Les communautés touchées par le cyclone Idai recherchent désespérément un abri et des moyens de subsistance

Posted: 
11/05/19
Themes: 
Internally Displaced Persons, Shelter

Harare – Plus de huit mois après que le cyclone Idai a dévasté l’Afrique australe, les communautés touchées au Zimbabwe ont désespérément besoin d’un abri permanent et de retrouver des moyens de subsistance.

La Matrice de suivi des déplacements (DTM) déployée par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a indiqué que 270 000 personnes étaient touchées par le cyclone et que 50 905 personnes à travers 12 districts étaient déplacées tandis que 223 familles vivent toujours dans les sites de déplacement.

« Nous vivons dans la crainte constante d’une nouvelle catastrophe. La saison des pluies arrive à grands pas, certaines de nos tentes s’effondrent à cause des mauvaises conditions météorologiques. Je ne sais pas ce qu’il va se passer pour mes petits-enfants et moi », a confié Johana, grand-mère de quatre petits-enfants, qui a perdu ses deux fils pendant le cyclone.

Elle a ajouté qu’ils avaient désespérément besoin d’aide car leurs moyens de subsistance ont été emportés par les glissements de terrain.

« Nous n’avons aucune source de revenu ; nos terres et notre bétail ont été emportés par les glissements de terrain. Nous avions une activité maraichère florissante mais nous dépendons aujourd’hui de bienfaiteurs qui nous donnent de la nourriture », a-t-elle déclaré.

Le Zimbabwe est confronté à des défis humanitaires résultant de chocs économiques et climatiques. Suite à l’échec de la saison agricole 2018-2019 en raison de la sécheresse provoqué par El Niño, le pays est confronté à l’aggravation de la situation humanitaire avec une estimation de 5,5 millions de personnes ayant besoin d’aide alimentaire.

La crise est aggravée par la pénurie de devise étrangère pour les importations, les services de base limités comme l’eau, l’électricité et le carburant, qui mettent à mal le commerce et l’industrie. L’inflation est estimée à plus de 200 pour cent et les prix des produits de base comme la nourriture, les médicaments et d’autres biens essentiels sont plus élevés que jamais, mettant à rude épreuve de nombreuses familles, en particulier dans les zones rurales où vit 60 pour cent de la population.  

« Les citoyens déplacés, en particulier les femmes et les enfants, sont les plus touchés par les problèmes humanitaires et économiques auxquels est confronté le pays », a déclaré Mario Lito, chef de mission de l’OIM au Zimbabwe. « Nous œuvrons en coopération étroite avec le gouvernement du Zimbabwe pour coordonner les camps temporaires afin de répondre aux besoins de base des déplacés internes. »

Et d’ajouter : « nous continuerons d’aider les Groupes chargés des abris et de l’aide non alimentaire et de travailler avec les partenaires qui dirigent les Groupes chargés de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène (WASH), de la santé et du relèvement rapide. »

A mesure que le processus de relèvement se poursuit, de nouvelles initiatives et ressources financières sont nécessaires pour récupérer les moyens de subsistance, reconstruire les infrastructures et garantir qu’une catastrophe similaire n’ait pas les mêmes conséquences dévastatrices.

En réponse à l’aide au développement requise par les communautés les plus touchées, l’OIM au Zimbabwe a lancé un appel de 11,5 millions de dollars pour la période février 2019-avril 2020, qui n’est actuellement financé qu’à hauteur de 15 pour cent.

Dans le contexte de l’appel humanitaire 2019 pour le Zimbabwe, les programmes de l’OIM seront centrés sur le renforcement du relèvement, de la résilience et des solutions durables pour les populations touchées par le déplacement suite au cyclone Idai, en particulier les déplacés et ceux qui continuent d’être hébergés dans des camps temporaires et par les communautés d’accueil.

L’OIM renforcera la collecte et l’analyse des données sur la migration et le déplacement pour éclairer les programmes et se centrera sur l’aide humanitaire multisectorielle, notamment les abris et l’aide non alimentaire, la gestion et la coordination des camps, le suivi du déplacement, la protection, la santé et le relèvement rapide, ciblant 90 000 personnes.

Pour plus d’informations, veuillez contacter Varidzo Mudombi, OIM Zimbabwe, Tel. +263242704285, email : vmudombi@iom.int

  • Johana, grand-mère de quatre petits-enfants, a perdu deux de ses fils dans le cyclone Idai. Photo : OIM