L’OIM intensifie l’aide d’urgence en Ouganda pour le million de réfugiés sud-soudanais

Posted: 
08/18/17
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Humanitarian Emergencies

Kampala – L’OIM, l’organisme des Nations Unies chargé des migrations, intensifie ses efforts pour aider les réfugiés et les communautés qui les accueillent en coordination avec le HCR, l’agence des Nations Unies pour les réfugiés. Depuis le début de la crise au Soudan du Sud en décembre 2013, près de 4 millions de personnes ont été déplacées de leur domicile en raison de l’insécurité et des besoins humanitaires croissants.

Depuis avril, l’OIM met en œuvre des projets d’eau, d’assainissement et d’hygiène (WASH) dans la région du Nil, à l’ouest du pays. Ces projets ciblent la Zone 4 de l’établissement humain de Bidibidi dans le district de Yumbe et celui de Palorinya dans le district de Moyo. Les projets de l’OIM aident à la fois les réfugiés et les Ougandais qui vivent côte-à-côte dans les établissements et partagent les ressources et les services. Bidibidi, qui accueille environ 276 000 réfugiés, est aujourd’hui considéré comme le plus grand établissement de réfugiés de toute l’Afrique. Celui de Palorinya accueille 176 000 réfugiés.

Ces interventions d’urgence sont financées par le Service à la protection civile et à l’aide humanitaire (ECHO) de la Commission européenne et le Fonds central des Nations Unies pour les interventions d’urgence (CERF).

Depuis le deuxième semestre 2016, l’instabilité et le conflit croissants à travers l’Equatoria-central, situé à la frontière avec l’Ouganda, ont provoqué le déplacement de milliers de civils vers des camps de déplacement, des zones isolées et de l’autre côté de la frontière. Jeudi 17 août, le HCR a officiellement annoncé que l’Ouganda accueillait au moins 1 million de réfugiés sud-soudanais ayant fui la guerre et ses conséquences dans la plus jeune nation du monde. Quelque 1 800 Sud-Soudanais ont traversé la frontière vers l’Ouganda quotidiennement au cours des 12 derniers mois, d’après le HCR.

Cet afflux met à rude épreuve les services comme l’eau, les soins de santé et l’éducation en Ouganda. En juin 2017, les Nations Unies et le gouvernement ougandais ont organisé le « Solidarity Summit on Refugees » avec le Secrétaire-Général António Guterres, exhortant la communauté internationale à soutenir le modèle exemplaire de protection des réfugiés en Ouganda.

L’UE a engagé plus de 2,2 millions d’euros pour appuyer les opérations humanitaires dans le pays jusqu’en juillet 2018.

Les interventions de l’OIM visent à améliorer l’accès, la salubrité et la durabilité des ressources en eau, à construire des installations sanitaires et à promouvoir leur utilisation. L’un des défis majeurs est que plus de 60 pourcent de l’eau est acheminée par camion, ce qui est onéreux et insoutenable à long terme. Quelque 30,6 pourcent de la population a accès à l’hygiène dans la Zone 4 de l’établissement de Bidibidi et seulement 6 pourcent dans tout l’établissement de Palorinya.

Dans les deux sites, l’OIM motorisera trois puits et construira des réseaux de canalisation pour fournir de l’eau à au moins 31 000 personnes et des structures communautaires de gestion de l’eau, et distribuera des milliers de jerricans pour stocker l’eau potable. Les interventions sanitaires comprendront la construction d’au moins 34 blocs de latrines communautaires et 7 600 latrines familiales, notamment pour les personnes nécessitant une attention spéciale. Un système de traitement des matières fécales, des points de collecte et des incinérateurs de déchets seront également installés. Des fosses à placenta et des salles de bain dans certains centres de santé seront également construites.

Entre autres activités, l’OIM mènera à bien des campagnes de sensibilisation et formera les réfugiés aux pratiques hygiéniques et à la fabrication de savon, de serviettes hygiéniques et de briquettes.

« La situation dans les établissements de réfugiés reste désastreuse, d’autant plus que l’afflux de réfugiés en Ouganda se poursuit. Seul un tiers des puits à rendement élevé qui peuvent être motorisés pour mettre fin à la dépendance démesurée aux camions ont été adaptés, il reste donc beaucoup à faire pour fournir de l’eau salubre durable », a déclaré Ali Abdi, chef de mission de l’OIM en Ouganda. « Et tandis que seuls 10 pourcent des normes minimales acceptables en matière de salubrité et d’hygiène sont respectées dans les sites comme Palorinya, les services WASH pour les réfugiés sud-soudanais ne pourraient pas être plus urgents », a-t-il conclu.

Pour plus d’informations, veuillez contacter Richard Mulindwa-Kavuma, OIM Ouganda, Tel : +256 772 709 917 and +256 700 646 403, Email : rmkavuma@iom.int

  • South Sudanese refugee children in a reception centre within Palorinya settlement in northwestern Uganda. Photo: UN Migration Agency (IOM)

  • Trucks queuing up for water at Oluba well in Bidibidi settlement.  IOM will motorize this well and pump water into the settlement. Photo: UN Migration Agency (IOM)