L’OIM publie son rapport 2015 sur la migration dans le monde

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10/28/15

Genève - Hier, 27 octobre, l’OIM a lancé son Rapport phare sur la migration dans le monde pour 2015, intitulé « Migrants et villes : nouveaux partenariats pour gérer la mobilité », lors de la deuxième journée de la Conférence de haut-niveau de deux jours qui a eu lieu sur les migrants et les villes à Genève.

Le rapport, huitième de la série de rapports sur la migration dans le monde de l’OIM, est centré sur la manière dont la migration et les migrants façonnent les villes et sur la manière dont la vie des migrants est façonnée par les villes, leur population, leur organisation et leurs règles.

Lors du lancement, June Lee, éditrice-en-chef du rapport, a fait observer que bien que la grande majorité des débats internationaux actuels sur les tendances et les politiques migratoires se fassent au niveau national, ce rapport ramène ce débat au niveau des villes.

« Le rapport, centré sur comment la migration façonne les villes et comment est la situation des migrants dans les villes (comment ils vivent, travaillent, construisent leur habitat), aide à révéler les liens entre la mobilité humaine et le développement urbain », a-t-elle déclaré.

 Le rapport révèle que près d’un migrant sur cinq vit dans les vingt plus grandes villes du monde et dans bon nombre de ces villes, les migrants représentent plus d’un tiers de la population.

D’après le rapport, plus de 54% de la population à travers le monde vivait en zones urbaines en 2014. La population urbaine actuelle de 3,9 milliards d’habitants devrait passer à 6,4 milliards d’ici 2050. La migration contribue largement au développement de l’urbanisation, faisant des villes des lieux de vie bien plus diversifiés.

En expliquant que les débats existants sur les migrants et les villes ont tendance à se centrer sur l’hémisphère nord et sur l’intégration des migrants internationaux, June Lee a déclaré lors de la conférence que le rapport ouvrait une perspective mondiale, en se centrant plus particulièrement sur la situation des migrants dans les villes de l’hémisphère sud. Ainsi, et pour la première fois dans la série de rapports, celui de 2015 explore à la fois la migration interne et la migration internationale.

L’une des conclusions clés du rapport est que la mobilité humaine croît et qu’elle continuera d’être en grande partie urbaine. « Dans le même temps, la géographie des flux migratoires évolue en fonction de l’évolution de l’économie mondiale. Par exemple, les migrants sont de plus en plus attirés vers les villes dans les pays à forte croissance économique comme l’Asie de l’Est, le Brésil, l’Afrique australe et l’ouest de l’Inde », a-t-elle confié.

Le rapport révèle que de plus en plus, les villes des pays en développement deviennent à la fois des lieux d’immigration et d’émigration, compte-tenu de la migration Sud-Sud, à savoir des mouvements de population entre des pays à faible revenu et des pays à revenu moyen.

Une autre conclusion qui a émergé du rapport est que l’accroissement de la migration vers les villes comporte à la fois des risques et des opportunités pour les migrants, les communautés et les gouvernements concernés. « La super-diversité pose des problèmes, notamment la ségrégation résidentielle lorsque certaines ethnies, nationalités ou statuts socioéconomiques se concentrent en particulier dans les quartiers d’une ville ou d’une zone métropolitaine. Bien que le regroupement ethnique comporte des effets positifs, les responsables politiques tentent d’empêcher que la ségrégation résidentielle devienne générationnelle », a déclaré June Lee.

Le rapport relève que la composition multiethnique est l’état normal de nombreuses villes dans les pays les moins avancés et que ces villes sont souvent confrontées à des flux de migration composite, avec une concentration particulièrement forte de déplacés internes et de migrants bloqués en transit.

Faisant remarquer que de nombreuses villes ne disposent pas des ressources et de la motivation nécessaires pour devenir un réel vecteur d’inclusion, le rapport appelle à créer une plateforme pour la migration et l’urbanisation afin de débattre de solutions visant à équilibrer les connaissances, les capacités et les engagements en vue d’élaborer des politiques et des pratiques judicieuses pour une gouvernance urbaine inclusive à travers les pays.

« Nous devons réfléchir aux rôles que jouent les communautés et les organisations internationales, tout en gardant à l’esprit que les bonnes pratiques des pays plus avancés ne sont pas forcément applicables partout dans le monde », a conclu June Lee.

 

Le rapport peut être téléchargé en

Anglais : http://publications.iom.int/system/files/pdf/wmr2015_en.pdf

Français : http://publications.iom.int/system/files/pdf/wmr2015_fr.pdf

Espagnol : http://publications.iom.int/system/files/pdf/wmr2015_sp.pdf

Pour plus d’informations, veuillez contacter June Lee, siège de l’OIM, Tel: +41 22 717 9258, Email: jlee@iom.int