Etude de l’OIM : migrants de main-d’œuvre cambodgiens en Thaïlande

Posted: 
06/28/19
Themes: 
Labour Migration

Bangkok - D’après une nouvelle étude réalisée par l’OIM et le Centre de recherche asiatique sur les migrations de l’Université de Chulalongkom, la migration de main-d’œuvre en Thaïlande a un impact considérable sur le bien-être socioéconomique des migrants cambodgiens et de leurs familles. 

« Assessing Potential Changes in the Migration Patterns of Cambodian Migrants and their Impacts » étudie la situation des quelque 650 000 Cambodgiens qui travaillent en Thaïlande. Il s’agit de l’une des études les plus complètes jamais réalisées sur ce groupe souvent incompris.

Les chercheurs ont interrogé plus de 900 travailleurs migrants cambodgiens dans six provinces thaïes, ainsi que 122 acteurs clés, notamment des responsables gouvernementaux, des employeurs et des collaborateurs d’ONG en utilisant des méthodes quantitatives et qualitatives. 

Ils sont notamment parvenus à la conclusion que la plupart des migrants cambodgiens en Thaïlande étaient relativement pauvres avant de migrer et ont choisi de partir pour trouver de meilleures possibilités d’emploi et des salaires plus élevés de l’autre côté de la frontière. Une majorité d’entre eux occupent aujourd’hui des postes relativement mal rémunérés, concentrés dans des secteurs économiques de travail intensif comme l’agriculture, la construction, la pêche et l’industrie manufacturière. 

Bien que 97 pour cent des migrants cambodgiens aient répondu que leurs conditions de travail étaient « bonnes » ou « satisfaisantes », l’étude a révélé qu’un tiers recevait moins que le salaire minimum de la province thaïe dans laquelle ils travaillaient. Les migrants en situation régulière recevaient des salaires plus élevés que ceux qui travaillaient grâce à une carte journalière ou illégalement. 

Malgré les bas salaires, les migrants cambodgiens envoient chez eux en moyenne 39 312 bahts (1 228 dollars) par an. Les personnes interrogées ont déclaré que les envois de fonds étaient vitaux pour maintenir ou améliorer les conditions de vie de leurs familles restées au Cambodge. 

Parmi les autres avantages de la migration figurent la hausse de l’épargne et l’acquisition de nouvelles compétences, dont les personnes interrogées ont déclaré qu’elles les aideraient à obtenir de meilleurs postes mieux rémunérés, soit en Thaïlande, soit au Cambodge. 

Les migrants cambodgiens ont tendance à migrer avec leurs conjoints, en dépit des lois thaïes qui ne prévoient aucune disposition pour la migration familiale. Les trois-quarts des personnes interrogées étaient mariés et 85 pour cent d’entre elles vivant avec leur conjoint en Thaïlande. Plus de la moitié des personnes sondées avaient des enfants, souvent laissés au Cambodge avec des proches. 

En outre, les migrants cambodgiens ont tendance à migrer en Thaïlande plusieurs fois. Près des trois-quarts des sondés avaient déjà travaillé en Thaïlande. Bien que la plupart prévoient de retourner au Cambodge, peu ont l’intention de le faire prochainement, préférant souvent rester six ans ou plus avant de rentrer chez eux. 

Le rapport conclut par des recommandations clés pour les gouvernements thaï et cambodgien - et les partenaires du développement - afin d’élaborer des politiques, des stratégies et des interventions fondées sur des faits, en vue de maximiser les avantages de la migration sûre, ordonnée et régulière pour le développement. 

« Depuis plus de 50 ans, les travailleurs cambodgiens migrent en Thaïlande en grands nombres pour l’emploi, contribuant à l’économie thaïlandaise et jouant un rôle essentiel dans la réponse à la pénurie de main-d’œuvre dans les secteurs clés. Cette étude est un bon point de départ permettant à tous les acteurs de mieux comprendre la nature de la migration cambodgienne en Thaïlande », a déclaré Nathan Webb, responsable de projet de l’OIM, qui a supervisé le rapport. 

L’étude, financée par le Fonds de l’OIM pour le développement, s’appuie sur le succès des deux précédents rapports de l’OIM sur les migrants lao et birmans en Thaïlande, également en collaboration avec l’Université de Chulalongkom. 

Etude sur les migrants cambodgiens : https://thailand.iom.int/assessing-potential-changes-migration-patterns-cambodian-migrants-and-their-impacts-thailand-and 

Etude sur les migrants lao : https://thailand.iom.int/assessing-potential-changes-migration-patterns-laotian-migrants-and-their-impacts-thailand-and-lao 

Etude sur les migrants birmans : https://thailand.iom.int/supplementary-report-assessing-potential-changes-migration-patterns-myanmar-migrants-and-their 

Pour plus d’informations, veuillez contacter l’OIM en Thaïlande. Nathan Webb, Email : nwebb@iom.int, Tel : +66 2 343 9383 ou Reuben Lim, Email : rlim@iom.int, Tel : +66 2 343 9370.

  • Les Cambodgiens migrent en Thaïlande par la ville frontalière de Poipet. Photo : OIM/Muse Mohammed