L’OIM évacue des migrants éthiopiens du Yémen déchiré par la guerre

Posted: 
03/29/16

Ethiopie - Depuis le 19 mars 2016, l’OIM a évacué 485 migrants éthiopiens vulnérables – 122 femmes, 261 hommes, 101 mineurs non accompagnés et un enfant du Yémen touché par la guerre.

Les rapatriements volontaires, menés à bien en coopération étroite avec les gouvernements du Yémen, de Djibouti, d’Ethiopie et d’Arabie saoudite, ainsi que les missions de l’OIM dans la région, ont fait suite à un précédent rapatriement de 4 222 Ethiopiens du Yémen lors d’une opération suspendue en septembre 2015 en raison du manque de financement. La même opération a permis de fournir une aide post-arrivée à 3 319 autres Ethiopiens fuyant le Yémen.

La nouvelle opération de rapatriement depuis le port yéménite d’Hodeidah vers Djibouti puis en direction de l’Ethiopie par bus vise à évacuer 1 212 migrants bloqués en utilisant le financement d’urgence de l’OIM. Les opérations d’aide aux migrants et de protection de l’OIM au Yémen sont également financées par le DFID, ECHO, le Département d’Etat américain, la Sida, le CERF et l’USAIM.

Les récits des migrants témoignent de l’urgence de l’évacuation et de la situation désespérée de nombreux migrants au Yémen. Ahmed* (*nom changé), barbier de 22 ans, a expliqué avoir quitté l’Ethiopie à la recherche d’une meilleure qualité de vie en Arabie saoudite.

« Après avoir payé des passeurs pour nous amener au Yémen, nous avons reçu la promesse d’être conduits en Arabie saoudite pour gagner beaucoup d’argent. Mais nous avons été interceptés par des ravisseurs dès que nous sommes descendus du bateau », a t-il déclaré. « Nous avons vu deux personnes se faire battre à mort. Elles ont été pendues par les pieds et battues à mort ; nous les avons vues mourir. »

Ali* (*nom changé), commerçant de khat de 25 ans, a raconté à l’OIM comment il a été enlevé et détenu contre rançon. Des membres de sa famille en Arabie saoudite ont dû payer les ravisseurs 10 000 riyals saoudiens (2 700 USD) pour sa libération. Il se considère chanceux, compte tenu de la cruauté dont il a été témoin.

« Nous avons vu les ravisseurs enlever les yeux d’hommes avec un couteau. Ils ont fondu du plastique sur le dos de certains d’entre eux. Nous avons vu un jeune homme tellement battu que les os de son bras et de son torse étaient brisés. Il a été jeté dans la rue pour être mangé par des chiens. Si vous n’avez pas d’argent pour payer la rançon exigée, vous mourez. Nous avons aussi vu des femmes se faire violer », a t-il déclaré.

Les migrants qui réussissent soit à s’échapper, soit à être libérés par les ravisseurs suite au paiement d’une rançon ont été accueillis dans les abris de l’OIM au Yémen. Mais ils représentent un très faible pourcentage des migrants nécessitant un rapatriement, d’après Fumiko Nagano, coordinateur du Programme de gestion des migrations de l’OIM en Ethiopie.

« D’après le HCR et le Secrétariat régional de la migration composite, plus de 92 000 migrants sont arrivés au Yémen en 2015. Quelque 89% d’entre eux seraient des ressortissants éthiopiens », confie t-elle.

Siraj Reshid, Directeur général de la Direction des affaires du Moyen-Orient au Ministère éthiopien des affaires étrangères, explique que les derniers retours de migrants depuis le Yémen mettaient davantage en évidence la nécessité de renforcer la lutte contre les trafiquants et les passeurs.

« Le gouvernement éthiopien a déjà ratifié une loi-cadre et nous travaillons sur sa mise en œuvre afin de promouvoir les voies de migration légale auprès de ceux qui recherchent du travail à l’étranger », a t-il déclaré.

Pour plus d’informations, veuillez contacter Alemayehu Seifeselassie, OIM Ethiopie, Tel: +251.11. 6611117 (Ext. 455), Mobile: +251.91.163-9082, Email: salemayehu@iom.int 

Ethiopian migrants evacuated from Yemen by sea by IOM arrive in Djibouti (File photo). IOM 2015