D’après les chiffres de l’OIM, plus de 7 400 décès ont été recensés ces cinq dernières années le long des itinéraires migratoires à travers l’Afrique

Posted: 
09/10/19
Themes: 
Migration Research, Missing Migrants

Berlin - Les migrants africains périssent au rythme d’environ 25 par semaine - soit environ 1 300 par an - sur le continent africain, même avant d’entreprendre de dangereux périples maritimes vers l’Europe ou la péninsule arabique. Depuis 2014, plus de 7 400 hommes, femmes et enfants sont morts en transit à travers l’Afrique, d’après de nouvelles informations publiées aujourd’hui par le Projet de l’OIM sur les migrations disparus (MMP).

Ces nouvelles informations portent le nombre total de décès recensés sur le continent africain à 573 en 2019 et à 7 401 ces cinq dernières années. En outre, ces chiffres ne reflètent pas l’ampleur réelle de la tragédie car ils ne représentent que les décès qui ont été signalés.

Les nouvelles informations reposent sur des centaines de témoignages oculaires recueillis auprès de migrants par des sondages réalisés par l’Initiative du Mécanisme de contrôle (4Mi) du Centre sur la migration composite. Les entretiens avec les migrants ont été analysés par l’équipe du Projet sur les migrants disparus avant d’être ajoutés à la base de données du MMP.

Toutefois, les entretiens de 4Mi ne couvraient qu’un petit échantillon du nombre total de migrants qui se déplacent en Afrique, ce qui signifie que des centaines d’autres décès sont probablement non signalés et, de fait, non recensés.

Néanmoins, en raison de l’absence d’autres sources d’information, les sondages comme ceux réalisés par 4Mi révèlent d’importantes informations sur les expériences des migrants, y compris sur les menaces d’atteinte à la vie auxquelles sont confrontés les migrants pendant leur périple.

Les données montrent que des milliers de personnes perdent la vie pendant leur traversée de l’Afrique du Nord, où 4 400 décès ont été signalés depuis 2014. Toutefois, les décès dans cette région ne sont pas bien documentés et le nombre réel de décès pendant la migration reste inconnu.

Les itinéraires migratoires en Afrique subsaharienne sont aussi dangereux, comme l’ont démontré les 1 830 décès enregistrés par le projet depuis 2014. Bon nombre de ces décès ont été enregistrés en Afrique de l’Ouest, où 240 personnes ont été signalées comme décédées en 2019.

Les itinéraires terrestres dans la corne de l’Afrique et la dangereuse traversée du Golfe d’Aden et de la Mer rouge a coûté la vie à au moins 1 171 personnes depuis 2014. Les migrants ont rapporté avoir vu d’autres personnes mourir de faim, de déshydratation, d’exposition aux mauvaises conditions météorologiques, d’accidents de la route et de violences aux mains des passeurs.

Malheureusement, les données des sondages ne contiennent aucune information sur les identités de ceux que les participants aux sondages ont vu mourir. Outre les initiatives comme la 4Mi, peu d’efforts sont déployés pour recueillir davantage d’informations sur les personnes qui meurent lors de périples migratoires sur le continent africain. Leurs corps peuvent ne jamais être retrouvés et leur décès peut ne jamais faire l’objet d’une enquête. Les décès peuvent également ne jamais être connus des familles, qui sont contraintes de vivre leur quotidien dans la douleur de ne pas savoir si leur proche est mort ou vivant.

Pour consulter les dernières informations sur les décès en Afrique, rendez-vous sur le site du Projet sur les migrants disparus ici. Les données rendues anonymes par le MMP peuvent être téléchargées sur missingmigrants.iom.int/downloads.

Pour plus d’informations sur les forces et les faiblesses des différentes sources de données sur les décès pendant la migration, y compris les données d’un sondage, consultez la publication Fatal Journeys Volume 3, Part 1.

Pour plus d’informations, veuillez contacter le Centre d’analyse des données sur la migration dans le monde de l’OIM :
Julia Black, Email : jblack@iom.int, Tel : +49 30 278 778 27
Marta Sánchez Dionis, Email : msanchez@iom.int, Tel : +49 30 278 778 43

  • « Après une semaine passée dans le désert, je ne pouvais plus continuer alors j’ai dit à mon groupe de me laisser là… Après avoir trouvé 23 survivants, ils m’ont trouvé moi aussi, un peu plus loin, parmi des corps entassés. Ils pensaient que j’étais mort et moi aussi. Patrick, originaire du Nigéria, a été interrogé en juillet 2017 au centre de transit de l’OIM à Dirkou, au Niger.

  • « Après une semaine passée dans le désert, je ne pouvais plus continuer alors j’ai dit à mon groupe de me laisser là… Après avoir trouvé 23 survivants, ils m’ont trouvé moi aussi, un peu plus loin, parmi des corps entassés. Ils pensaient que j’étais mort et moi aussi. Patrick, originaire du Nigéria, a été interrogé en juillet 2017 au centre de transit de l’OIM à Dirkou, au Niger.