L’OIM lance un appel de 60 millions de dollars pour aider les victimes de la plus grave sécheresse que l’Afrique de l’Est ait connue depuis des décennies

Posted: 
06/09/17
Themes: 
Humanitarian Emergencies, Migration and Climate Change, Migration and Environment

Kenya - L’Afrique de l’Est et la corne de l’Afrique connaissent la plus grave sécheresse que la région ait connue depuis plusieurs décennies. Depuis 2016, l’absence répétée de chutes de pluie provoque une insécurité alimentaire et fait croître le nombre de déplacés internes et transfrontaliers.

Le nombre de personnes nécessitant une intervention humanitaire dans la région continue de croître, atteignant 16 millions de personnes en mai 2017. L’organisme des Nations Unies chargé des migrations (OIM) lance un appel de 60 655 000 de dollars à la communauté internationale pour aider les déplacés internes et les communautés qui les accueillent dans les quatre pays les plus touchés : l’Ethiopie, Djibouti, le Kenya et la Somalie. L’appel peut être consulté dans son intégralité ici.

Les conséquences de cette grave sécheresse sont des pénuries de nourriture et d’eau, la détérioration de la santé et de la nutrition, et la perte du bétail et de la production agricole. La sécheresse affecte la principale source d’eau de la région, les bassins fluviaux. Au cours des six derniers mois, les conditions de sécheresse ont contribué au déplacement de plus de 700 000 personnes à l’intérieur de la Somalie. Dans le même temps en Ethiopie, 316 128 personnes ont été déplacées depuis début 2017 et plus de 41 000 au Kenya en raison des conséquences de la sécheresse.

Par ailleurs, la sécheresse provoque des mouvements transfrontaliers, en particulier entre la Somalie et l’Ethiopie et la Somalie et le Kenya. Grâce à l’accès accru aux bénéficiaires et à une réponse rapide, le nombre de déplacements transfrontaliers est à ce jour moins élevé qu’en 2011, année de la dernière sécheresse. Cependant, les mouvements transfrontaliers pourraient s’intensifier si l’aide humanitaire n’est pas maintenue, surtout compte tenu de la fréquence des chutes de pluie en dessous de la moyenne.

Grâce à cet appel, l’OIM entend cibler six millions de personnes touchées par la sécheresse entre avril et décembre 2017 à travers la Somalie, l’Ethiopie, le Kenya et Djibouti, en menant à bien des activités d’aide nécessaire à la survie et de relèvement rapide. L’OIM fournira une aide humanitaire immédiate ainsi que des solutions de relèvement à long terme aux habitants de chacun de ces pays, renforçant ainsi leur capacité à se relever.

« Bien que les efforts impressionnants des communautés, des gouvernements et des acteurs internationaux aient jusqu’ici permis d’empêcher l’aggravation de la famine, nous sommes toujours au beau milieu d’une opération de secours majeure et le financement et le soutien international restent indispensables pour remédier à une situation qui pourrait encore se détériorer », a déclaré Jeffrey Labovitz, Directeur régional de l’OIM pour l’Afrique de l’Est et la corne de l’Afrique.

« Dans les prochains mois, nous assisterons probablement à une recrudescence de personnes déplacées nécessitant une aide humanitaire en raison de l’absence de pluie. A long terme, la nécessité de répondre aux causes profondes et d’intensifier les mécanismes de prévention sera impérative pour aider les communautés touchées à se relever », a ajouté M. Labovitz.

Il est tout aussi urgent de prévenir et de déterminer les causes profondes de la migration forcée que de fournir une aide humanitaire immédiate. L’OIM tentera de s’assurer que les communautés touchées puissent participer aux interventions qui permettent de réduire les conséquences à moyen et long terme de cette sécheresse, tout en garantissant la satisfaction de leurs besoins actuels.

Cet appel vise à fournir des services dans les domaines des abris/de l’aide non alimentaire, de la protection, de la sécurité alimentaire et des moyens de subsistance, de l’eau, assainissement et hygiène (WASH), de la santé, du relèvement rapide, de la gestion et de la coordination des camps (CCCM), du contrôle du flux et du suivi du déplacement. Les interventions comprendront la fourniture d’aide directe et le renforcement des capacités des intervenants locaux et nationaux.

Pour plus d’informations, veuillez contacter Salvatore Sortino, Bureau régional de l’OIM pour l’Afrique de l’Est et la corne de l’Afrique à Nairobi, Tel : +254700638444, Email : ssortino@iom.int

  • Nasibo, 6, sits in an abandoned safe space for children in Doolow, Somalia. Photo: IOM / Muse Mohammed