Les pays de retour latino-américains analysent les enjeux politiques de la migration de retour

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10/02/12

Equateur - En partenariat avec le Ministère équatorien des affaires étrangères et son Secrétariat national des migrations, ainsi qu’avec la Faculté latino-américaine des sciences sociales en Equateur, l’OIM réunit  cette semaine à Quito des experts de la migration, des responsables gouvernementaux et des universitaires venus d’Europe et d’Amérique pour débattre pour discuter de la migration de retour en Amérique latine.

« Les pays d’Amérique latine, caractérisés par l’exode massif de migrants qui partaient à la recherche d’un emploi et d’une vie meilleure, sont aujourd’hui confrontés à un nouveau défi migratoire, marqué par un nombre croissant de migrants qui retournent dans leur pays d’origine », explique Juan Artola, expert de l’OIM en matière de migration.

La plupart de ceux qui rentrent au pays ont été frappés par la crise financière dans les pays d’accueil et beaucoup ont perdu leur emploi. Les politiques de migration de plus en plus restrictives dans les pays d’accueil, l’absence d’opportunités économiques et la situation personnelle des migrants et de leur famille restée au pays, sont à l’origine de toute une série de problèmes socioéconomiques.

Les participants à la réunion de Quito débattront de la migration de retour en ces temps de crise socioéconomique dans de nombreux pays du monde ; des politiques de migration de retour de l’Union européenne ; du rôle des sociétés civiles ; de la coopération internationale et de la migration de retour ; des politiques de réintégration dans les pays d’origine ; des politiques régionales de migration de retour en Amérique latine ; des politiques nationales de retour au Brésil, en Equateur, à El Salvador, au Mexique et en Uruguay ; des enseignements tirés par les migrants qui sont rentrés chez eux dans des périodes de récession économique ; et des liens entre la migration de retour, le transfert de capital humain et le secteur privé.

« Au lieu d’être perçue comme un phénomène isolé, la migration de retour doit être perçue comme faisant partie intégrante de la migration internationale. Le retour peut avoir lieu à différents moments du processus migratoire. Les dynamiques croissantes de la migration de retour en lien avec les droits de l’homme, le développement, le commerce et la santé, doivent être comprises et prises en compte par les Etats et les sociétés civiles », explique Ana Fonseca, spécialiste des migrations à l’OIM.

L’OIM a débuté ses programmes d’aide au retour volontaire et à la réintégration (AVRR) à la fin des années 70. Depuis, plus de 1,2 million de migrants ont reçu une aide pour rentrer chez eux volontairement.

En 2011, les programmes AVRR de l’OIM ont permis d’aider 31 134 migrants à rentrer dans leur pays d’origine. Quelque 24 000 autres, rapatriés par les gouvernements des pays d’accueil, ont reçu l’aide de l’OIM après leur arrivée et une aide à la réintégration dans leur pays d’origine.

Dix-sept pour cent, soit 5 233 personnes aidées en 2011 étaient originaires d’Amérique latine et des Caraïbes. Près de 80% des migrants de cette région étaient originaires de Bolivie, de Colombie, d’Equateur, d’Argentine, du Brésil, du Chili, du Paraguay et d’Uruguay.

Le profil migratoire de l’OIM pour l’Equateur, publié au début du mois, a démontré que la migration de retour était l’un des phénomènes fondamentaux qui s’est répercuté sur la migration dans le pays ces dix dernières années, en mentionnant qu’un migrant sur quatre ayant quitté le pays entre 2001 et 2010, était rentré au pays. Le nombre de migrants de retour devrait continuer de croître en raison de la crise économique dans les principaux pays de destination (Espagne, Italie et Etats-Unis).

En 2011, l’OIM en Colombie a aidé 2 664 rapatriés par le biais de son projet intitulé Bienvenido a casa, ou Bienvenu à la maison, qui fournit une aide à l’accueil et à la réintégration des rapatriés, et comprend une aide d’urgence à l’arrivée, un soutien psychosocial, une aide juridique, un soutien à la réintégration économique, et un suivi du processus de réintégration. Ce projet est mis en œuvre en coopération avec les autorités municipales et provinciales.

« Notre analyse montre une hausse considérable du nombre de cas de migration de retour ces quelques dernières années. Les retours sont attribués à la crise économique dans les pays européens, en particulier en Espagne qui accueille la majorité des migrants uruguayens, mais également à la situation économique positive en Uruguay, où le chômage a atteint un taux historiquement bas », déclare le professeur Martín Koolhaas, de La Universidad de la Répública de Uruguay.

De 2005 à fin 2011, l’OIM au Mexique a aidé 7 982 migrants à rentrer dans leur pays. Quelque 7 541 d’entre eux étaient originaires de pays d’Amérique latine et des Caraïbes, dont une majorité d’Equatoriens, de Dominicains, de Péruviens, de Colombiens et de Brésiliens.

Les conclusions et les recommandations de la réunion de Quito seront présentées lors de la réunion annuelle de la Conférence sud-américaine sur les migrations, qui se tiendra au Chili, au mois de novembre.

Le rapport 2011 des activités d’aide au retour volontaire et à la réintégration de l’OIM est disponible sur
http://publications.iom.int/bookstore/free/AVRRreport2011FINAL_25Aug12.pdf

La note d’informations sur l’aide au retour volontaire et à la réintégration fournie par l’OIM est disponible sur: http://www.iom.int/files/live/sites/iom/files/What-We-Do/docs/AVRR-Fact-Sheet-2012.pdf  

Pour plus d’informations, veuillez contacter

Rogelio Bernal
OIM Equateur
Tel: +593-2-2444929/8/6
Email: rbernal@iom.int