Des entrepreneurs locaux acquièrent des compétences dans le bâtiment et les affaires tandis que les camps de réfugiés au Bangladesh offrent des possibilités économiques

Posted: 
06/14/19
Themes: 
Migration and Development, Rohingya Crisis

Cox’s Bazar - Lorsque quatre jeunes Bangladais vivant près du plus gros camp de réfugiés du monde - accueillant près d’un million de réfugiés rohingyas du Myanmar - ont entendu parler d’un programme gratuit enseignant des techniques de construction et des compétences en affaires, ils ont immédiatement saisi l’occasion. 

« Beaucoup de gens ont traversé la frontière [depuis 2017] et les maisons poussaient comme des champignons. Mais il n’y avait pas assez d’entrepreneurs et ceux d’ici n’avaient pas beaucoup d’expérience », confie Reza. 

« Nous avions parlé de créer notre propre entreprise mais cela semblait impossible sans personne pour nous enseigner les techniques de construction et de gestion. J’ai grandi ici et il n’y a aucune bonne école. La plupart des artisans apprennent sur le tas », ajoute-t-il. 

Cela a changé lorsqu’une nouvelle structure de formation de l’OIM enseignant les techniques de construction et de gestion d’entreprise a ouvert ses portes en périphérie du camp géant de Kutupalong, à Cox’s Bazar. Le programme intensif de 84 heures (25 jours) proposait une formation pour apprendre tout type de technique comme la maçonnerie, la comptabilité de base et les relations avec les employés. 

L’école est liée au Projet d’entretien et d’ingénierie du site, ou SMEP, une initiative conjointe de l’OIM, du HCR et du PAM afin d’améliorer les infrastructures dans les camps de réfugiés, qui s’étendent sur des kilomètres de terrain vallonné autrefois couvert de végétation. Les réfugiés vivent avec le risque permanent de glissements de terrain et d’inondations pendant la mousson. 

L’ami de Reza, Anan, 29 ans, qui a aussi terminé la formation, a expliqué que la zone présentait des défis uniques en matière de construction. Il n’y a presque pas de pierre pour la construction ou pour fixer des fondations. Des blocs de pierre doivent donc être utilisés pour les maisons exposées au risque d’inondation et pour la chaussée. 

« Nous avons appris à faire des blocs de pierre. Les techniques de mélange du ciment, les proportions et le type de sable étaient nouveaux pour nous », a déclaré Anan, qui avait déjà travaillé dans la construction mais sans formation professionnelle. 

Lorsque Reza et ses amis ont terminé le programme, ils se sont sentis prêts à créer leur propre entreprise : Star Construction. En plus d’offrir ses services aux organismes humanitaires œuvrant dans les camps, l’entreprise prévoit également de desservir la communauté locale à Cox’s Bazar et d’embaucher des travailleurs locaux. 

Le centre de formation fait partie de plusieurs initiatives lancées par la communauté internationale pour aider la « communauté d’accueil » à Cox’s Bazar, région frontalière autrefois isolée où des experts techniques du monde entier ont été déployés. 

L’OIM voit la formation de la communauté locale à des compétences allant de la construction à l’informatique, en passant par l’administration, comme un élément clé de la fourniture de nouveaux services au Bangladesh, selon Manuel Pereira, chef de mission adjoint de l’OIM au Bangladesh. 

Grâce au succès de son premier centre de formation, l’OIM prévoit d’étendre ses efforts en construisant un atelier de deux étages à Kutupalong. Seront proposées des formations à des compétences de base comme la métallurgie, la mécanique et peut-être le soudage, a-t-il ajouté. 

Pour plus d’informations, veuillez contacter George McLeod, OIM Bangladesh, Tel : + +880 18 7071 8078, Email : gmcleod@iom.int 

  • Après l’obtention de leur diplôme, Reza et ses amis ont créé leur proper entreprise - Star Construction. Photo : OIM