Alors que l’OIM passe la barre des 400 000 consultations médicales auprès des réfugiés rohingyas, le déficit de financement menace à nouveau des vies humaines

Posted: 
06/05/18
Themes: 
Humanitarian Emergencies, Migration Health, Refugee and Asylum Issues, Rohingya Crisis

Cox’s Bazar - Les médecins de l’OIM, l’organisme des Nations Unies chargé des migrations, ont réalisé plus de 400 000 consultations médicales à Cox’s Bazar, au Bangladesh, depuis fin août 2017, lorsque des centaines de milliers de réfugiés rohingyas ont commencé à fuir la violence au Myanmar en se réfugiant dans la zone. 

Neuf mois après le début de l’afflux, portant le nombre total de réfugiés rohingyas dans la zone à près d’un million, l’OIM est l’un des fournisseurs de soins de santé les plus présents à Cox’s Bazar. Elle aide les patients des communautés réfugiées et locales dont l’état de santé est préoccupant, allant de complications liées à la grossesse à des blessures provoquées par des accidents de la route. Ces quatre derniers mois seulement, l’OIM a réalisé plus de 4 300 consultations médicales en lien avec des accidents et des blessures.

Plus d’une consultation sur dix réalisées par l’OIM concernaient des enfants de moins de cinq ans. Ces quatre derniers mois, le personnel de l’OIM a dispensé plus de 13 000 consultations prénatales et a aidé plus de 700 femmes réfugiées ou habitantes locales à accoucher, notamment par césarienne. Pour le mois de mai seulement, 10 bébés sont nés par césarienne dans une clinique financée par l’OIM.

Sans financement supplémentaire, ces services seront bientôt interrompus. Compte tenu des mois de pluie de la mousson qui devraient provoquer encore plus de risques sanitaires pour la population réfugiée, le personnel médical se prépare à voir monter en flèche la demande de services médicaux.

« Réaliser 400 000 consultations en neuf mois est une prouesse qui montre le rôle crucial des centres médicaux de l’OIM pour les réfugiés et les communautés locales. Mais sans financement, nous ne pourrons pas continuer », a déclaré Manuel Pereira, coordonnateur des opérations d’urgence de l’OIM à Cox’s Bazar.

« Si cela se produit, des centaines de milliers de cas ne seront probablement pas traités dans les mois à venir et nous pourrions faire face à la triste possibilité de pertes humaines qui auraient pu être évitées », a-t-il ajouté.

D’après le Dr. Mohammad Abdus Salam, chirurgien dans le district de Cox’s Bazar, « l’OIM fait un travail considérable pour soigner les réfugiés et les communautés d’accueil. Nous apprécions grandement leur contribution qui aide le gouvernement à faire face à la crise sanitaire qui touche le pays depuis l’afflux du mois d’août dernier. »

« L’OIM a établi des hôpitaux et des cliniques communautaires aussi bien pour les réfugiés que pour les communautés d’accueil. Elle a également renforcé les centres de santé du gouvernement. Sans l’aide de l’OIM, nous n’arriverions pas aussi bien à faire face à la crise sanitaire provoqué par l’afflux de réfugiés à Cox’s Bazar », a-t-il ajouté.

L’extension du Centre de santé primaire (PHCC) de Kutupalong, établi par l’OIM, sert de clinique d’accouchement pour le méga-camp de Kutupalong, et traite plus de 200 patients par jour pour des consultations générales externes. En mai, une femme enceinte qui tardait à accoucher chez elle a été transportée au PHCC par des promoteurs de la santé de l’OIM.

A son arrivée au PHCC, les médecins ont déterminé qu’elle souffrait de dystocie et ont appelé la ligne d’urgence de l’OIM pour faire venir une ambulance. L’ambulance est arrivée et a transporté la future mère vers un centre chirurgical de l’OIM où une césarienne a été pratiquée. La mère et le bébé sont rentrés chez eux en pleine santé grâce à ces services vitaux auxquels ils ont eu accès.

Les cliniques et le personnel de l’OIM jouent un rôle essentiel à Cox’s Bazar dans la supervision des orientations médicales et des transferts en ambulance. Les patients, quel que soit le problème qu’ils présentent, sont amenés à la clinique ou à l’hôpital le plus adapté à leurs besoins.

Les patients souffrant notamment de pré-éclampsie, de grave malnutrition, de graves complications de grossesse, de maladies cardiovasculaires et d’importantes fièvres sont pris en charge par l’OIM.

Le Dr. Raisul Islam, qui travaillait déjà au PHCC de Kutupalong avant l’afflux, était l’un des médecins ayant demandé le transfert de la femme enceinte. « Au début de l’afflux, de nombreux réfugiés sont arrivés avec des blessures liées à la violence, comme des blessures par balle, des brûlures, des explosions et des violences sexuelles. Ce type de cas a diminué mais le nombre de patients que nous voyons, lui, ne diminue pas », a-t-il déclaré. 

« Bientôt, nous aurons probablement encore plus de cas en raison de la probable augmentation de la diarrhée aqueuse aigüe et même du choléra pendant la mousson. Toutefois, tant que nous avons assez de fonds, l’OIM est prête à faire face à ces situations difficiles, comme nous l’avons fait lors de l’épidémie de diphtérie », a ajouté le Dr. Islam.

La vie dans les camps surpeuplés expose les réfugiés au risque de contracter des maladies contagieuses, notamment celles liées aux mauvaises conditions sanitaires.

Les médecins de l’OIM ont joué un rôle essentiel dans la lutte contre une épidémie de diphtérie qui sévit depuis novembre 2017, en soutenant directement le traitement des patients dans les chambres d’isolement et en effectuant la recherche des contacts dans les camps pour permettre à ceux qui ont été en contact avec des patients infectés de recevoir un traitement prophylactique. Cette intervention a été cruciale pour contenir la propagation de la maladie.

Les campagnes de vaccination, les équipes médicales mobiles en stand-by et les programmes de sensibilisation à la santé réalisés par l’OIM continuent de jouer un rôle dans la prévention des épidémies de maladies. Toute réduction ou cessation de ces services aurait un impact dévastateur sur le système de santé dans les camps.

« Je suis très fier de tout le travail accompli par notre personnel de l’OIM sur le terrain qui fournit une aide vitale et des soins 24 heures sur 24 depuis des mois à une population ayant désespérément besoin d’un soutien », a déclaré le Dr. Andrew Mbala, coordonnateur des interventions de santé d’urgence de l’OIM à Cox’s Bazar.

En tant que partenaire œuvrant sous la coordination du groupe intersectoriel dirigé par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’OIM continue d’apprécier la coopération et la détermination des autres organismes et partenaires dans l’effort collectif visant à soutenir l’action sanitaire humanitaire à Cox’s Bazar.

Pour plus d’informations, veuillez contacter l’OIM à Cox’s Bazar :
Manuel Pereira, OIM Bangladesh, Tel : +8801885946996, email : mpereira@iom.int
Shirin Akhter, Tel : + 880 341 52195, + 8801711187499, email : sakhter@iom.int

  • Medical consultations at a mobile clinic in Kutupalong-Balukhai Refugee Camp in November 2017. Photo: Olivia Headon / IOM

  • Medical consultations in Kutupalong Community Clinic in November 2017. Photo: Olivia Headon / IOM

  • Medical consultations in Kutupalong Community Clinic in November 2017. Photo: Olivia Headon / IOM

  • Recent medical consultations (dated 05/06/2018) in IOM’s Leda Primary Healthcare Clinic. Photo: Niranta K. Das / IOM

  • Recent medical consultations (dated 05/06/2018) in IOM’s Leda Primary Healthcare Clinic. Photo: Niranta K. Das / IOM