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FOCUS

La recherche de travail et de travailleurs sera au cœur des mouvements migratoires de ce siècle, selon le rapport 2008 sur l’état de la migration dans le monde

Genève
- Selon le Rapport 2008 sur l'Etat de la migration dans le monde, que lance aujourd'hui l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), c'est la quête d'un emploi qui sera au cœur de la plupart des mouvements migratoires du XXIe siècle et qui poussera les travailleurs à devenir de plus en plus mobiles à l'intérieur comme à l'extérieur des frontières pour répondre aux défis économiques et sociaux nés de la mondialisation.

Les auteurs du rapport, consacré à la thématique Gestion de la mobilité de la main-d'œuvre dans une économie mondiale en mutation, font valoir que l'exigence d'efficacité accrue de la production pour répondre à une concurrence mondiale féroce fait que les travailleurs, où qu'ils se trouvent, évoluent de plus en plus dans un monde du travail en interconnexion, ce qui se traduit par une plus grande mobilité de la main-d'œuvre.

Constatant que le monde compte actuellement plus de 200 millions de migrants internationaux, soit deux fois et demi de plus qu'en 1965, et que la plupart des Etats sont à la fois pays d'origine, de transit et de destination des migrants, les auteurs du rapport 2008 affirment que la mobilité humaine s'est imposée comme un choix de vie dicté par les disparités en termes de démographie, de revenus et d'opportunités d'emploi entre les régions et en leur sein.

"La communauté internationale a fait des choix très importants au cours du siècle dernier pour faciliter le développement de l'économie mondiale en libéralisant la circulation des capitaux, des biens et des services. Ce choix a eu pour conséquence inévitable de déclencher une mobilité humaine d'une ampleur mondiale sans précédent. Mais pour tous les pays, concilier l'offre et la demande qui en résultent sur le marché international de la main d'œuvre reste un enjeu crucial," estime Gervais Appave, co-éditeur du rapport 2008.

Ces pressions sur la mobilité de la main-d'œuvre, d'après les auteurs du rapport, sont appelées à s'accentuer dans un monde où les pays industrialisés qui rivalisent déjà pour recruter des migrants très qualifiés, manquent aussi de main-d'œuvre faiblement ou moyennement qualifiée pourtant bien nécessaires, même si elle est souvent moins bien acceptée. Cela est dû essentiellement au fait que les travailleurs locaux sont de moins en moins disponibles ou disposés à travailler dans des secteurs faiblement ou moyennement qualifiés comme l'agriculture, la construction, l'hôtellerie et la restauration, ou les soins à domicile. Dans les cinquante prochaines années, ces pays connaîtront des pénuries encore plus grandes de main-d'œuvre en raison de la baisse du taux de natalité et du vieillissement de la population active, deux facteurs sous l'effet desquels la population des sexagénaires et plus devrait être deux fois plus importante que celle des enfants.

La pénurie de l'offre actuelle sur le marché mondial de la main-d'œuvre risque encore de s'aggraver, selon le Rapport. Les tendances démographiques montrent qu'en l'absence d'immigration, la population en âge de travailler dans les pays développés devrait reculer de 23 % d'ici à 2050. Dans la même période, la population en âge de travailler pour la seule Afrique devrait tripler, passant de 408 millions de personnes en 2005 à 1,12 milliard (ONUDESA, 2006), tandis qu'une autre étude affirme que la Chine et l'Inde constitueront probablement 40 % de la main-d'œuvre mondiale d'ici à 2030.

Conscients des effets néfastes que pourrait avoir une émigration excessive sur l'économie et la société des pays d'émigration, les auteurs du rapport affirment que la création d'emplois à l'échelle nationale reste la priorité de la majorité des gouvernements des pays d'origine des migrants et des pays en développement. Néanmoins, un nombre croissant de gouvernements complètent cette stratégie en recherchant des opportunités pour leurs travailleurs sur le marché international de la main-d'œuvre afin de contribuer à l'essor de leur propre économie.

"On constate que les pays se situant à différents niveaux de développement font de nouveau appel à des programmes de migration de main-d'œuvre temporaire faiblement ou moyennement qualifiée pour tenter de répondre aux besoins de l'économie et du marché de la main-d'œuvre tout en s'efforçant de contenir toute réaction politique hostile face une hausse de l'immigration", indique Ryszard Cholewinski, co-éditeur du Rapport 2008. "Toutefois, cette stratégie n'est viable que si elle s'accompagne de la volonté de mettre en valeur les ressources humaines, quel que soit le secteur de la main-d'œuvre, et de protéger convenablement les droits fondamentaux des travailleurs migrants associés à ces programmes."

La priorité de tous les pays et de l'économie mondiale dans son ensemble est de disposer d'outils de planification et de prévision des moyens permettant d'accorder l'offre et la demande de main d'œuvre dans des conditions sûres, légales et humaines, précisent les auteurs du rapport 2008.
Cela offrirait l'avantage crucial de garantir la sécurité fondamentale des migrants en renforçant leur protection économique et sociale au travail et dans la vie quotidienne, en plus de réduire les flux de migration irrégulière. Cette protection ne s'adresserait pas seulement aux migrants mais tiendrait automatiquement compte des membres de leur famille, qu'ils aient accompagné le migrant dans son voyage ou non.

Bien conscients que la dynamique du marché de la main-d'œuvre opère de plus en plus par-delà les frontières nationales, les pays développés devront relever le défi consistant à adopter des politiques de migration de la main-d'œuvre planifiées, flexibles et favorisant les voies légales de travail, qui puissent répondre à leurs besoins individuels en matière de main-d'œuvre et de compétences.

"De telles politiques ont une importance toute particulière en période de récession mondiale comme celle que nous vivons aujourd'hui. La crise financière asiatique des années 90 a démontré qu'un besoin structurel de main-d'œuvre immigrée existe même en période de crise économique," fait valoir Gervais Appave. "Le monde est en marche, personne ne peut le nier. Si nous mettons à profit cette mobilité par l'élaboration de programmes qui répondent aussi bien aux besoins humains qu'aux besoins économiques, de nombreux problèmes migratoires rencontrés dans le passé pourront être résolus et nous pourrons parler de progrès véritable s'agissant de la mondialisation," ajoute-t il en guise de conclusion.

OIM Paris, le 12 décembre 2008
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Résumé du Dialogue de haut niveau sur les migrations internationales et le développement.

Note de la Présidente de l’Assemblée générale.

L'OIM et le Dialogue de Haut Niveau (DHN) sur les migrations internationales et le développement.

Par sa résolution A/Res/60/227 relative au Dialogue de haut niveau (DHN) sur les migrations internationales et le développement, l’Assemblée générale des Nations Unies invitait l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), ainsi que les organismes, fonds et programmes compétents des Nations Unies, à contribuer aux travaux préparatoires du Dialogue de haut niveau.
L’OIM apprécie à sa juste mesure l’importance du DHN en tant que toute première manifestation de haut niveau des Nations Unies entièrement consacrée aux migrations et au développement. Celui-ci se déroulera les 14 et 15 septembre 2006 au siège de l'ONU à New York.

Le DHN peut offrir aux Etats une opportunité unique non seulement d’échanger entre eux les meilleures pratiques en matière de gestion des migrations, mais aussi de favoriser la coopération dans les domaines clés de la migration. À cet effet, et sur leur demande, l’OIM est désireuse de mettre son savoir-faire dans le domaine migratoire à la disposition des Etats et autres parties prenantes, afin de favoriser une approche plus cohérente des politiques migratoires et de susciter une perception plus équilibrée du phénomène migratoire et des migrants.

Outre sa participation à un certain nombre d’initiatives préparatoires envisagées dans la résolution de l’Assemblée générale, l’OIM organise également avec ses partenaires de l’intérieur comme de l’extérieur du système des Nations Unies plusieurs autres manifestations pouvant contribuer au succès du DHN.

Ces initiatives sont réalisées à différents niveaux :
- Au niveau national, forte de sa présence dans 118 pays de par le monde, l’OIM entend œuvrer à faire prendre conscience du DHN par l’ensemble des autorités compétentes et soutenir les pays à définir une position cohérente face aux thèmes que doit aborder ce dialogue. Au nombre des activités qu’elle est en train de déployer à cet effet figure l’organisation de manifestations (séminaires, tables rondes, etc.) destinées à faciliter le débat sur lesdits thèmes. Telles initiatives sont organisées avec la coopération des autorités gouvernementales, de l’Organisation des Nations Unies et d’autres organisations internationales compétentes, et, chaque fois que possible, des ONG, de la société civile et du secteur privé.

- Aux niveaux régional et mondial, l’OIM a déjà coparrainé plusieurs manifestations mettant l’accent sur les thèmes généraux et les thèmes spécifiques du DHN, parmi lesquels la migration de main-d’œuvre, l’impact des rapatriements de fonds sur le développement, les diasporas et la féminisation des migrations.

Les autres contributions de l’OIM en rapport avec le DHN prennent la forme d’activités telles que la première base de données relative au droit international de la migration (DIM), une étude sur le “Droit international de la migration : Nouveaux paradigmes et défis majeurs”, ainsi qu’un recueil des instruments relatifs au droit international de la migration, auquel l’OIM travaille en ce moment. Le DHN constituera peut-être un tournant dans le débat mondial sur les migrations. Pour ce faire, l'OIM soumet quelques idées maîtresses et suggère des résultats concrets à atteindre :
- le fait migratoire doit être mieux intégré dans les politiques et les plans de développement;
- les pays ont besoin d'une politique migratoire et des capacités internes leur permettant de la mettre au point;
- le monde de l'entreprise doit prendre part au débat sur la migration;
- de meilleurs mécanismes doivent être mis en place pour assurer la concordance de l'offre et de la demande de main d'œuvre au plan mondial;
- le potentiel de développement des diasporas doit être exploré et renforcé;
- les consultations régionales sont un instrument clé de l'entente et de l'action au niveau international;
- une meilleure compréhension du droit de la migration et des droits fondamenteux des migrants sert les intérêts des Etats et des migrants.

Le DHN sera une opportunité pour les Etats de discuter au plus haut niveau possible les aspects multidimensionnels des migrations internationales et le développement dans le but d'identifier et d'examiner les moyens adéquates pour maximiser les bénéfices du développement et minimiser les effets négatifs. Le DHN s'organise en quatre séances plénières et quatre tables rondes interactives qui porteront sur :
- les effets des migrations internationales sur le développement économique et social;
- des mesures pour veiller au respect des libertés fondamentales et garantir la protection de tous les migrants, et prévenir et combattre le trafic et la traîte des humains;
- les aspects multidimensionnels des migrations internationales et du développement, y compris les transferts de fonds;
- promouvoir la création de partenariats et le partage des meilleures pratiques à tous les niveaux, autant bilatéral que régional, dans l'intérêt des Etats et des migrants.

Pour de plus amples informations, veuillez consulter : http://www.un.int/iom/HLD2.html

OIM Paris, le 18 août 2006

 

 
 
 

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