Arrivées de migrants en Europe par la Méditerranée en 2018 : 74 501 ; décès en mer : 1 586

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09/14/18
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Missing Migrants

Genève - D’après l’OIM, l’organisme des Nations Unies chargé des migrations, 74 501 migrants et réfugiés sont arrivés en Europe par la mer en date du 12 septembre 2018, dont 32 272 en Espagne, la principale destination cette année. Ils étaient 128 995 à la même période l’an dernier et 298 663 à une date similaire (13 septembre) en 2016.

Recensant plus de 43 pour cent de toutes les arrivées irrégulières cette année, l’Espagne a dépassé la Grèce et l’Italie pendant l’été. Les arrivées en Italie à ce jour (20 343) sont au niveau le plus bas enregistré par l’OIM depuis 2014, plus bas même que les arrivées enregistrées par les autorités italiennes pendant de nombreux mois différents de ces cinq dernières années. Il en est de même pour la Grèce, dont le nombre total d’arrivées de migrants irréguliers à ce jour cette année (20 961) a récemment dépassé celui de l’Italie, pour la première fois depuis le début du printemps 2016.

Il y a un an, les arrivées de migrants irréguliers en Grèce représentaient environ un sixième des arrivées en Italie, et un dixième des arrivées en Espagne (voir tableau ci-dessous).

D’après le Projet de l’OIM sur les migrants disparus, 1 586 hommes, femmes et enfants ont péri pendant la traversée de la mer dans les trois bassins de la Méditerranée. Plus récemment, au moins 21 personnes ont péri ou disparu alors qu’elles tentaient d’atteindre l’Espagne via la Méditerranée occidentale.

Le 4 septembre, les corps de neuf migrants originaires d’Afrique subsaharienne ont été ramenés sur une plage près de Marsa Ben M’Hidi, dans la province algérienne de Tlemcen, à proximité de la frontière marocaine. La distance pour rejoindre les côtes espagnoles n’est que de 200 km.

Le lendemain, 5 septembre, quatre autres corps ont été découverts sur la plage voisine de Saïdia, au Maroc, de l’autre côté de la frontière depuis Marsa Ben M’Hidi.

Le 10 septembre, les corps de six migrants - dont deux femmes et un enfant - ont été ramenés sur les côtes de Driouch, près de Nador, au Maroc. Leurs corps ont été amenés à la morgue de l’hôpital Hassani à Nador et attendent d’être identifiés.

De l’autre côté de la mer d’Alboran, le corps d’une femme a été retrouvé sur la plage de Las Salinas, à Roquetas de Mar, Almería, le 11 septembre. Le corps d’un jeune Africain subsaharien a été découvert par des pêcheurs près de La Almadraba, dans l’enclave espagnole de Ceuta, le 13 septembre. Ces corps retrouvés ces derniers jours ne sont liés à aucun naufrage connu.

Le Projet de l’OIM sur les migrants disparus enquête pour savoir s’ils sont connectés au naufrage de deux bateaux qui auraient disparu entre le 30 août et le 3 septembre dans la mer d’Alboran, comme l’a signalé l’ONG Alarmphone. Depuis le début de l’année, 350 personnes ont perdu la vie dans la Méditerranée occidentale.

Le long de l’itinéraire de la Méditerranée centrale, l’OIM continue d’enquêter sur des signalements de dizaines de morts sur l’itinéraire qui relie la Libye à l’Italie le 1er septembre. L’OIM a appris via des publications Twitter qu’au moins 100 personnes sont mortes en mer puis a ensuite eu connaissance d’un sauvetage au cours duquel deux corps ont été repêchés et 25 autres migrants sont portés disparus. L’OIM n’a pas confirmé la véracité de ces informations mais espère obtenir des renseignements plus complets dans les prochains jours.

L’OIM en Italie a publié des données jeudi sur les arrivées irrégulières depuis l’Afrique du Nord (voir tableau ci-dessous) pour la première quinzaine de septembre. Les 266 migrants irréguliers arrivés en date du 12 septembre représentent une moyenne de 22 par jour, contre plus de 2 009 par jour en moyenne en septembre dernier et 566 par jour en septembre 2016.  D’après les données de l’OIM recueillies pendant la crise de la Méditerranée, au plus fort de l’été en 2016 et 2017, plus de 750 migrants arrivaient chaque jour en Italie. Le nombre d’arrivées actuel tourne autour de 3 pour cent de ces moyennes. 

D’après Flavio Di Giacomo, de l’OIM en Italie, les autorités italiennes ont révélé des données sur les nationalités des migrants irréguliers arrivés pendant les huit premiers mois de l’année. Les principales nations d’origine sont la Tunisie et l’Erythrée, avec toutes deux plus de 3 000 arrivées cette année, suivies du Soudan, du Nigéria, du Pakistan, de l’Iraq et de la Côte-d’Ivoire (tous plus de 1 000).

Les autres pays d’origine comptant chacun plus de 800 arrivées sont le Mali, l’Algérie et la Guinée. Il est important de noter que les pays d’origine en Afrique subsaharienne (Erythrée, Soudan, Nigéria, Mali, Côte-d’Ivoire, Guinée) montrent des baisses notables du nombre d’arrivées, de près de 90 pour cent pour certains par rapport à l’an dernier. Seule la Tunisie montre une augmentation par rapport à 2017 (voir tableau ci-dessous).

D’après Ana Dodevska, de l’OIM en Espagne, 32 272 migrants irréguliers sont arrivés en Europe via le bassin de la Méditerranée occidentale, dont près de 9 341 dans les 43 jours depuis le début du mois d’août, soit un rythme de 217 arrivées par jour. Pendant les 12 premiers jours du mois de septembre, les arrivées de migrants irréguliers sur l’itinéraire de la Méditerranée occidentale avaient lieu à un rythme de près de 245 par jour (voir tableau ci-dessous).

D’après Antigoni Avgeropoulou, de l’OIM à Athènes, entre le 10 et le 12 septembre, les garde-côtes helléniques ont géré un incident ayant nécessité une opération de recherche et de sauvetage au large de l’île de Lesbos. Les garde-côtes helléniques ont secouru 71 migrants et les ont transférés vers cette même île.

La centaine d’autres migrants arrivés ces jours-ci à Lesbos, Rhodes et Kos porte le nombre total d’arrivées par la mer en Grèce à 20 961 à ce jour en 2018. En outre, quelque 12 726 arrivées ont été enregistrées dans le bassin oriental de la Méditerranée à la fin août, et un nombre inconnu depuis le 1er septembre (voir tableau ci-dessous). 

Dans les Balkans occidentaux, Ivona Zakoska, de l’OIM, écrit : l’augmentation du nombre d’arrivées en Grèce et le séjour prolongé de migrants dans plusieurs centres d’accueil et d’autres sites d’hébergement dans les pays de transit contribuent à l’intensification des mouvements secondaires à travers les Balkans occidentaux, en particulier l’Albanie, le Monténégro et la Bosnie-Herzégovine.

D’après les données de contrôle du flux de la Matrice de suivi des déplacements (DTM), plus de 1 350 nouveaux migrants ont été enregistrés dans les pays concernés pendant les deux premières semaines de septembre 2018, soit six fois plus que la moyenne de 220 arrivées mensuelles dans ces trois pays en 2017.

Entre janvier et septembre, les autorités en Albanie, au Monténégro et en Bosnie-Herzégovine ont enregistré 18 038 entrées irrégulières, soit 13 fois plus que les 1 361 arrivées recensées pendant la même période en 2017 et 8 fois plus que les 2 225 arrivées enregistrées dans les trois pays pour tout 2017.

D’après les informations disponibles sur les nationalités, le Pakistan, la République arabe syrienne, la République islamique d’Iran et l’Iraq sont les principaux pays d’origine. La répartition des migrants par nationalité varie entre les trois pays.  

Plus d’un tiers de tous les migrants enregistrés en Bosnie-Herzégovine provenaient du Pakistan, suivi de la République arabe syrienne (18%), de l’Afghanistan (14%), de la République islamique d’Iran (11%) et de l’Iraq (9%).

Au Monténégro et en Albanie, les ressortissants syriens étaient majoritaires (44% et 55% respectivement), suivis des Pakistanais (18% et 10% respectivement) et des Iraquiens (7% et 8% respectivement).

Ces différences s’expliquent par le fait que les migrants en Bosnie-Herzégovine arrivent aussi de Serbie. En outre, depuis mars 2018, la DTM contrôle les flux sortants depuis l’Albanie vers le Monténégro dans la région de Shkoder. D’après les données disponibles, 993 migrants ont été arrêtés alors qu’ils tentaient de quitter l’Albanie en situation irrégulière.

De la même manière que la répartition des nationalités des migrants arrivés, les flux sortants sont principalement composés de migrants originaires de République arabe syrienne (41%) et du Pakistan (32%).

Les données disponibles sur le contrôle du flux de la DTM pour la Serbie et l’Ex-République yougoslave de Macédoine indiquent également une intensification des mouvements de migrants irréguliers vers/par ces pays.

Entre janvier et août 2018, 4 673 migrants ont récemment été enregistrés dans les centres d’accueil à travers la Serbie. C’est presque deux fois les 2 897 migrants enregistrés pendant la même période l’an dernier et légèrement moins que les 5 435 migrants enregistrés pour tout 2017.

Plus d’un quart de tous les migrants enregistrés en Serbie cette année ont déclaré être d’origine afghane, 20 autres pour cent étaient originaires du Pakistan, 14 pour cent du Bangladesh, 14 pour cent de République islamique d’Iran et 7 pour cent d’Iraq.

En Ex-République yougoslave de Macédoine, les autorités ont fait état de 2 361 migrants irréguliers, soit sept fois plus que les 319 migrants enregistrés entre janvier et la fin août 2018, et quatre fois plus que les 547 recensés pour tout 2017. Plus de la moitié d’entre eux étaient originaires d’Iran (54%), suivi de l’Afghanistan (11%), du Pakistan (10%), de l’Iraq (8%), de la Libye (6%) et de la République arabe syrienne (4%).

D’après le Projet de l’OIM sur les migrants disparus (MMP), 2 570 migrants sont morts à travers le monde en 2018 (voir tableau ci-dessous). A travers le monde, l’OIM estime que plus de 28 000 migrants sont morts depuis 2014.

Outre la Méditerranée, le MMP a été informé qu’entre les Etats-Unis et le Mexique, les agents de l’US Border Patrol ont retrouvé le corps d’un homme mort de déshydratation dans un ranch près de Laredo, au Texas, le 3 septembre. Ce décès porte à 283 le nombre de décès à la frontière à la mi-septembre, une légère baisse par rapport aux 261 décès enregistrés le long de la frontière à la même période l’an dernier.

En Europe, un migrant non identifié est mort le 9 septembre après avoir été percuté par un véhicule sur l’autoroute E40, près de Middelkerke, en Belgique. L’Europe, principal continent, a enregistré 68 décès cette année, principalement le long d’autoroutes et de voies de chemin de fer. L’an dernier, le MMP avait recensé 43 décès de migrants à l’intérieur de l’Europe.

Les données du MMP sont compilées par le personnel de l’OIM mais proviennent de sources diverses, dont certaines ne sont pas officielles. Pour en savoir plus sur la collecte de données sur les décès et disparitions de migrants, cliquez ici (en anglais).

Pour consulter les dernières données sur les arrivées et les décès de migrants en Méditerranée, rendez-vous sur : http://migration.iom.int/europe   
Pour en savoir plus sur le Projet sur les migrants disparus : http://missingmigrants.iom.int  

Pour plus d’informations, veuillez contacter :
Joel Millman, OIM Genève, Tel : +41.79.103-8720, Email : jmillman@iom.int
Mircea Mocanu, OIM Roumanie, Tel :  +40212115657, Email : MMOCANU@iom.int 
Flavio Di Giacomo, Bureau de coordination de l’OIM pour la Méditerranée, Italie, Tel : +39 347 089 8996, Email : fdigiacomo@iom.int 
Dimitrios Tsagalas, IOM Chypre, Tel : + 22 77 22 70, E-mail : dtsagalas@iom.int
Flavio Di Giacomo, Bureau de coordination de l’OIM pour la Méditerranée en Italie, Tel : +39 347 089 8996, Email : fdigiacomo@iom.int
Hicham Hasnaoui, OIM Maroc, Tel : + 212 5 37 65 28 81, Email : hhasnaoui@iom.int   
Christine Nikolaidou, OIM Grèce, Tel : +30 210 99 19 040 (ext. 166), Mobile : +30 69 48 92 98 09, Email : aavgeropoulou@iom.int     
Julia Black, OIM GMDAC à Berlin, Tel : +49 30 278 778 27, Email : jblack@iom.int
Christine Petré, OIM Libye Tel :  +216 29 240 448, Email : chpetre@iom.int    
Ana Dodevska, OIM Espagne, Tel : +34 91 445 7116, Email : ADODEVSKA@iom.int  
Myriam Chabbi, OIM Tunisie, Tel mobile :  +216 28 78 78 05, bureau :  +216 71 860 312 Ext. 109, Email : mchabbi@iom.int