Divertissement, cohésion sociale, assistance sur mesure pour les enfants migrants au Niger

Posted: 
06/18/19
Themes: 
Migrant Assistance

Niamey - Célébrant la Journée internationale de l’Enfant africain dimanche dernier (16/06) à Niamey, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a organisé une après-midi de dance, d’acrobaties, de magie, de théâtre, de récits et spectacles de marionnettes pour les migrants séjournant dans les centres de transit de l’OIM pour les enfants migrants non accompagnés et les femmes migrantes. 

Pour rendre leur séjour le plus agréable possible, des activités récréatives quotidiennes sont organisées pour les enfants, comme des activités informatiques, linguistiques, sportives, musicales ou artistiques. Des visites régulières au musée local, au cinéma ou à la piscine sont également organisées. 

« J’étais très content de pouvoir penser à autre chose qu’à mon quotidien pendant une après-midi, de tout oublier pendant quelques heures », a déclaré Seydou, 16 ans, originaire du Mali, qui a participé aux festivités de dimanche. 

Les festivités de dimanche faisaient partie de la 11ème édition d’un festival d’art de rue, « BIJINI-BIJINI - FITMO NIGER », soutenu par l’OIM par l’intermédiaire du projet intitulé « Renforcer l’aide et la protection des migrants et réfugiés au Niger » et financé par le Ministère français de l’Europe et des affaires étrangères. Le projet de 12 mois vise à renforcer l’aide fournie aux migrants dans les centres de transit, notamment une aide médicale et psychosociale. 

Le fonctionnement du centre de transit de l’OIM pour les enfants migrants non accompagnés (UM) à Niamey est assuré au titre du programme régional « Sécurité, soutien et solutions sur l’itinéraire de la Méditerranée centrale », financé par le Département pour le développement international (DFID) du gouvernement britannique, aux côtés de l’Union européenne dans le cadre du Mécanisme de ressources et de réponse pour les migrants. « Lorsque l’on décide des meilleures solutions pour les enfants non accompagnés au Niger, nous écoutons toujours leurs souhaits », a déclaré Nikolaas Swyngedouw, chargé de la protection à l’OIM au Niger. « Il est important que leur voix soit entendue pendant ce processus. » 

En fonction des souhaits de l’enfant, l’équipe de protection de l’OIM organise la liaison avec le juge des mineurs, les acteurs de la protection et les collègues dans le pays d’origine afin de procéder à la recherche des familles, de demander l’autorisation des parents et d’organiser le retour. Pour garantir un retour sûr et durable, les enfants non accompagnés ont tendance à séjourner au centre plus longtemps que les adultes ou les familles. 

Pendant qu’ils attendent leur retour volontaire vers leur pays d’origine dans le cadre de l’Initiative conjointe UE-OIM pour la protection et la réintégration des migrants, les UM reçoivent une aide sure mesure au centre : des psychologues et des agents de protection organisent des débats de groupe et des sessions de thérapie individuelle pour que les enfants puissent surmonter leurs traumatismes et les difficultés auxquelles ils peuvent être confrontés durant leur expérience de migration. 

Le festival se tiendra du 21 au 24 juin à Niamey et réunira des artistes du Bénin, du Togo, de Guinée-Conakry et d’Espagne. Le festival vise à encourager un échange local au niveau socioculturel mais également sur les plans économique et commercial en créant des opportunités pour les artistes locaux. 

De nombreuses performances artistiques prévues lors du festival auront lieu dans des quartiers défavorisés de Niamey où les migrants d’Afrique de l’Ouest ont tendance à séjourner pendant qu’ils attendent de récolter assez d’argent pour poursuivre leur périple vers le nord. Les mobilisateurs communautaires de l’OIM participeront aux activités en partageant des messages sur la migration irrégulière et ses alternatives. 

Certaines zones du Niger restent très marginalisées en termes d’accès à la culture, en particulier les zones rurales du pays. L’art de rue a le potentiel de transformer les espaces publics en lieux d’échange social et de mettre en avant les endroits isolés du pays qui étaient auparavant peu desservis. En tant que forme libre d’expression artistique et culturelle, l’art de rue ouvre la porte à la culture pour tous, indépendamment de l’âge, du sexe, du niveau d’éducation ou du milieu social.

En janvier 2018, l’OIM a ouvert son premier centre de transit consacré aux besoins des mineurs non accompagnés. Situé à Niamey, le centre est codirigé par le Ministère de la promotion de la femme et de la protection de l’enfance au Niger, en collaboration avec l’OIM.

Pour la seule année 2018, les six centres de transit de l’OIM pour les migrants au Niger ont aidé 1 473 enfants migrants accompagnés et 346 non accompagnés. La plupart des UM étaient des filles. Quelque 75 victimes de traite faisaient partie des UM aidés en 2018, tandis que les autres ont subi des violences sexistes, des sévices et de l’exploitation sexuels. D’autres facteurs comme la perte de l’appui familial et la réticence à être accepté dans la communauté au retour peuvent s’ajouter au traumatisme. Certains mineurs n’ont aucun lien familial chez eux, ce qui prolonge et complique le processus de retour volontaire de l’enfant.

Pour plus d’informations, veuillez contacter Monica Chiriac, OIM Niger, Tel. +227 8931 8764, email : mchiriac@iom.int

  • IOM’s mission in Niger assisted more than 1,800 children last year at its six transit centres in Niger. Photo: IOM/Monica Chiriac