Côte-d’Ivoire : le photojournaliste mondialement connu Reza forme des migrants de retour et des journalistes à la photographie

Posted: 
12/10/19
Themes: 
Assisted Voluntary Return and Reintegration

Abidjan - « La photographie est un langage universel qui peut aider à exprimer des sentiments et des émotions sans utiliser la parole », a déclaré Reza Deghati, le photoreporter mondialement reconnu, qui a débuté sa grande carrière il y a 40 ans, après avoir quitté son Iran natal.

Ce mois-ci, il partage son expertise et son enthousiasme avec des migrants de retour dans leur patrie africaine après des périples difficiles à l’étranger. « La photographie permet aux migrants de retour d’acquérir de la confiance en eux et de se redécouvrir », a-t-il expliqué. « Apprendre comment prendre une bonne photo de leur quotidien les aide à valoriser leur vie et à nous montrer leur version de leur propre histoire. »

La semaine dernière (06-08/12), en collaboration avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), Reza Deghati a organisé un atelier de formation à la photographie de trois jours à Abidjan, la capitale de la Côte-d’Ivoire. Six jeunes photographes ont participé à la formation ici, dans la capitale ivoirienne.

Après avoir appris les aspects techniques de la photographie, les participants ont mis en pratique leurs nouvelles compétences en assistant à des activités de réintégration et de récréation organisées par l’OIM pour les migrants de retour et les membres de la communauté. Par exemple, les participants ont assisté à la réalisation d’une fresque par des migrants de retour sur les murs d’une école rénovée par d’autres migrants de retour.

Le but de ce projet pilote était de donner aux migrants de retour l’occasion de devenir des conteurs visuels de leur vie quotidienne chez eux et d’aider les journalistes locaux à changer le discours sur la migration dans le pays.

« Je n’ai pas pu finir mon enseignement secondaire l’an dernier car je suis parti en Algérie », a confié Laciné, 17 ans, qui est aujourd’hui de retour à l’école dans le cadre du programme d’aide à la réintégration qu’il a reçue de l’OIM après être rentré de Côte-d’Ivoire.

« Pour moi, cette formation est un nouveau départ car elle m’aide à montrer aux autres ce à quoi j’ai été confronté et ce que je vis maintenant sans utiliser la parole », a expliqué Laciné.

La formation sera suivie d’un coaching de trois mois dispensé par le photographe de l’OIM, Mohamed Diabaté, et les photos prises par les participants seront exposées au printemps 2020.

« L’apprentissage de la photographie signifie apprendre à regarder le monde différemment », a déclaré Mohamed Diabaté. Le réalisateur et photographe de l’OIM en Côte-d’Ivoire a ajouté : « cela donne aussi une nouvelle dimension aux vies quotidiennes des migrants de retour et montre une réalité que quelqu’un d’autre ne peut pas saisir. Cela nous permet de voir à travers leur regard. »

Cette formation est la première d’une série qui sera organisée par l’OIM à travers l’Afrique de l’Ouest en 2020. Elle a été organisée dans le cadre de l’Initiative conjointe UE-OIM pour la protection et la réintégration des migrants dans les régions du Sahel et du Lac Tchad.

L’un des participants, le reporter Benjamin B., a décrit ce qu’il a appris des sessions avec Reza Deghati de cette manière : « en tant que journaliste, j’ai un stylo et je peux écrire. Les mots peuvent exprimer la réalité. Mais les images la montrent. En possédant ces deux compétences, je pourrai mieux écrire à propos de la migration. »

Pour plus d’informations, veuillez contacter Florence Kim, Bureau régional de l’OIM pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, Tel. +221 78 620 62 13, email : fkim@iom.int 

  • Le photoreporter de renommé mondiale, Reza, forme des migrants de retour et des journalistes à la photographie. OIM/Mohamed Diabaté

  • Le photoreporter de renommé mondiale, Reza, forme des migrants de retour et des journalistes à la photographie. OIM/Mohamed Diabaté

  • Le photoreporter de renommé mondiale, Reza, forme des migrants de retour et des journalistes à la photographie. OIM/Mohamed Diabaté