Après 1 000 jours de conflit, des défis humanitaires majeurs menacent des vies humaines au Yémen

Posted: 
12/22/17
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Humanitarian Emergencies

Sana’a - Le conflit au Yémen qui dure depuis deux ans et demi a mené au désastre. La crise continue de se détériorer depuis l’escalade de la violence dans le nord du pays et des explosions dans le sud le mois dernier.

Les services essentiels se sont effondrés et environ 75 pourcent des Yéménites ont besoin d’aide humanitaire. Une épidémie de choléra a sévi dans 21 des 22 gouvernorats et seulement 50 pourcent des établissements de santé fonctionnent à travers le pays.

La famine a également fait croitre la détresse de la population déchirée par la guerre, laissant 7,3 millions de personnes, dont 2,4 millions d’enfants de moins de cinq ans, dans le besoin urgent d’aide alimentaire.

Les membres du personnel de l’OIM n’ont pas pu quitter leur domicile pendant cette période, et leur capacité à atteindre une population qui a désespérément besoin d’aide humanitaire a été grandement mise en mal. L’accès continue d’être un problème majeur car de nombreuses routes restent bloquées. Les pénuries de carburant limitent également la capacité de la communauté humanitaire à transporter l’aide.

« La planète n’a jamais connu de situation aussi grave que la crise humanitaire au Yémen », a déclaré William Lacy Swing, Directeur général de l’OIM. « Compte tenu de la situation complexe dans le pays, atteindre les personnes dans le besoin - aussi bien les Yéménites que les migrants - est une priorité pour l’OIM à tous les niveaux. En dépit de la situation qui se détériore en matière de sécurité et des défis sur le terrain, l’OIM reste présente dans les 22 gouvernorats du pays mais si la situation continue de s’aggraver, je ne suis pas sûre que nous pourrons protéger les vies plus longtemps », a déclaré le DG Swing.

Depuis début décembre, l’OIM a dispensé 20 600 consultations médicales aux déplacés internes et à d’autres Yéménites touchés par le conflit grâce à 22 équipes de santé mobiles et deux établissements de santé permanents. Ils fournissent des soins de santé d’urgence. Quelque 3 231 personnes ont reçu un soutien psychosocial par l’intermédiaire de séances de groupes et individuelles dispensées par l’OIM. Les équipes de santé mobile ont pu atteindre les enfants et les femmes allaitantes dans les zones isolées où les services ont été détruits ou sont absents.

Dans le cadre de la réponse de la communauté humanitaire face au choléra, l’OIM a jusqu’ici traité 25 324 cas suspects de choléra/diarrhée aqueuse aigüe dans les cinq derniers mois de cette année.  L’OIM soutient 13 centres de traitement contre la diarrhée et 66 postes de réhydratation orale dans sept gouvernorats : Ta’izz, Hajjah, Hodeïda, Shabwa, Abyan, Al Dhale’e et Ibb.

« La situation en matière de sécurité est instable, ce qui nous force à changer nos plans de mise en œuvre toutes les semaines », a déclaré Mageed Alkaladi, assistant des opérations d’urgence de l’OIM, travailleur humanitaire dans le sud du pays. « Nous cherchons toujours des moyens d’atteindre les personnes les plus nécessiteuses. Nous parlons régulièrement avec les communautés touchées pour trouver la meilleure façon de répondre à leurs besoins. Nous faisons partie de ces communautés et avons la responsabilité de répondre à leurs besoins dans un délai convenable malgré les défis », a-t-il ajouté.

L’accès à l’eau salubre et aux services sanitaires est étroitement lié à l’amélioration de la situation sanitaire catastrophique au Yémen. Pour compléter son soutien en matière de santé, l’OIM distribue des tablettes de chloration de l’eau, achemine de l’eau, gère les déchets solides, distribue des trousses d’hygiène/contre le choléra et organise des séances de sensibilisation à l’hygiène. Ces dernières semaines, l’OIM a remis en état des sources d’eau, augmentant l’accès à l’eau potable pour les habitants dans les gouvernorats de Laḩij, d’Abyan et de Shabwa.

Grâce à sa Matrice de suivi des déplacements (DTM), l’OIM surveille les besoins des Yéménites touchés par le conflit. Les données sont utilisées pour cibler la réponse des communautés humanitaires à la crise. Le logement est l’un des besoins les plus importants pour les déplacés dans le pays.

Ces trois dernières semaines, l’OIM a pu distribuer des kits d’abris et de secours, qui comprennent des matériaux pour construire ou renforcer des abris, permettant ainsi à plus de 5 600 familles dans les gouvernorats de Ta’izz, d’Ibb, d’Hajja et d’Amran d’avoir un toit sur la tête. Ce mois-ci, l’OIM a également aidé 45 familles déplacées à quitter 11 écoles transformées en abris et à construire des abris sûrs tout en rénovant les écoles pour qu’elles puissent de nouveaux accueillir enseignants et élèves.

Bien que le Yémen connaisse l’une des plus graves crises humanitaires du monde, environ 80 000 migrants sont entrés dans le pays entre janvier et octobre cette année. Ces migrants espèrent généralement passer par le Yémen pour atteindre d’autres pays mais se retrouvent souvent pris dans le conflit et ont désespérément besoin de protection et d’aide d’urgence.

Grâce à ses deux centres d’intervention pour migrants à Aden et à Hodeïda ainsi qu’à ses équipes qui patrouillent le long de la côte yéménite, l’OIM vient en aide aux migrants bloqués en leur fournissant une aide humanitaire et une aide au retour.

Ces trois dernières semaines, plus de 4 100 migrants ont reçu une aide médicale grâce aux cliniques de l’OIM, en plus des 1 100 migrants qui ont reçu un soutien psychosocial.

La semaine dernière, en coordination avec le HCR, l’OIM a aidé 150 réfugiés somaliens à rentrer chez eux par le port d’Aden. Demain, 23 décembre, l’OIM devrait aider 100 autres migrants à quitter le Yémen par le port d’Hodeïda.

Pour plus d’informations, veuillez contacter Saba Malme, personne de référence pour la communication de l’OIM, Tel :  +967 73 736800329, Email : smalme@iom.int

  • Many of those living within the displacement camp in Lahij, Yemen have fled from nearby govenorates where the ongoing civil war has been spreading into their neighborhoods. File photo: Muse Mohammed / UN Migration Agency (IOM) 2017