L’OIM et l’Institut néerlandais Deltares publient un rapport et créent un outil web face à la crise de l’eau qui menace l’Iraq

Posted: 
07/10/20
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IOM

Erbil - L’Iraq est confrontée à une crise de l'eau complexe qui devrait persister. Elle pourrait avoir des conséquences aux niveaux humanitaire, socioéconomique, sécuritaire et social, y compris dans les mouvements de population. 

Les niveaux d'eau du Tigre et de l'Euphrate - les deux principales sources d'eau de l'Iraq - diminuent à un rythme sans précédent. Parallèlement, le changement climatique entraîne une augmentation des températures moyennes et une diminution des précipitations annuelles, ce qui pose de nouveaux problèmes dans toute la région. Le risque de déplacement de populations en Iraq dû à une pénurie d'eau reste élevé en raison de la dégradation de la quantité et de la qualité de l'eau disponible. 

En juillet 2019, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) en Iraq a identifié 21 314 personnes déplacées à l’intérieur du pays depuis les gouvernorats du centre et du sud, en raison du manque d'eau, de sources d'eau ayant une forte salinité ou d’épidémies de maladies transmises par l’eau.

L'OIM en Iraq et Deltares, un institut indépendant basé aux Pays-Bas pour la recherche appliquée dans le domaine de l'eau et des sous-sols, ont publié de nouvelles conclusions sur le sujet. Leur rapport, intitulé Water Quantity and Water Quality in Central and South Iraq : A Preliminary Assessment in the Context of Displacement Risk, se concentre sur la compréhension des variations de la quantité et de la qualité de l'eau dans les gouvernorats du centre et du sud au cours des deux dernières décennies.

« La rareté de l'eau est l'une des principales menaces qui pèsent sur les communautés agricoles. Les facteurs environnementaux sont parmi les moteurs du déplacement et nous en avons été témoins dans des gouvernorats comme Thi-Qar, Bassorah, Najaf et Kerbala », a déclaré Gerard Waite, chef de mission de l'OIM en Iraq. « Les preuves présentées dans ce rapport peuvent éclairer les actions futures visant à atténuer une crise de l'eau imminente, qui exposerait encore davantage les communautés vulnérables à des risques ».

Le rapport fournit une analyse qui permettra aux planificateurs de mieux comprendre la situation dans les années à venir, ainsi que des recommandations clés pour atténuer la crise de l'eau.

En plus de leur nouveau rapport, l'OIM en Iraq et Deltares ont lancé l'Iraq Water Risk Webtool, un outil web interactif qui donne un aperçu des variations de la quantité et de la qualité de l'eau au fil du temps dans les gouvernorats du centre et du sud de l'Iraq. En utilisant des données des années précédentes, il explore l'impact de différents scénarios de gestion de l'eau et de changements climatiques, ainsi que l'efficacité des mesures visant à atténuer ces changements. L'outil présente des scénarios de base de gestion de l'eau et de changements climatiques, chacun présentant deux séries de cartes interactives sur la disponibilité et la qualité de l'eau passées et futures.

« En tant que membre du Partenariat pour l'eau, la paix et la sécurité, Deltares vise à améliorer la disponibilité des données et des informations sur l'eau afin d'aider à prévenir les crises de l'eau », a déclaré Karen Meijer, chercheuse principale à Deltares. « Collaborer avec l'OIM nous a permis d'adapter notre analyse aux besoins d'information pour prévenir et traiter les déplacements liés à l'eau et d'améliorer la prise de décision dans ce domaine. »

L'étude a été financée par le Bureau de la population, des réfugiés et des migrations du Département d'État américain. Le travail de Deltares dans le cadre du partenariat pour l’eau, la paix et la sécurité a été financé par le Ministère des Affaires Etrangères du Royaume des Pays-Bas.

Pour plus d'informations, veuillez contacter l'unité d'information publique de l'OIM en Iraq, Tél : +964 751 402 2811, Email : iraqpublicinfo@iom.int

  • Vue d'un canal d'irrigation dans les marais de Bassora, au sud de l'Iraq. La pénurie d'eau a entraîné le déplacement de milliers de personnes dans les gouvernorats du centre et du sud de l'Iraq. Photo : OIM/Hassan Almahmoud, 2019