Au nord-est du Nigéria, l’accès à l’eau ouvre la voie à un avenir meilleur

Posted: 
04/09/19
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Capacity Building

Maiduguri - Les hostilités actuelles au nord-est du Nigéria ont déplacé 1,8 million de femmes, d’hommes et d’enfants, entravant leur accès à des ressources vitales comme l’eau. 

En plus de la population déplacée, 1,56 million de personnes sont retournées dans leurs communautés depuis août 2015 grâce à la présence accrue des forces de sécurité. Toutefois, les infrastructures dans ces zones restent très endommagées ou détruites et les services essentiels ne sont pas encore complétement rétablis. Les habitants de Gwoza, dans l’Etat de Borno, passent plusieurs heures par jour sous un soleil de plomb à chercher de l’eau dans des puits souvent dangereux, creusés à la main. L’absence d’infrastructures ne laisse pas d’autre choix car les ressources limitées sont surexploitées par les populations déplacées et rapatriées dans le besoin. 

Cela commence à changer. 

La semaine dernière, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a achevé la réhabilitation de deux puits à Gwoza et à Konduga dans le cadre d’un projet financé par la République de Corée. Le projet vise à redynamiser ces communautés en s’assurant que les personnes touchées par le conflit retrouvent des conditions de vie sûres et dignes. 

« Nous parcourions auparavant une douzaine de kilomètres pour chercher de l’eau dans un puits non protégé avant la réouverture du nouveau puits », a confié Bakin, l’un des bénéficiaires. 

D’après la Stratégie de réponse humanitaire pour le Nigéria 2019-2021, environ 7,1 millions de personnes touchées par le conflit ont urgemment besoin d’une protection et d’une aide vitale dans la région. 

A l’occasion de la réouverture de ces infrastructures, Len In-tae, Ambassadeur de la République de Corée au Nigéria, a déclaré qu’en 2018, la Corée avait fait don de 7,5 millions de dollars pour aider les femmes et les filles dans l’Etat de Borno tout en contribuant aux efforts multilatéraux pour répondre aux besoins humanitaires par le biais de l’OIM et d’autres agences. 

« Le gouvernement coréen continuera de renforcer ses efforts en fournissant un soutien aux personnes vulnérables, en particulier aux femmes et aux filles, en poursuivant le renforcement des capacités des responsables gouvernementaux et en encourageant l’éducation et la santé des jeunes Nigérians », a-t-il ajouté. 

Le projet de réhabilitation a permis d’améliorer l’accès à l’eau pour 13 500 individus retournant volontairement dans leurs communautés d’origine. L’accès à l’eau salubre dans ces zones de retour a pu être rétabli grâce au forage, à l’installation, à l’entretien et à la réhabilitation de puits, tous alimentés par énergie solaire. 

« Notre objectif est d’améliorer l’accès aux infrastructures communautaires et aux services de base et de garantir que ces activités de réhabilitation soient durables », a déclaré Dave Bercasio, responsable de l’antenne de l’OIM au Nigéria. « C’est pourquoi nous faisons participer les bénéficiaires en formant des comités pour l’eau, l’assainissement et l’hygiène », a-t-il ajouté. 

Ces comités, composés d’aînés, de femmes, d’hommes et de jeunes, seront chargés de réaliser des activités régulières de contrôle de la qualité, de procéder à l’entretien des puits et de mener à bien des activités de sensibilisation sur les installations réhabilitées et leur mode d’utilisation. 

L’OIM a achevé le forage d’un puits supplémentaire à Damboa, ainsi que la réhabilitation d’un marché communautaire à Konduga et de deux écoles primaires à Mandarari et à Pulka profitant à environ 6 000 personnes. 

L’approche du projet est guidée par la Résolution progressive des situations de déplacement de l’OIM. Débuté le 1er novembre 2018, le projet durera sept mois et a pour objectif de promouvoir les prérequis pour un retour sûr, digne et volontaire dans les zones de retour identifiées. 

Pour plus d’informations, veuillez contacter l’OIM au Nigéria : 
Jorge Galindo, Tel : +234 803 645 2973, Email : jgalindo@iom.int.

  • Before the rehabilitation was completed, women and children in Gwoza had to travel long distances to fetch water from unprotected wells. Photo: IOM