Des pêcheurs cambodgiens victimes de la traite regagnent leur pays depuis les lointaines eaux indonésiennes

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01/15/13

Cambodge – Huit pêcheurs cambodgiens, victimes de la traite, qui travaillaient sur des bateaux de pêche en Indonésie, sont en route pour leur pays grâce à une opération conjointe menée par l’OIM, les autorités indonésiennes et le Cambodge.

L’OIM a été contactée par le Community Legal Education Center (CLEC), une ONG cambodgienne, qui lui a indiqué que les hommes avaient été emmenés par des passeurs sur les lointaines îles Aru, qui font partie de la province indonésienne de Maluku, située entre la Papouasie occidentale et l’Australie. L’OIM a ensuite informé la police indonésienne.

Malgré l’éloignement du lieu et les difficultés du terrain, les agents de police de Maluku ont trouvé le premier groupe d’hommes au bout de quatre jours, à la mi-décembre. L’OIM, avec le soutien de la police, les a amenés à Djakarta - à plus de 2 500 kilomètres de l’île. L’Organisation collabore actuellement avec le Ministère cambodgien des affaires étrangères pour organiser leur rapatriement.

Lors d’une opération distincte, un autre groupe de 15 Cambodgiens a été localisé ultérieurement sur une autre île de Maluku, située à 500 kilomètres.

Alors que les informations sur le deuxième groupe sont en cours d’examen, l’OIM peut confirmer que les membres du premier groupe ont été embauchés pour travailler comme pêcheurs sur des bateaux de pêche battant pavillon thaïlandais, et qu’on leur avait promis de bons salaires. Au lieu de cela, ils ont été victimes de sévices et gravement exploités.

Ces hommes, âgés de 19 à 57 ans, ont été recrutés à l’origine au Cambodge en 2009, avec la promesse d’un travail en Thaïlande comme pêcheurs pour un salaire annuel de 8 000 bahts (265 dollars E.-U.).

Mais ensuite, le propriétaire du bateau leur a dit qu’ils avaient été vendus et qu’ils devaient payer 3 000 dollars E.-U. chacun, s’ils voulaient retourner au Cambodge.
 
Lorsque leur bateau était amarré dans les îles Aru, les hommes se sont échappés et ont réussi à appeler chez eux. Leurs familles ont contacté le CLEC pour demander de l’aide, et celui-ci a alerté l’OIM.

Le Ministère indonésien des affaires sociales leur fournit actuellement un logement sûr et de la nourriture à Djakarta, alors que l’OIM s’occupe du soutien médical et des articles d’hygiène. L’OIM coordonne aussi les procédures d’identification et collabore avec l’ambassade cambodgienne et le Département indonésien de l’immigration pour l’établissement des documents de voyage et des autorisations de sortie.

Lorsque les hommes rentreront au Cambodge, l’OIM organisera un hébergement temporaire et des examens médicaux, et leur accordera des indemnités journalières de subsistance et une aide financière pour regagner leur province. Le bureau de l’OIM au Cambodge les orientera vers des ONG locales partenaires et le Ministère des affaires étrangères, des vétérans et de la réhabilitation des jeunes pour obtenir une assistance juridique et psychosociale.

Selon un rapport de l’OIM de 2011 intitulé Trafficking of Fishermen in Thailand*, les conditions de travail sur les bateaux de pêche thaïs sont souvent extrêmement difficiles. Les équipages, dont beaucoup sont originaires du Cambodge et du Myanmar, sont embauchés par des voies irrégulières et doivent travailler jusqu’à 20 heures par jour. Les menaces, la violence physique et le non-paiement du salaire sont courants.
 
L’OIM, grâce à son programme de lutte contre la traite, fournit des soins médicaux, de la nourriture, du matériel d’hygiène et une aide au retour aux victimes de la traite dans le monde entier.

Le programme d’assistance aux victimes de l’OIM en Indonésie a aidé plus de 4 840 Indonésiens et étrangers, victimes de la traite, depuis 2005. Rien qu’en 2011 et 2012, les bureaux de l’OIM au Cambodge et en Indonésie ont fourni une assistance pour le retour en toute sécurité et la réintégration à plus de 100 Cambodgiens victimes de la traite, dont la plupart étaient des pêcheurs travaillant sur des bateaux thaïs.

*http://publications.iom.int/bookstore/index.php?main_page=advanced_searc...

Pour plus d’informations, veuillez contacter

Joe Lowry
bureau régional de l’OIM pour l’Asie et le Pacifique à Bangkok
Tél. : +66 2 343 9430
Tél. portable : +66 81 870 8081
Courriel : jlowry@iom.int