La coopération communautaire est essentielle pour lutter contre le recrutement illicite en Indonésie

Posted: 
05/05/17
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Labour Migration

Indonésie - Les communautés d’Indonésie menacées par le recrutement illicite doivent coopérer étroitement en vue d’éliminer une pratique qui facilite la traite des êtres humains. C’est ce qu’ont appris, cette semaine, les représentants de cinq districts du pays, lors d’un atelier soutenu par l’OIM dans la ville portuaire de Batam.

« Les victimes de traite restent vulnérables en raison des importantes barrières géographiques et institutionnelles qui les empêchent d’obtenir des informations et des services adéquats », a dit Pierre King, de l’OIM, aux responsables des districts où des dizaines de milliers de travailleurs sans papiers sont recrutés chaque année. « La tâche logistique de connecter vos communautés est colossale mais nous devons trouver une stratégie commune pour protéger les victimes où qu’elles se trouvent. »

En plus des représentants de la capitale Jakarta, et des districts de Sukabumi et d’Indramayu dans la province de Java ouest, l’équipe de travail de lutte contre la traite de Batam a invité des participants des districts de Kupang et de Lombock Est à l’extrême est du pays, deux régions où les recruteurs peu scrupuleux sont très actifs.

Ces délégations ont parcouru plus de 3 800 km, soit environ la distance entre Londres et Téhéran, pour participer aux réunions, ce qui montre l’ampleur du défi auquel sont confrontées les autorités locales dans la coordination de leurs efforts.

Financé par le Bureau international du Département d’Etat américain des affaires de stupéfiants et de répression, l’atelier a permis la signature d’un important Mémorandum d’accord avec deux institutions d’aide juridique, l’introduction d’un nouveau Manuel de l’OIM contenant les procédures opérationnelles standard pour la fourniture de services intégrés pour les victimes ou les témoins d’actes de traite, et d’un livre de poche pour aider les intervenants de première ligne et les victimes et/ou les témoins.

« Cet accord assure que les victimes de traite repérées à Batam et leur famille pourront accéder à des services juridiques gratuits, peu importe d’où elles viennent », a déclaré Muhammed Rudi, maire de Batam.

Environ 1,5 million d’Indonésiens sont enregistrés auprès du gouvernement en tant que travailleurs étrangers. Batam est à la fois une destination pour les migrants de main-d’œuvre et les victimes de traite, dont certains finissent dans le quartier des spectacles florissant de la ville, et un point de transit pour les travailleurs qui se rendent par ferry à Singapour et en Malaisie. Cette dernière accueille environ 2,5 millions de travailleurs indonésiens non enregistrés.

« Nous apprécions le rôle de l’OIM et des comtés donateurs pour l’aide aux victimes dans leurs communautés d’origine, de transit et de destination, notamment à Batam », a déclaré le Dr. Sujatmiko, Adjoint du Ministère du développement humain et des affaires culturelles en charge de la protection des femmes et des enfants.

« J’espère que la coopération d’aujourd’hui entre Batam et les régions d’origine pourra être renforcée et reproduite à travers l’Indonésie. »

Pour plus d’informations, veuillez contacter Paul Dillon, OIM Indonésie, Tel. +62 811 944 4612, Email: pdillon@iom.int

Dr. Sujatmiko highlights the need to strengthen coordination between regions that are sources and destinations for migrant workers. Photo: UN Migration Agency (IOM)