La traite d’êtres humains au centre des débats au Bangladesh

Posted: 
05/24/19
Themes: 
Counter-Trafficking, Rohingya Crisis

Cox’s Bazar - Le Bangladesh accentue ses efforts pour lutter contre la traite d’êtres humains grâce à un plan d’action national 2018-2022 afin d’améliorer l’application de ces efforts à travers une meilleure coordination entre les organisations, une meilleure formation des agents et l’harmonisation des lois existantes.

Le plan, élaboré avec le soutien technique de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), a été présenté aux responsables locaux et aux spécialistes de la lutte contre la traite à l’occasion d’une conférence qui a eu lieu à Cox’s Bazar cette semaine. Il fait suite à la législation adoptée en 2012 pour lutter contre la traite d’êtres humaines dans ce pays d’Asie du Sud de 160 millions d’habitants.

Les possibilités économiques limitées poussent des milliers de Bangladais à rechercher des opportunités à l’étranger. Mais bon nombre tomberaient dans les filets de réseaux de trafiquants, qui les forcent à travailler et les exploitent à l’étranger. La traite des personnes a également lieu à l’intérieur même du Bangladesh.

L’OIM adopte une approche pluridimensionnelle fondée sur la prévention, la protection et la poursuite des cas de traite. Cette approche comprend un appui aux efforts du gouvernement pour mettre en œuvre et faire appliquer une législation plus forte et fournir une aide aux victimes.

La conférence à Cox’s Bazar, intitulé Orientation on Prevention and Suppression on Human Trafficking Act, 2012 and National Plan of Action 2018-2022 a été organisée par l’OIM et appuyée par le Département britannique pour le développement international (DFID). Le DFID soutient les interventions de l’OIM pour les réfugiés rohingyas dans le district, notamment les activités de protection liées à la lutte contre la traite d’êtres humains.

Manuel Pereira, chef de mission adjoint de l’OIM au Bangladesh, a dit aux délégués que l’OIM travaillait dur pour combattre la traite d’êtres humains au Bangladesh. « A Cox’s Bazar, l’OIM a aidé 295 victimes de traite depuis 2017. Quelque 60 pour cent étaient des femmes, 40 pour cent étaient des hommes et 87 pour cent étaient victimes de travail forcé. Mais les chiffres réels pourraient s’avérer bien plus élevés car les gens ne viennent pas spontanément nous dire « nous sommes victimes de traite », a-t-il fait remarquer.

A Cox’s Bazar, la traite d’êtres humains est une menace plus présente que jamais pour près d’un million de réfugiés rohingyas vivant dans l’un des camps les plus densément peuplés du monde. L’appauvrissement de la communauté est un terrain propice aux réseaux de traite criminels qui appâtent les migrants sous de faux prétextes.

Chissey Mueller, responsable du programme de protection de l’OIM a souligné le fait que le gouvernement bangladais dirigeait les opérations pour accélérer l’application du Plan. « Les autorités locales travaillent ensemble pour lutter contre la traite - avec l’appui de l’OIM et du DFID entre autres. Les lois sont désormais en vigueur, la question maintenant est de combler les lacunes, d’améliorer l’application des lois et la coopération entre les autorités et d’appuyer les poursuites judiciaires », a-t-elle déclaré.

Chissey Mueller a ajouté que les trafiquants humains violent souvent de nombreuses lois nationales, notamment celles sur le travail forcé et l’exploitation sexuelle. D’autres pays, aussi bien développés qu’en voie de développement, font appel à des plans d’action nationaux pour faciliter l’exécution des lois en les faisant appliquer sur le terrain, a-t-elle précisé.

L’OIM œuvre en partenariat avec les gouvernements, les agences des Nations Unies, des ONG, le secteur privé et les partenaires du développement sur tous les aspects de la lutte contre la traite - prévention, protection et poursuites. Elle gère la plus importante base de données sur les victimes de traite du monde, qui contient des documents sur plus de 50 000 victimes de traite aidées par l’OIM.

Pour plus d’informations, veuillez contacter George McLeod, OIM Bangladesh, Tel : + +880 18 7071 8078, Email : gmcleod@iom.int

  • Les réfugiés rohingyas vivant dans les vastes camps démunis de Cox’s Bazar sont très vulnérables à la traite d’êtres humains. Photo : OIM/Muse Mohammed