Des parcelles de jardin au beau milieu des violences ethniques assurent la production et peut-être la paix

Posted: 
03/05/19
Themes: 
Capacity Building

Bambari - Si vous voulez réaliser un rêve, plantez une graine. 

Les anciens combattants et jeunes à risque d’être impliqués dans les violences communautaires dans cette petite ville de République centrafricaine (RCA) n’ont que peu d’occasions pour redémarrer leur vie. La violence et le conflit ethnique sont endémiques ici depuis cinq ans. 

Ils font désormais partie de la toute première coopérative de culture maraîchère de la communauté, grâce à un projet intitulé « Réduire la violence communautaire. » Le centre agropastoral est construit sur les rives de l’Ouaka, à Bambari, par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), sur trois hectares d’anciens champs de coton mis à disposition par le Ministère de l’agriculture de RCA. 

Le projet ouvre de nouvelles voies pour la réintégration socioéconomique de 125 bénéficiaires, dont certains faisaient anciennement partie de groupes armés. Soixante-dix de ces participants sont des jeunes exposés au risque de se tourner vers la violence ou de rejoindre des groupes armés en raison du manque de possibilités économiques. 

Les participants reçoivent chacun leur propre parcelle de 90 mètres carrés. Ils mettent en commun les ressources disponibles, notamment les équipements, les connaissances et les infrastructures, dont trois conteneurs, deux pompes à moteur et plusieurs outils de maraîchage. Le centre agropastoral est clôturé par de nouveaux grillages et comprend des complexes de stockage et de formation ainsi qu’un système d’irrigation.

L’Agence centrale pour le développement de l’agriculture (ACDA) en République centrafricaine prévoit que chaque cycle végétatif de cinq mois pourrait produire suffisamment de récoltes pour rapporter 1,5 million de francs CFA, soit 3 000 dollars, par agriculteur. 

« Ce projet est une occasion unique pour ces jeunes de reconstruire leur vie et d’avoir un avenir meilleur. Ils ont des outils, un travail et surtout un espoir », déclare Jean-François Aguilera, chef de mission de l’OIM en RCA. 

En partenariat avec l’ACDA, les bénéficiaires du projet ont été formés à prévoir les récoltes en fonction de la demande du marché. Leur première culture : l’oignon. 

Depuis 2013, la République centrafricaine est en proie à l’instabilité en raison de l’hostilité entre deux groupes du nord-est du pays : les Seleka, un groupe à majorité musulmane, et les anti-Balaka, un groupe chrétien et animiste. 

Ce qui a commencé comme un conflit politique s’est ensuite transformé en violence généralisée sur fond de divergences ethniques et religieuses. Les groupes rivaux se battent aujourd’hui pour le contrôle du territoire, en particulier dans les zones riches en mines. 

D’après la Matrice de suivi des déplacements de l’OIM, la République centrafricaine compte plus de 640 000 déplacés internes. L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés fait état de 570 000 réfugiés recherchant une protection dans les pays voisins. A travers la RCA, près de trois millions de personnes ont désespérément besoin d’une aide humanitaire. 

Le centre agropastoral a été financé par le Fonds de consolidation de la paix et la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies en RCA (MINUSCA). Le projet de 18 mois cible 2 000 bénéficiaires dans la région de Bambari dans le cadre d’un programme mondial visant à réduire la violence communautaire en République centrafricaine. 

Pour plus d’informations, veuillez contacter Christian Noirard, OIM en République centrafricaine, Tel. +236 72 796 042, email : cnoirard@iom.int

  • A new agro-pastoral centre for socio-economic reintegration for former combatants and young people at risk of joining armed groups. Photo: IOM

  • A new agro-pastoral centre for socio-economic reintegration for former combatants and young people at risk of joining armed groups. Photo: IOM

  • A new agro-pastoral centre for socio-economic reintegration for former combatants and young people at risk of joining armed groups. Photo: IOM