La Colombie publie la Bibliothèque de la paix

Date Publish: 
08/14/13
Region-Country: 
Colombie / America fr

Les efforts du Gouvernement de la Colombie pour instaurer la paix par la médiation, la poursuite d’objectifs humanitaires et la mise en œuvre d’initiatives par la société civile ont été rassemblés dans une publication, la Bibliothèque de la paix (La Biblioteca de la Paz), un recueil de neuf tomes qui revient sur les différents mandats présidentiels, de 1982 à 2012, et les initiatives pour la paix mises en œuvre par chaque président.

L’ouvrage a été édité par la fondation Culture démocratique (Fucude), avec l’aide de l’OIM et d’USAID.

« C’est une heureuse coïncidence que cet ouvrage paraisse au moment où un nouveau processus de paix est en cours entre le gouvernement du Président Juan Manuel Santos et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), et que s’accroît la probabilité de négociations avec l’Armée de libération nationale (ELN). Il renouvelle l’invitation adressée aux institutions de la société civile et à la communauté internationale pour étudier, analyser et mettre à profit les principaux enseignements qui se dégagent de ces neuf tomes, afin de contribuer à l’instauration de la paix en Colombie dans le respect de la démocratie et de l’égalité », déclare Alvaro Villarraga, Directeur de la fondation Culture démocratique.

La Colombie est toujours confrontée à l’un des plus anciens conflits armés internes au monde – le plus long en Amérique latine – dont les principaux protagonistes armés sont les FARC et l’ELN, deux mouvements de guérilla communistes créés il y a environ 50 ans.

Selon un rapport du Centre national colombien de la mémoire historique, le bilan du conflit est lourd : 220 000 morts, dont 180 000 civils, plus de 25 000 disparus, plus de 27 000 enlèvements, plus de 23 000 assassinats ciblés et près de 2 000 massacres ; 5 000 enfants auraient été recrutés dans des groupes armés illégaux, et près de 900 villes ont fait l’objet d’une prise de pouvoir et de destructions.

Le 26 août 2012, le Gouvernement colombien et les FARC ont signé un accord général mettant fin au conflit et établissant une paix stable et durable, qui a débouché sur le lancement de négociations à La Havane (Cuba) avec la participation de Cuba et de la Norvège en qualité de garants, ainsi que du Venezuela et du Chili, en qualité de facilitateurs.

« En 2006, les Milices d’autodéfense unies de Colombie (AUC) ont décrété la démobilisation, et le Gouvernement colombien s’est attelé à la tâche difficile consistant à réintégrer presque 35 000 ex-combattants dans la vie civile. Depuis, l’OIM œuvre à la réalisation de cet objectif avec le soutien financier d’USAID. Aujourd’hui, à l’heure où une démobilisation des FARC semble se profiler, l’OIM estime que le temps est venu de rassembler les enseignements tirés du passé. C’est pourquoi, nous privilégions des initiatives telles que la Bibliothèque de la paix », explique Marcelo Pisani, Chef de mission de l’OIM en Colombie.

Le directeur de la faculté des sciences politiques de l’Université Javeriana ajoute : « Cet ouvrage contient des récits admirables sur le processus de paix au sein des communautés ; tous sont différents, mais l’objectif reste le même : la paix ».

La Bibliothèque de la paix est un ouvrage de référence pour ce qui concerne les politiques suivies par les autorités et leur gestion du conflit armé, de la paix, de la sécurité et de la réintégration. Ce recueil relate également les positions et propositions des groupes armés illégaux, et les initiatives de la société civile visant à mettre un terme au conflit et à instaurer la paix. La contribution de la communauté internationale à la réalisation de ces objectifs y est également décrite.

La Bibliothèque de la paix comprend en outre les lois et décrets adoptés, ce qui en fait le principal recueil bibliographique et historique retraçant les efforts de paix en Colombie.

Contenu des différents tomes

Le tome I relate l’accord bilatéral de cessez-le-feu conclu de 1982 à 1986 par l’ex-Président Belisario Betancur avec les FARC, le M-19, l’Armée populaire de libération (EPL) et le mouvement d’autodéfense des travailleurs (ADO).

Le tome II traite du pacte politique conclu avec le M-19, qui a conduit à la démobilisation totale de cette organisation et à l’accord de paix conclu entre celle-ci et le gouvernement de Virgilio Barco (1986 – 1990).

Le tome III porte sur le gouvernement de Cesar Gaviria (1990 – 1994), et plus particulièrement sur les accords de paix conclus avec le Mouvement armé Quintín Lame, le Courant du renouveau socialiste et le Parti révolutionnaire des travailleurs (PRT).

Le tome IV relate le mandat de l’ex-Président Ernesto Samper (1994 – 1998), au cours duquel aucun accord de paix complet n’a été trouvé, mais une série d’accords partiels ont été conclus, ainsi que le Mandat pour la paix, la vie et la liberté, une initiative citoyenne qui a permis au pays de connaître un certain répit malgré les attaques des cartels de la drogue.

Le tome V revient en détail sur l’action menée par le gouvernement d’Andrés Pastrana, qui a démobilisé une grande partie du territoire colombien, soit un ensemble de cinq municipalités dénommées El Caguán, afin de négocier avec les FARC, qui ont finalement quitté la table des négociations sans signer aucun accord.

Le tome VI traite des politiques relatives au conflit armé et à la paix suivies par le Gouvernement d’Álvaro Uribe, de 2002 à 2010.

Le tome VII est consacré aux pourparlers de paix menés entre le Gouvernement et l’ELN, de 2002 à 2010.

Le tome VIII analyse les propositions d’échanges humanitaires avec les FARC.

Le tome IX revient sur les mesures de consolidation de la paix prises par la société civile ces 30 dernières années.

Iván Cepeda Castro, de Bogota, membre de la Chambre des représentants de Colombie. Son père, engagé politiquement au sein de l’Union patriotique dans les années 80, a été tué par des groupes militaires en 1994. © Fondation Culture démocratique (Fucude)
Micoahumado (État de Bolivar) est une zone urbaine située dans la municipalité de Morales, dans le sud de l’État de Bolivar. Elle a été à plusieurs reprises la cible du corps « Bol?var central » des Milices d’autodéfense unies de Colombie (AUC). En 2002, dans un souci de ramener la paix, ces milices ont créé leur assemblée constituante. © Archives Fucude.
Le 4 février 2008, la marche « Un million de voix contre les FARC » a été organisée pour réclamer la paix dans le pays et rejeter les actes de violence des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), qui sont actuellement en négociation avec le Gouvernement colombien à La Havane (Cuba). © Archives Fucude.

La marche « Un million de voix contre les FARC » a mobilisé plus de 14 millions de Colombiens, non seulement dans les grandes villes, mais aussi dans les zones rurales et dans plus de 30 pays. © Archives Fucude.
Les populations autochtones de Colombie ont rencontré la Commission nationale de réparation et réconciliation pour exiger la vérité sur les actes de violence commis à leur encontre. © Archives Fucude.
Le corps des Centaures des Milices d’autodéfense unies de Colombie exerçait une forte influence dans le sud de la Colombie et en contrôlait le territoire. Il a été démobilisé de septembre 2005 à avril 2006. © OIM 2005
Les Milices d’autodéfense unies de Colombie (AUC) ont été démobilisées de 2003 à 2006 dans diverses régions du pays après avoir mené des négociations avec le Président de l’époque, Álvaro Uribe Vélez. © OIM 2005
Au total, 35 000 combattants des Milices d’autodéfense unies de Colombie (AUC) ont été démobilisés ; quelque 27 000 d’entre eux participent actuellement au processus de réintégration mené conjointement avec le Gouvernement de la Colombie. © OIM 2006
L’OIM, avec l’aide financière d’USAID, contribue au processus de réintégration d’ex-combattants depuis 2006. © OIM 2006
Ce sont les communautés rurales et paysannes de Colombie qui ont été les plus touchées par la violence. Selon le dernier rapport du Centre national de la mémoire historique, celle-ci a entraîné la mort de plus de 220 000 personnes, dont quelque 180 000 civils, ces 50 dernières années. © OIM 2005
L’OIM Colombie apporte un soutien aux victimes du conflit armé colombien depuis 2001. La création de revenus a été un élément crucial pour assurer leur survie économique. Photo : © OIM 2004