L’OIM franchit une étape : plus de 5 000 Gambiens ont reçu une aide au retour volontaire

Posted: 
01/07/20
Themes: 
Assisted Voluntary Return and Reintegration

Banjul - La Gambie est un petit pays côtier d’Afrique de l’Ouest peuplé d’un peu plus de 2 millions d’habitants. Entre 2014 et 2017, plus de 35 000 de ses citoyens sont arrivés « illégalement » sur les côtes européennes, d’après Frontex, l’Agence de l’UE chargée des frontières, et encore davantage pour qui les périples se sont terminés en Libye ou dans la Mer Méditerranée.

Pourtant, ces trois dernières années, une proportion assez notable de ces migrants « irréguliers » sont rentrés chez eux. Fin 2019, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a franchi la barre des 5 000 migrants gambiens aidés, soit plus de trois fois l’objectif initial fixé par l’Organisation en 2017.

Le dernier groupe de migrants de retour en 2019 est arrivé d’Algérie. Les derniers Gambiens rentrés chez eux sont arrivés le 4 janvier du Niger. L’OIM prévoit d’en rapatrier 700 autres dans les prochaines semaines.

La barre des 5 000 est le fruit de trois années de travail visant à faciliter le retour volontaire de 2 992 Gambiens depuis la Libye, 1 392 depuis le Niger et 618 autres bloqués le long des principaux itinéraires migratoires en Afrique et en Europe. Le mécanisme est le programme d’aide au retour volontaire et à la réintégration (AVRR) de l’OIM, qui reste une mesure de protection vitale pour les migrants vulnérables qui souhaitent rentrer chez eux mais qui n’en ont pas les moyens.

« Faciliter plus de trois fois le nombre de retours volontaires auquel nous nous attendions en 2017 est un moment historique pour nous et tous nos partenaires. Notre prochain objectif est de combler le fossé entre le nombre de Gambiens que nous aidons à rentrer et ceux à qui nous fournissons des services de réintégration », a expliqué Fumiko Nagano, chef de mission de l’OIM en Gambie. « Nous espérons élargir les projets communautaires, afin de garantir que les communautés bénéficient aussi de la réintégration de leurs membres. »

Sur les 5 002 Gambiens qui sont rentrés chez eux avec l’aide de l’OIM, les deux tiers ont reçu une forme d’aide à la réintégration.

L’aide à la réintégration offerte vise à répondre aux besoins économiques, sociaux et psychosociaux. Ainsi, les migrants de retour peuvent recevoir une aide pour créer ou renforcer une petite entreprise, un soutien pour entreprendre des études ou une formation professionnelle, une aide à l’insertion professionnelle ou une orientation vers d’autres services, ou d’autres formes de soutien comme le logement ou l’aide psychosociale.

Après avoir reçu de la nourriture, des articles essentiels, un soutien médical et psychosocial, les migrants de retour participent à des sessions de conseil visant à adapter l’aide à la réintégration à leurs besoins spécifiques, à leurs intérêts et à leurs compétences en fonction des possibilités disponibles dans le pays.

Fatou fait partie de ceux qui ont bénéficié de ce soutien, après être rentrée à bord d’un vol affrété de Libye en avril dernier. « Mon mari et moi voulions désespérément rentrer à la maison de manière permanente mais il n’avait aucune porte de sortie de Libye », raconte Fatou. « Grâce à l’aide à la réintégration que nous avons reçue, nous avons acheté des machines à coudre et ouvert un atelier de couture. »

« J’ai traversé le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso et le Niger », a ajouté Paul, un autre migrant de retour. « En chemin, j’ai rencontré toutes sortes de difficultés. En avril 2017, je suis rentré en Gambie avec l’aide de l’OIM. Je me suis formé et j’ai trouvé tout de suite un emploi dans l’une des plus grandes entreprises informatiques de la Gambie.

L’OIM offre également aux migrants de retour la possibilité de participer à des projets collectifs avec des membres de la communauté. Les deux premiers projets communautaires ont été lancés en 2019. A Brikama-Ba, dans la région du Fleuve central, une association de 46 membres (dont 16 migrants de retour) se sont rassemblés pour une initiative agroalimentaire. Dans le même temps, à Kundam, dans la région du Nil supérieur, une association de 11 membres (dont trois migrants de retour) ont lancé un projet de transformation des céréales.

Une majorité (90 pour cent) des retours volontaires ont été soutenus par le biais de l’Initiative conjointe UE-OIM pour la protection et la réintégration des migrants. Lancée en juillet 2017 avec le financement du Fonds fiduciaire d’urgence de l’UE pour l’Afrique, l’objectif initial de 1 500 retours en Gambie a été atteint après seulement trois mois d’activités du programme. Les retours volontaires restants ont été soutenus dans le cadre de programmes de retour et de réintégration bilatéraux, principalement par l’Allemagne, la Suisse et l’Autriche.

« La nouvelle ressource la plus importante de Gambie est sa population, en particulier ses jeunes. En étroite coopération avec le gouvernement de Gambie et l’OIM, l’Union européenne n’aide pas que les migrants de retour bloqués à survivre mais aussi à bâtir un avenir et à prospérer en Gambie », a déclaré Attila Lajos, Ambassadeur de l’Union européenne.

Cliquez ici pour en savoir plus sur les migrants de retour en Gambie.

Pour plus d’informations, veuillez contacter Miko Alazas, OIM Gambie, Tel. +220 330 3168, email ; aalazas@iom.int ou rendez-vous sur www.migrationjointinitiative.org

  • « J’ai traversé le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso et le Niger », a ajouté Paul, un autre migrant de retour. « En chemin, j’ai rencontré toutes sortes de difficultés. En avril 2017, je suis rentré en Gambie avec l’aide de l’OIM. Je me suis formé et j’ai trouvé tout de suite un emploi dans l’une des plus grandes entreprises informatiques de la Gambie. Photo : OIM/Miko Alazas

  • « J’ai traversé le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso et le Niger », a ajouté Paul, un autre migrant de retour. « En chemin, j’ai rencontré toutes sortes de difficultés. En avril 2017, je suis rentré en Gambie avec l’aide de l’OIM. Je me suis formé et j’ai trouvé tout de suite un emploi dans l’une des plus grandes entreprises informatiques de la Gambie. Photo : OIM/Miko Alazas