Le dépistage de la COVID-19 auprès des chauffeurs routiers contribue à l'ouverture des échanges dans le cadre du partenariat OIM-TMEA

Posted: 
07/24/20
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COVID-19

Nairobi - L'OIM, l'Organisation internationale pour les migrations, propose des tests de dépistage de la COVID-19 à des milliers de chauffeurs routiers aux frontières du Kenya.

Cette action s'inscrit dans le cadre d'un effort régional et national de lutte contre la pandémie mondiale de COVID-19 et de réouverture des échanges commerciaux à travers l'Afrique de l’Est et la Corne de l'Afrique. Plus de 4 500 chauffeurs et leurs équipes sont soumis à des tests de dépistage à Malaba et à Busia, à la frontière entre le Kenya et l'Ouganda, où la fermeture des frontières les a contraints à attendre des semaines avant de pouvoir reprendre leurs activités.

Cette opération s'inscrit également dans un effort mondial de l'OIM.

Les mesures de contrôle de la pandémie de COVID-19 mises en place dans le monde entier ont un impact sans précédent sur la mobilité humaine. Plus de 52 000 restrictions extraordinaires à la mobilité ont été mises en place par les gouvernements et les autorités du monde entier, tandis que des millions de migrants internes ont perdu leurs moyens de subsistance dans les villes où ils travaillaient et retournent maintenant dans leur lieu d'origine.

Dans le même temps, dans dix pays d'Afrique de l'Est et de la Corne de l'Afrique, des dizaines de milliers de chauffeurs routiers n'ont pas pu transporter des biens essentiels et vitaux, notamment de la nourriture, de l'eau, des médicaments, des équipements et des fournitures médicales, qui sont justement nécessaires pour répondre aux besoins des communautés vulnérables telles que les déplacés internes.

Depuis la pandémie, les gouvernements de la région ont du mal à tester les chauffeurs routiers et réduire la propagation de la maladie, principalement en raison de l'insuffisance des capacités de dépistage. Au 15 juillet, plus de 2 000 chauffeurs en Afrique de l'Est et dans la Corne de l'Afrique ont été testés positifs à la maladie.

« Les postes-frontières sont devenus des lieux sensibles pour la transmission et la soudaine montée en flèche des cas de COVID-19 », a expliqué le Dr Rashid Aman, secrétaire administratif en chef du Ministère kenyan de la santé.

La frontière entre Malaba et Busia est un endroit crucial pour le dépistage de la COVID-19 car une grande partie du commerce dans la région émane des milliards de dollars de marchandises et de fournitures qui entrent et sortent du port kenyan de Mombassa.

De plus, la route Malaba-Busia est une route commerciale vitale pour l'Ouganda, le Rwanda et le Burundi, tous des pays enclavés qui dépendent de la libre circulation des biens et des fournitures. 

« Le commerce et la migration sont liés. Les gens, en particulier les chauffeurs routiers qui sont si essentiels au commerce, doivent être en mesure de transporter les biens et fournitures pour que les économies fonctionnent, pour l'emploi et pour le développement », a déclaré Sharon Dimanche, chef de mission de l'OIM au Kenya. « Ainsi, ce dépistage facilitera le commerce, ce qui contribuera à la reprise économique en pleine COVID-19 au Kenya et dans la région ».

Selon la Matrice de suivi des déplacements de l'OIM, 50 pour cent des « points d'entrée » ou frontières dans la région restent partiellement fermés en raison de la pandémie.

Le PIB de la Communauté de l'Afrique de l'Est (CAE) devait croître de 5,7 pour cent cette année. Les projections post-COVID-19 indiquent une croissance de 1 à 3 pour cent en fonction de la durée de la pandémie et de la rapidité avec laquelle la région rebondira. En outre, les activités de fret le long du couloir nord ont chuté de 30 pour cent, selon les estimations.

« Le commerce est la ligne de vie de l'économie et plusieurs millions d'emplois, aussi bien formels qu'informels, en dépendent. En travaillant en étroite collaboration, les gouvernements kenyan et ougandais font en sorte que le commerce puisse se poursuivre par les postes-frontières de Busia et de Malaba tout au long de cette crise de COVID-19 », a déclaré Frank Matsaert, Directeur général de TMEA.

Les tests effectués par l'OIM sont réalisés en partenariat avec TradeMark East Africa (TMEA), une agence de développement fondée en 2010 dans le but d'accroître la prospérité en Afrique de l'Est grâce à un accroissement des échanges commerciaux. TMEA met actuellement en place un dispositif d'urgence pour la sécurité des échanges commerciaux (Safe Trade Emergency Facility ou STEF) de 23 millions de dollars pour aider les gouvernements d'Afrique de l'Est à prendre des mesures essentielles le long des voies de transport et des itinéraires commerciaux afin de garantir la poursuite des échanges commerciaux en toute sécurité tout en protégeant les moyens de subsistance.

TMEA s'est engagée à soutenir les autorités frontalières et les usagers, afin de garantir un commerce conforme aux normes sanitaires entre les États frontaliers et la région, a déclaré M. Matsaert, ajoutant que « ce partenariat de dépistage avec l'OIM est essentiel pour faciliter la poursuite des activités commerciales en toute sécurité et surtout pour protéger les moyens de subsistance ».

Le partenariat OIM-TMEA pour tester les chauffeurs routiers est destiné à réduire les retards de milliers de camions bloqués aux postes-frontières de Malaba-Busia et à débloquer des centaines de millions de dollars d'échanges commerciaux essentiels. TMEA a observé un déclin de 90 pour cent du commerce pour des millions de micro et petites entreprises formelles et informelles, principalement dirigées par des femmes.

L'OIM prévoit d'étendre les tests de dépistage de la COVID-19 à des milliers de chauffeurs routiers à Mombassa dans les semaines à venir, afin que les milliers de chauffeurs qui commencent leur voyage dans la région puissent transporter des fournitures et des biens vitaux du Kenya jusqu'en République démocratique du Congo.

En outre, TMEA travaille avec le Secrétariat de la CAE pour déployer le Système électronique régional de suivi du fret et des chauffeurs (Regional Electronic Cargo and Driver Tracking System ou RECDTS) qui permettra aux autorités de partager les résultats des tests des chauffeurs et des équipes, facilitant ainsi l'échange d'informations le long des couloirs de transport d'Afrique de l'Est.

Pour plus d'informations, veuillez contacter le Bureau régional de l'OIM pour l'Afrique de l'Est et la Corne de l'Afrique à Nairobi : Yvonne Ndege, Tel : +254 797735977, Email : yndege@iom.int    

Siège de TradeMark East Africa à Nairobi : Nelson Karanja, Tel : +254731500596, Email : nelson.karanja@trademarkea.com

  • Depuis le début de la pandémie, les gouvernements de la région ont du mal à tester les chauffeurs routiers et à réduire la propagation de la maladie en raison des capacités de dépistage insuffisantes. Photo : Kennedy Njagi/OIM

  • Plus de 4 500 chauffeurs routiers et leurs équipes sont testés à Malaba et Busia, à la frontière du Kenya avec l'Ouganda. Photo : Kennedy Njagi/OIM

  • La route Malaba-Busia est une route commerciale vitale pour l'Ouganda, le Rwanda et le Burundi, pays enclavés de la région qui dépendent de la libre circulation des biens et des fournitures sur cette route pour leurs économies et leur commerce. Photo : Kennedy Najagi/OIM