L’OIM et la FAO dirigent un partenariat pour la réduction des risques de catastrophe en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale

Posted: 
01/31/20
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Migration Health

Dakar - Le nombre de déplacés internes en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale a plus que doublé ces trois dernières années, en raison des changements climatiques et environnementaux, du rythme effréné de l’urbanisation, de l’augmentation de la population et du conflit.

En Afrique subsaharienne, un mélange de conflit, d’inondations, de sécheresses et d’autres catastrophes naturelles a fait doubler le nombre total de nouveaux déplacements internes en seulement trois ans (2015-2018), d’après le Rapport humanitaire mondial 2019 récemment publié par l’OCHA.

Des données similaires du Centre de contrôle du déplacement interne confirment cette tendance. En 2019, plus de 800 000 personnes ont été déplacées par des catastrophes en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, dépassant les 344 000 en 2017, année durant laquelle le nombre total avait déjà doublé par rapport à l’année précédente, en 2016, lorsque 161 700 hommes, femmes et enfants avaient été déplacés.

En 2019 uniquement, les inondations ont causé le déplacement d’au moins 30 000 personnes en République centrafricaine, 41 000 en Mauritanie, 19 000 à l’extrême-nord du Cameroun et 15 000 au nord-est du Nigéria.

Dans tous les cas, il s’agit désormais d’une urgence qui sévit sans répit à travers le continent le plus pauvre du monde.

« L’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale sont marquées par la récurrence et l’ampleur des pertes humaines et matérielles en raison des catastrophes provoquées par des dangers comme la sécheresse, le conflit armé et les épidémies, a déclaré le Dr. Gouantoueu Robert Guei, coordonnateur sous-régional de l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) en Afrique de l’Ouest, avant d’ajouter : « un atelier régional est d’une importance capitale pour aider les gouvernements. »

Ainsi, pour réduire la mobilité provoquée par une catastrophe dans la région d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale et pour renforcer la résilience des populations à risque, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) s’est jointe à la FAO pour lancer la CADRI, un partenariat d’initiative pour la réduction des risques de catastrophe dans la région. Les deux agences ont co-organisé leur tout premier évènement à Dakar les 28 et 29 janvier pour commencer à mobiliser les acteurs régionaux.

La CADRI est un partenarial mondial composé de 20 organisations qui œuvrent en vue de réaliser les Objectifs de développement durable (ODD) en fournissant aux pays des services de développement de capacités afin d’aider à réduire les risques et les catastrophes liés au climat. La CADRI est également destinée à fournir aux pays un mécanisme de mobilisation des experts de la réduction des risques de catastrophe et de l’adaptation au changement climatique, en soutien à cette réunion pour réaliser ces ODD.

Ce partenariat est particulièrement pertinent en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, où différents types de risques sont présents, notamment les crises à évolution lente et rapide.

« Le but de cette coordination du processus de la CADRI entre Dakar et Genève est d’être au plus proche de ceux qui participent à la prévention et à la réponse aux catastrophes naturelles. Nous espérons accroître l’interaction entre le gouvernement, la société civile et les partenaires des Nations Unies afin qu’ils puissent mieux desservir les communautés les plus à risque dans la région, a déclaré Richard Danziger, Directeur régional de l’OIM pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale.

« Les ONG participent aux missions de diagnostic des capacités et leur retour nous aide à articuler les opinions et positions exprimées par les acteurs du gouvernement, afin de s’assurer que les recommandations soient neutres », a déclaré Ioana Creitaru, du Secrétariat du partenariat de la CADRI à Genève.

Dans la dernière évaluation conjointe réalisée par le réseau de la CADRI, une équipe de 31 experts a réalisé un exercice de diagnostic des capacités au Togo, où les inondations, les incendies, la sécheresse, les glissements de terrain et les épidémies sont monnaie courante. Les recommandations émises par l’équipe contribueront à renforcer la préparation et la réduction des risques de catastrophe à l’avenir.

La CADRI place une importance particulière sur la planification et la programmation dans les sphères du développement et de l’humanitaire, garantissant que personne ne soit laissé de côté et que les approches d’égalité homme-femme et celles fondées sur les droits de l’homme soient défendues dans la fourniture de services de développement des capacités. Le partenariat de la CADRI soutient le renforcement de capacités et la réforme des politiques pour les efforts de réduction des risques de catastrophe dans 30 pays à travers le monde depuis dix ans.

Pour plus d’informations, veuillez contacter Mafalda Marchioro, Bureau régional de l’OIM pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale : mmarchioro@iom.int 

  •  Les inondations en République centrafricaine ont déplacé plus de 30 000 personnes en 2019. OIM/Leo Torreton