Au Yémen, des migrants éthiopiens se trouvent dans une situation affligeante

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04/19/13

Yémen - Une délégation d’organisations humanitaires, dont l’OIM, menée par Ismail Ould Cheikh Ahmed, haut fonctionnaire et coordonnateur résident de l’ONU au Yémen, s’est rendue hier (18/4) à la frontière entre le Yémen et l’Arabie saoudite, où elle a constaté les conditions éprouvantes dans lesquelles vivent des milliers de migrants originaires de la Corne de l’Afrique.

Cette visite fait suite à des descentes menées récemment par les autorités yéménites dans des camps de passeurs et de trafiquants autour de la ville frontalière d’Haradh, qui ont permis de sauver 1 987 migrants des mains de trafiquants qui leur extorquaient de l’argent et, souvent, torturaient ceux qui ne pouvaient payer.

« Les trafiquants ont pris mon argent (1 000 dollars E.-U.) et m’ont laissée dans le désert. J’ai tout perdu », a déclaré Layla, une Ethiopienne libérée des mains des trafiquants.

Nicoletta Giordano, Chef de mission de l’OIM au Yémen, qui a accompagné la délégation, a qualifié les conditions de vie des migrants de « terribles ». « Beaucoup vivent à ciel ouvert dans un campement militaire, sans accès correct à la nourriture, aux soins de santé et aux installations sanitaires », a-t-elle constaté.

Une récente réforme de la législation du travail saoudienne concernant les travailleurs étrangers, la reprise d’un projet de barrière le long de la frontière avec le Yémen, qui s’étend sur 1 800 km, et les descentes dans les camps de trafiquants ont aggravé la situation de la population, déjà surabondante, de migrants privés de tout et bloqués à Haradh, près de la frontière.

Le Gouvernement du Yémen est intervenu et a commencé à assurer le retour au pays de centaines de migrants éthiopiens vers Addis?Abeba par des vols militaires. Beaucoup d’entre eux sont logés dans des installations gouvernementales à Amran et à Sanaa en attendant leur retour chez eux.

En tout, 1 163 migrants, dont 121 femmes et filles, sont actuellement logés dans un bâtiment de l'Autorité de l'immigration, des passeports et de la nationalité (AIPN) à Sanaa, tandis que 535 autres, dont 90 femmes et filles, attendent à la prison centrale d’Amran. Ces deux établissements sont déjà remplis au-delà de leur capacité maximale.

Depuis le 16 avril, l’OIM Yémen fournit une aide d’urgence et des soins médicaux aux deux groupes, ainsi qu’à environ 550 migrants qui campent actuellement dans des conditions précaires devant les locaux de l’AIPN à Sanaa. Cent cinquante autres migrants dans le besoin se trouvent à Basateen, un district d’Aden.

A ce jour, un seul des trois vols militaires prévus a quitté Sanaa, avec 318 migrants éthiopiens à bord. D’autres vols seront organisés si les documents de voyage nécessaires sont délivrés, et si les Gouvernements du Yémen et de l’Ethiopie parviennent à s’entendre sur les modalités de transfert.

L’OIM Yémen lance un appel de fonds urgent de 1,2 million de dollars E.-U. à la suite d’une demande des autorités yéménites pour fournir sans délai des abris, de la nourriture, des soins de santé de base et une protection aux migrants à Aden, Amran, Haradh et Sanaa, où beaucoup cherchent refuge auprès de l’Ambassade d’Ethiopie, de l’OIM et dans une base militaire yéménite.

Pour plus d’informations, prière de contacter

Marco Chimenton
l’OIM Yémen
Tél. : + 967 736 900 068
Courriel : mchimenton@iom.int