ils arrivent épuisés, affamés et assoiffés, ne portant souvent que leurs propres vêtements après avoir marché pendant des jours puis bravé la traversée d’une rivière ou d’une mer. Beaucoup montrent des signes de malnutrition.

Hier, Nunavet, 70 ans, marchait sans but dans le site de Kutupalong, fatiguée et désespérée. La vieille femme frêle et squelettique avait faim. Son visage, creusé de profondes rides, portait les traces de la fatigue mais aussi des difficultés de la vie au fil des années. Tentant de surmonter la barrière de la langue, elle expliquait timidement ses maladies, pointant du doigt son ventre vide, son mal de dos et ses pieds endoloris.

L’OIM, l’organisme des Nations Unies chargé des migrations, a lancé, cette semaine, un appel de 120 millions de dollars à la communauté internationale jusqu’en mars pour fournir l’aide indispensable à Nunavet et aux autres réfugiés Rohingyas qui ont afflué à Cox’s Bazar depuis ces six dernières semaines. Il vise à cibler 450 000 personnes (90 000 familles) au cours des six prochains mois.

L’appel de l’OIM fait partie d’un plan d’intervention humanitaire plus large de 434 millions de dollars visant à aider 1,2 million de personnes, y compris la communauté d’accueil bangladaise.

A la demande du gouvernement du Bangladesh, l’OIM dirige le Groupe de coordination intersectorielle (GCI), qui coordonne le travail des organismes humanitaires répondant à la crise humanitaire provoquée par cet afflux. Elle dirige également la coordination de trois secteurs : les abris et les articles essentiels de secours, la gestion des sites de déplacement et la communication avec les déplacés et les communautés d’accueil.

Les opérations de l’OIM sont centrées sur six secteurs : les abris et les articles essentiels de secours ; la gestion des sites ; l’eau, l’assainissement et l’hygiène (WASH) ; la santé ; la coordination ; la protection ; et la communication avec les communautés.

Les services de secours fournis par l’OIM et ses partenaires comprennent l’eau salubre et l’assainissement, les abris, la nourriture, la sécurité, les soins de santé et le soutien psychosocial pour les individus les plus vulnérables, dont bon nombre souffrent de traumatismes mentaux aigus ou sont des survivants de violences sexuelles.

Dans les installations, les personnes qui font la queue pour obtenir de l’aide serpentent les différents points de distribution installés par les organisations humanitaires et les ONG locales. Dans la file, parmi les réfugiés qui attendent du riz, des biscuits, des bâches en plastique, des jerricans et des matériaux d’hygiène, le nombre d’enfants est frappant. Environ 58 pourcent des réfugiés ont moins de 18 ans.

Depuis le 25 août jusqu’à ce jour, l’OIM a distribué 40 000 bâches en plastique pour fournir des abris aux réfugiés. Quelque 4 000 kits d’abri, comprenant deux bâches en plastique, deux rouleaux de corde, deux couvertures et une natte de couchage par famille, ont été donnés par le Département britannique pour le développement international (DIFD).

Le très grand nombre de nouvelles arrivées provoque une congestion dans les installations existantes. Le 14 septembre, le gouvernement bangladais a alloué 800 hectares de terrain forestier pour installer un nouveau camp adjacent à l’installation existante de Kutupalong. Hier, il a attribué 400 autres hectares de terrain pour faire face à l’afflux.

Les responsables prévoient d’utiliser le site pour héberger tous les réfugiés Rohingyas de Cox’s Bazar - nouveaux et anciens - dans un seul camp. Avec 700 000 réfugiés, il deviendra le plus grand camp du monde.

L’établissement du camp sur un terrain inaccessible et pentu représente un gros défi. Le site est complètement inexploité et nécessitera une planification et un investissement infrastructurel pour construire des routes et des ponts, l’installation de systèmes d’évacuation et la réalisation de travaux de protection des sols pour réduire le risque de glissement de terrain. Il est actuellement accessible par une seule route - l’autoroute entre Cox’s Bazar et Teknaf - qui est déjà constamment bouchée par les camions d’aide et la circulation locale.

Dans le même temps, les organismes humanitaires mettent en garde contre les fortes pénuries de nourriture, qui pourraient bientôt provoquer une malnutrition généralisée. Environ 218 000 personnes ont déjà besoin d’un soutien d’urgence à la nutrition, notamment 145 000 enfants de moins de cinq ans et des milliers de femmes enceintes et allaitantes.

Le personnel médical de l’OIM, qui a réalisé plus de 33 000 consultations depuis le 25 août, explique que les soins de santé ont atteint leurs limites, en partie en raison du manque d’accès à l’eau salubre et du nombre croissant de cas de diarrhée. L’OIM a déjà acheminé 310 000 litres d’eau salubre dans les camps de réfugiés mais cela reste une goutte d’eau dans l’océan au vu des besoins quotidiens.

Hier, l’OIM et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ont organisé une réunion avec une trentaine d’agences pour élaborer un plan de préparation à une potentielle épidémie de diarrhée. Les organismes du secteur de la santé lanceront une campagne de vaccination contre le choléra le 10 octobre. Au cours de l’année qui vient, 650 000 personnes seront vaccinées dans les camps et les communautés d’accueil adjacentes.

Pour plus d’informations, veuillez contacter l’OIM au Bangladesh :

Hala Jaber in Cox’s Bazar, Tel : +8801733335221, Email : hjaberbent@iom.int

Peppi Siddiq in Dhaka, Tel : +8801755568894, Email : pksiddiq@iom.int

  • Nunavet, 70, recently arrived at Kutupalong extension settlement. Despite the language barrier, she mumbled pointing to her empty stomach, weary back and aching feet. She was escorted to an IOM health centre where she received food and medical attention. Photo: Muse Mohammed / UN Migration Agency (IOM) 2017