Des enfants survivants de la traite des êtres humains secourus au Ghana retournent en Côte-d'Ivoire

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03/19/21

Accra - En collaboration avec le Ministère ghanéen du genre, de l'enfance et de la protection sociale, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) à Accra, au Ghana, a organisé cette semaine le retour en toute sécurité de 13 enfants ayant survécu à la traite vers leur pays d'origine, la Côte-d'Ivoire.

Les jeunes, qui ont retrouvé leur famille le 15 mars, avaient été exploités par des trafiquants dans des exploitations agricoles de la région de la Volta, au Ghana, après avoir été amenés dans le pays par des trafiquants.

« Indépendamment de l'origine d'une personne, les victimes sont des victimes et doivent recevoir le meilleur soutien possible », a déclaré Abena Annobea Asare, responsable du secrétariat chargé de la traite des êtres humains du Ministère.

« Je suis heureuse de voir arriver ce jour où toutes les parties prenantes ont travaillé en équipe pour assurer le succès du retour. Le plus gratifiant est de voir la réussite face à l'adversité ».

Les jeunes - tous des garçons âgés de 9 à 19 ans - avaient été amenés au Ghana depuis la Côte-d'Ivoire et le Burkina Faso sous le prétexte d'étudier le Coran. Un imam aurait exploité les enfants comme ouvriers agricoles, certains pendant des périodes allant jusqu’à dix ans, selon les autorités ghanéennes. Il est difficile de retracer les dates exactes, car des enfants âgés d’à peine trois ans font partie des victimes et ils ne savent pas quel jour, quel mois ou quelle année ils sont arrivés au Ghana.

Grâce à un informateur, les Services de police du Ghana (GPS) ont entrepris un sauvetage en collaboration avec l´ONG Free the Slaves. Un trafiquant présumé a été arrêté et fait l'objet de poursuites.

Après la mission de sauvetage, les garçons ont été orientés vers un centre d'accueil pour enfants victimes sous les auspices du Ministère à Accra. Ils ont reçu un soutien psychologique, passé des examens médicaux et bénéficié d’une aide à la réinsertion. L'un des garçons ayant contracté la COVID-19 a été placé en quarantaine dans le centre d'accueil du gouvernement et rentrera chez lui dès que le test sera négatif.

L'OIM au Ghana rapporte qu'une bonne coordination et collaboration entre l'OIM, le Consulat ivoirien, l'Ambassade burkinabé au Ghana, Free the Slaves et le Ministère des affaires étrangères et le Ministère du genre, de l’enfance et de la protection sociale du gouvernement ghanéen ont permis le retour de ces enfants en toute sécurité.

Les vols de retour - notamment l'achat des billets et de vêtements, les examens médicaux et les tests COVID-19 - ont été financés par le projet Child Protection Compact (CPC) du Bureau du Département d'Etat américain chargé de contrôler et de combattre la traite des personnes (J/TIP) et par un protocole d'accord entre le gouvernement du Ghana et l'OIM.

A leur arrivée à Abidjan, les enfants ont été accueillis par leurs familles, qui avaient été retrouvées par l'OIM en Côte-d'Ivoire et les autorités nationales. Les enfants et leurs familles continueront à recevoir un soutien à la réintégration dans le cadre des activités de prévention et de protection de l'OIM.

La traite des enfants reste un problème au Ghana et au-delà des frontières internationales, en particulier dans les industries de la pêche, mais aussi dans le secteur agricole. Des enfants d'âges et de nationalités différents peuvent être victimes de trafiquants.

Depuis ces dernières années, l'OIM au Ghana travaille en étroite collaboration avec le Ministère du genre, de l’enfance et de la protection sociale du Ghana et les Services de police du Ghana (GPS) pour lutter contre la traite des enfants dans le pays.

Les procédures opérationnelles standard pour lutter contre la traite des êtres humains au Ghana ont été élaborées par l'OIM en partenariat avec le Ministère et ont été lancées en octobre 2017. Elles mettent l'accent sur la traite des enfants.

Par la suite, les agents des Services de police et du Département de la protection sociale (DSW) ont été formés pour renforcer les enquêtes sur les cas de traite, ainsi que pour être mieux à même de répondre aux besoins des victimes une fois secourues.

« La mission de sauvetage des enfants ivoiriens et burkinabés est la preuve que les systèmes existants fonctionnent », a déclaré Abibatou Wane-Fall, chef de mission de l'OIM au Ghana. « Mais il reste beaucoup à faire pour prévenir la traite des enfants dès le départ. Avec nos partenaires, nous entreprenons des efforts importants pour sensibiliser à cette question dans les zones et les secteurs concernés ».

Pour plus d'informations, veuillez contacter Victoria Klimova, OIM Ghana, Email : [email protected]

  • Une collègue de l'OIM au Ghana escorte les enfants sur leur vol de retour vers la Côte-d'Ivoire et les conduit aux contrôles de sécurité à l'aéroport international de Kotoka, à Accra. Photo : OIM/Juliane Reissig

  • Le groupe fait la queue pour s'enregistrer à l'aéroport international de Kotoka, à Accra, afin de prendre un vol de retour vers la Côte-d'Ivoire. Photo : OIM/Juliane Reissig