Un retour inattendu depuis la Libye et l'espoir d'une réintégration au Tchad

Date Publish: 
03/27/12
Region-Country: 
Tchad / Africa and Middle East

Hadidja Banaye, 37 ans, a vécu en Libye pendant 18 ans. En
2011, elle est retournée dans la petite ville de Moussoro,
à l'ouest du Tchad.

Tout comme 1 300 autres personnes qui seraient retournées
dans sa ville, son retour a été soudain et
involontaire, provoqué par la crise libyenne en 2011.

"border: 1px solid rgb(51, 102, 204); margin: 0pt 0pt 10px 10px; width: 200px; background: none repeat scroll 0% 50% rgb(153, 204, 255); float: right; clear: right;">
"padding: 3px; background: none repeat scroll 0% 50% rgb(51, 102, 204);">Liens
connexes alt="" border="0" height="12" hspace="0" src=
"/jahia/webdav/site/myjahiasite/shared/shared/mainsite/graphics/interface/icons_buttons/blue_link_box.gif"> "http://www.iom.int/jahia/Jahia/media/press-briefing-notes/pbnAF/cache/offonce/lang/fr?entryId=31614"
target="_blank" title="">Les Tchadiens rapatriés depuis la
Libye nécessitent une aide à la
réintégration alt="" border="0" height="12" hspace="0" src=
"/jahia/webdav/site/myjahiasite/shared/shared/mainsite/graphics/interface/icons_buttons/blue_link_box.gif"> "javascript:openWindow('http://www.iom.int/Template/Libya/returnees-from-libya-face-reintegration-2012/gallery/index.htm#img/1.jpg',810,650)">Galerie
de photos

Hadidja est rentrée à Moussoro avec son mari et
leurs six enfants. Ils ont d'abord été
rapatriés à N'Djamena, la capitale tchadienne, lors
d'une opération de retour effectuée par l'OIM, qui a
permis le transport aérien de 31 599 personnes depuis la
Libye et les pays voisins en 2011. A leur arrivée à
N'Djamena, ils ont été accueillis par l'équipe
d'enregistrement de l'OIM et ont reçu une aide psychosociale
et médicale, de la nourriture et un abri dans l'un des trois
centres de transit de l'OIM dans la capitale.

En l'espace d'une journée, ils ont reçu une aide
au transport vers Moussoro par l'OIM. Ils sont désormais
installés dans la maison des parents d'Hadidja, qu'ils
partagent avec 18 proches. Même si la famille les a
accueillis avec beaucoup d'amour et de joie et leur a offert le
gîte et le couvert, la maison n'est pas assez spacieuse pour
loger tout le monde. Il n'y a ni toilettes, ni eau, ni
électricité. Certains membres de la famille ont
commencé à travailler au marché pour gagner un
revenu modeste afin de nourrir la famille. Mais les rapatriements
de fonds envoyés auparavant font cruellement
défaut.

Hadidja confie que le retour dans la maison de ses parents par
rapport à son travail et à sa vie en Libye est
difficile : « l'accès aux services de santé ici
est précaire et l'inscription à l'école pour
mes enfants est très compliquée. »

« Comme de nombreux autres rapatriés à
Moussoro, elle espère recevoir une aide pour sa
réintégration socioéconomique. « Nous
voulons travailler, nous sommes prêts à travailler,
mais nous avons besoin d'aide car nous sommes arrivés les
mains vides malgré notre activité professionnelle en
Libye pendant de nombreuses années. Nous avons besoin d'aide
pour redémarrer », insiste Hadidja.

Le retour à Moussoro depuis la Libye n'est pas tellement
différent pour Sultan Mahamat. Sultan, 37 ans, a 2 femmes et
9 enfants à nourrir. Il est parti en Libye avec l'espoir de
s'y installer en travaillant dans le secteur de la construction et
en envoyant des rapatriements de fonds à sa famille.

Il cherchait un emploi depuis 2 mois à Benghazi, la
deuxième ville de Libye, lorsque les violents affrontements
ont éclaté. Il a pris la fuite. Sultan est
retourné chez lui avec l'aide de l'OIM après
seulement deux mois, et son rêve d'un avenir meilleur pour
ses enfants a pris fin avec le début du conflit en
Libye.

Il cherchait un emploi dans le bâtiment, car il avait
entendu dire que le secteur de la construction en Libye recrutait
de nombreux ouvriers non qualifiés, souvent originaires de
pays subsahariens comme le Tchad. Cependant, il est rentré
sans rien, si ce n'est avec des souvenirs tristes et difficiles
d'un départ en plein milieu de la crise libyenne. Son
histoire est similaire à celle de nombreux rapatriés
tchadiens, qui ont été confrontés aux
réalités du conflit ouvert et qui, depuis leur retour
auprès des leurs, doivent faire face à leurs
communautés et à leurs familles les mains vides.

Aujourd'hui, Sultan travaille occasionnellement dans le secteur
agricole. Son salaire n'est pas suffisant pour subvenir aux besoins
de sa famille. « J'aimerais avoir mon propre terrain à
cultiver parce que je veux rester aux côtés de ma
famille, je ne veux pas retourner en Libye ni ailleurs. »

L'histoire de ces deux rapatriés montre les besoins et la
situation actuelle de bon nombre des rapatriés libyens. La
réintégration psychosociale, culturelle et
socioéconomique dans les communautés d'accueil n'est
pas un processus facile, comme le montrent les résultats
d'une évaluation d'impact sur les rapatriés,
menée à bien dans toutes les régions du pays.
L'évaluation a été réalisée par
l'OIM dans le cadre de la phase finale du projet intitulé
« Aide humanitaire aux rapatriés tchadiens et aux
ressortissants de pays tiers qui ont fui la crise libyenne »,
financé par le Département de l'aide humanitaire et
de la protection civile de la Commission européenne
(ECHO).

Par le biais de l'OIM, ECHO finance non seulement le transport
des rapatriés, mais également l'installation de
centres de transit à travers le pays, afin de fournir les
premiers soins médicaux, psychosociaux et nutritionnels,
ainsi que l'aide à l'enregistrement, à la protection
et à la réintégration des migrants à
leur arrivée. Au total, jusqu'à mars 2012, l'OIM a
fourni une aide à plus de 90 000 rapatriés tchadiens
et ressortissants de pays tiers depuis la Lybie.

© IOM 2012
© IOM 2012
© IOM 2012