Les communautés nigérianes déplacées se préparent aux chutes de pluie des premières tempêtes qui ont déjà rasé des centaines d’habitations

Posted: 
05/24/19
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Internally Displaced Persons

Maiduguri - Zaynab se tient à côté des ruines de la maison qu’elle partageait avec ses six enfants avant qu’elle ne soit détruite par les orages précoces qui ont amené des vents violents et une pluie battante au nord-est du Nigéria.

« J’étais au marché l’après-midi quand la tempête s’est levée mais mes six enfants étaient à l’intérieur de la maison », se rappelle Zaynab en préparant le repas pour rompre le jeûne du Ramadan. « Nous avons tout perdu à l’exception d’un matelas que nous avons trouvé dans le camp et quelques casseroles. »

Actuellement (25/05), 395 abris dans des camps et installations de fortune à travers l’Etat de Borno, dont celui de Zaynab, ont été endommagés ou détruits depuis que les fortes pluies se sont abattues fin avril. Au total, 41 camps hébergeant plus de 300 000 déplacés internes sont considérés comme étant exposés aux inondations, dont certains se trouvant dans des zones difficiles à atteindre comme Monguno, Konduga ou Bama.

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) au Nigéria répondra aux besoins des populations déplacées à l’aide d’un plan d’intervention d’urgence multisectoriel pour la saison des pluies. L’Organisation centrera ses interventions sur les familles avec des enfants de moins de ans, les femmes enceintes, les personnes âgées et les foyers dirigés par une femme seule.

Les équipes de l’OIM sont déployées pour réparer ou renforcer les abris en cas d’inondation, sensibiliser la population aux risques d’inondation et réparer les abris et infrastructures. D’autres mesures communautaires de réduction des risques à petite échelle incluent la gestion des déchets dans les camps et la construction ou la réparation de canaux d’écoulement.

Zaynab vient d’une famille d’agriculteurs de Guduf Nagadio, dans l’Etat de Borno, l’épicentre du conflit qui sévit actuellement entre les forces nigérianes et les groupes armés non-étatiques. Son mari a été tué par des hommes armés alors qu’il tentait d’échapper à la violence il y a trois ans. Depuis, sa famille vit dans un camp de Borno, qui accueille près de 1,5 million de déplacés internes.

Les tempêtes du début du mois ont encore une fois déplacé la famille de Zaynab. L’équipe de coordination et de gestion des camps (CCCM) l’a donc relogé, avec d’autres familles, dans un abri temporaire dans la ville voisine de Gwoza.

L’Etat de Borno est touché chaque année par les vents forts, les orages et les inondations. Les pluies annuelles font souvent des ravages dans les camps où vivent les déplacés internes et provoquent l’obstruction des voies d’acheminement de l’eau et des systèmes d’écoulement.

Les équipes CCCM ont construit des pompes à eau dans les sites de déplacement sinistrés où les cours d’eau et les systèmes d’écoulement sont inexistants. Des sacs de sable ont été utilisés dans les zones exposées aux inondations pour empêcher l’eau d’affluer dans les abris ou le long des voies d’accès.

« Les mesures préventives sont essentielles », a déclaré Nadia Tithi, responsable du programme d’abris de l’OIM au Nigéria. « Des besoins urgents demeurent et cette année, nous consolidons plus de 3 000 abris d’urgence avant que les fortes pluies ne s’abattent », a-t-elle ajouté.

Le personnel répare également les structures où les déplacés internes vivent et distribue près de 4 000 kits pour la construction d’abris d’urgence à travers les Etats de Borno et d’Adama. Les kits servent de mesure d’urgence et dans certains cas, ont déjà été distribués aux familles sinistrées.

Les fortes pluies amènent avec elles un risque accru d’épidémie de maladie, en particulier le choléra, au nord-est du Nigéria. Pendant la dernière saison des pluies fin 2018, près de 100 décès liés au choléra ont été recensés dans la zone.

Dans le cadre du Programme d’eau, d’assainissement et d’hygiène (WASH), l’OIM réalise des campagnes de sensibilisation et de promotion de l’hygiène en faisant du porte-à-porte afin de prévenir la propagation du choléra dans les communautés.

La préparation d’urgence de l’OIM à la saison des pluies au Nigéria est financée par le Bureau américain chargé de l’aide en cas de catastrophe à l’étranger, le Service de l’Union européenne à la protection civile et à l’aide humanitaire, la République fédérale allemande et le Fonds humanitaire nigérian. Ce soutien permet à l’OIM de répondre aux besoins les plus urgents des populations déplacées. L’OIM lance un appel de fonds supplémentaires pour garantir une réponse globale aux besoins de préparation multisectoriels au nord-est du Nigéria.

Pour plus d’informations, veuillez contacter Jorge Galindo, OIM Nigéria, Tel : +234 803 645 2973, Email : jgalindo@iom.int

  • Des membres de la communauté du camp de GSS participent au renforcement des abris à travers des activités de travail contre rémunération. Photo : IOM/David Zimmerman

  • Des membres de la communauté du camp de GSS participent au renforcement des abris à travers des activités de travail contre rémunération. Photo : IOM/David Zimmerman

  • Zaynab continue de cuisiner devant l’une des poutres qui tenait la porte de leur maison. « J’aime cet endroit car je connais tout le monde ici ». Photo : OIM/David