Des réfugiés cherchant de l’aide pour leur nouvelle vie en Turquie ? Une App s’en occupe

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12/08/17
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Capacity Building

Ankara - Des réfugiés syriens en Turquie lancent des services internet innovants qui donnent accès à des informations dont leur communauté a besoin pour l’aider à prendre un nouveau départ. Ils ont rapidement obtenu le soutien d’entreprises et d’organisations internationales et leurs applications et plateformes en ligne apportent désormais aux communautés déplacées des informations relatives au logement, à l’emploi, des traductions de la législation turque, des conseils sur l’obtention de permis de résidence ou encore sur l’ouverture d’un compte bancaire.

Environ 220 000 des 3 300 000 Syriens présents en Turquie vivent dans des camps de réfugiés et reçoivent une aide pour le logement et les besoins primaires. Le reste des Syriens vivent dans des grandes villes où il peut être difficile de trouver un emploi légal et des moyens de subsistance durables pour eux et leur famille. Ainsi, bon nombre se tournent vers la technologie, notamment les réseaux sociaux et les applications pour les accompagner dans le contexte local. La praticité et l’accessibilité du travail en ligne est également un facteur qui attire les Syriens dans le domaine des nouvelles technologiques.

Reconnaissant la tendance croissante des personnes déplacées qui recherchent des solutions et un emploi dans le secteur des nouvelles technologies, l’OIM renforce les compétences en informatique et en communication à travers son programme d’intervention d’urgence dans les provinces situées à la frontière syrienne, à savoir Gaziantep, Sanliurfa, Hatay et Izmir. A ce jour, le Projet de formation à l’entreprenariat et de subvention de l’OIM a aidé 555 déplacés. Quelque 87 d’entre eux se sont inscrits à une formation intensive de 90 heures et plusieurs équipes ont été sélectionnées pour recevoir un capital de départ et ainsi créer leurs propres startups.

Khaled Fattal, 28 ans, ingénieur informatique et coordonnateur de projet pour une organisation appelée Kodra qui forme des Syriens à créer leur propre entreprise, fait partie des bénéficiaires. Khaled a participé à un atelier organisé par l’OIM à Gaziantep les 5 et 6 décembre, qui a rassemblé des organismes des Nations Unies, des organisations internationales, des entreprises de haute technologie turques et syriennes, en vue de mieux intégrer les déplacés dans le secteur des nouvelles technologies et de créer des solutions gagnant-gagnant pour les entreprises d’informatique et pour les Syriens qui cherchent un emploi.

« Participer à cet atelier m’a familiarisé avec des entreprises que je ne connaissais pas avant et qui dispensent des formations en informatique aux réfugiés syriens. Cela m’a aussi permis de créer des contacts qui aideront les Syriens avec qui travaille Kodra à atteindre davantage de clients », a déclaré Khaled.

Les représentants d’entreprises comme Turkcell, Cisco et des ONG comme Re:Coded et Natakallam, ont participé à l’atelier pour apprendre à créer des partenariats solides. Certains débats étaient centrés sur les façons de remédier aux problèmes auxquels les Syriens se trouvent confrontés pour trouver du travail à long terme en tant qu’indépendants, pour obtenir des emplois dans l’économie légale et pour surmonter les obstacles comme les restrictions imposées sur les transactions bancaires internationales, etc.

Furkan Ozdil, représentant du département de la responsabilité sociale d’entreprise chez Turkcell, a mentionné un autre obstacle important auxquels ils tentent de remédier : l’application mobile Hello Hope de Turkcell aide à intégrer les Syriens déplacés en proposant des cours de langue turque, dans le but de les aider à surmonter la barrière de la langue et d’améliorer leurs possibilités d’emploi », a-t-il déclaré. L’app donne également facilement accès au Call Center de Turkcell en arabe et fournit des informations sur les services généraux qui leur sont proposés.

Michael Newson, spécialiste de la mobilité de main-d’œuvre et du développement humain à l’OIM, qui présidait l’atelier, a déclaré qu’il était « crucial d’identifier les problèmes auxquels sont confrontés les Syriens pour trouver du travail et de trouver des approches plus innovantes pour les aider à acquérir des compétences et avoir accès au marché du travail. Je suis ravi de voir que l’intégration entre les communautés d’accueil et de réfugiés s’améliore à ce sujet et notre atelier en est un bon exemple. La moitié de nos participants sont issus de communautés syriennes et l’autre moitié est d’origine turque.

L’OIM en Turquie prévoit d’étendre le programme à d’autres provinces en 2018 et d’accroître le nombre de subventions à l’entreprenariat pour les projets innovants.

Pour plus d’informations, veuillez contacter Lanna Walsh, OIM Turquie, Tel : +90 312 454 3048, Email : lwalsh@iom.int

  • Khaled Fattal, a 28-year-old Syrian IT engineer, participates in IOM’s workshop on ITC initiatives to support livelihoods and employment among displaced populations in Gaziantep, Turkey, 5-6 December 2017. Photo: Nadine Al Lahham / UN Migration Agency (IOM)