Migrants et communautés hôtes main dans la main pour endiguer les catastrophes au Myanmar

Date Publish: 
10/10/13
Region-Country: 
Myanmar / Asia fr

Le sud?est du Myanmar qui, comme chacun sait, est le théâtre de déplacements internes causés par un conflit civil de longue date, est également exposé à un important risque de catastrophes naturelles. Coincé entre la Thaïlande et la mer d’Andaman, cette longue et étroite bande de terre est exposée chaque année à de graves inondations qui, de même que les glissements de terrain et un risque modéré de tsunamis et de cyclones, contraignent régulièrement des milliers de personnes à fuir.

Parmi les populations les plus vulnérables se trouvent des migrants originaires du centre du Myanmar, attirés par des emplois dans les secteurs de la brique, des mines, du caoutchouc et de la pêche des Etats Mon et Karen. Le plus souvent, ils s’installent dans des logements isolés semi?permanents hors des villages constitués, sans s’intégrer pleinement dans leur communauté d’accueil. Etant donné que leurs maigres ressources personnelles leur permettent plus difficilement de se remettre des chocs liés aux catastrophes, ces travailleurs migrants vivant à la périphérie des villages sont particulièrement exposés aux dangers.

En partenariat avec les pouvoirs publics de l’Etat Mon et de l’Etat Karen, et avec l’appui d’USAID, l’OIM met en œuvre un projet local de réduction des risques de catastrophe d’une durée de 18 mois destiné à aider 60 communautés locales, dans lequel les migrants jouent un rôle clé.

Aujourd’hui, les travailleurs migrants sont présents dans 30 agences villageoises de gestion des catastrophes créées par l’OIM, où des responsabilités en matière de préparation en prévision de catastrophes leur ont été confiées.

Les 30 plans villageois élaborés conjointement par l’OIM et ces agences tiennent compte des vulnérabilités particulières des travailleurs migrants. Il incombe ainsi à ces agences de donner rapidement l’alerte dans les lieux de résidence des migrants, de les incorporer dans le plan d’évacuation, et d’étendre les opérations de recherche et de sauvetage au?delà des limites du village touché. Une stratégie similaire de préparation en prévision de catastrophes est actuellement mise en place dans 30 autres villages touchés par des inondations dans l’Etat Karen.

Ces dix derniers mois, l’OIM a, conjointement avec des fonctionnaires chargés des secours et de la réinstallation et des autorités locales de l’Etat Karen, élaboré le plan de gestion des catastrophes de la municipalité de Hlaingbwe, gravement endommagée par des inondations annuelles. Ce nouveau plan comporte une solide analyse des risques de dangers et des vulnérabilités, et prévoit des mesures actualisées de préparation et d’intervention en cas d’urgence.

« Grâce au soutien apporté par USAID aux activités locales de réduction des risques de catastrophe, associées à une assistance technique apportée aux échelons supérieurs de l’administration en matière de préparation aux catastrophes, le risque de catastrophes dans cette zone sensible du Myanmar est mieux géré », relève Kieran Best, Chef de mission de l’OIM.

Membre du personnel de l’OIM s’entretenant avec une famille de migrants à Ye, une municipalité du sud de l’Etat Mon, au Myanmar. Un grand nombre de ménages ravagés par le cyclone Nargis en 2008 ont migré en quête de travail dans le sud du Myanmar, où ils sont toutefois exposés à un nouveau risque de catastrophes naturelles. © OIM 2013