L’OIM intervient face aux inondations qui touchent 900 000 personnes au Soudan du Sud

Posted: 
11/08/19
Themes: 
Refugee and Asylum Issues

Juba - L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) intensifie ses efforts pour répondre aux besoins des déplacés internes, des réfugiés et des communautés d’accueil en réponse aux inondations dévastatrices qui affectent plus de 900 000 personnes au Soudan du Sud.

« Le niveau de destruction et de souffrance causées par les inondations est bouleversant », a déclaré Jean-Philippe Chauzy, chef de mission de l’OIM au Soudan du Sud, à l’issue d’une récente visite dans les zones inondées dans la région de Jonglei.

« J’ai parlé à une habitante âgée déplacée qui avait trouvé refuge dans une église surpeuplée située sur une petite parcelle de terrain sec dans des conditions insalubres. Elle m’a raconté qu’elle ne se souvenait pas avoir vécu d’inondations d’une telle ampleur auparavant. »

Plus de trois mois de chutes de pluies torrentielles ont submergé des communautés entières, provoquant le déplacement massif de personnes et la perturbation des services de base. Des milliers de maisons et d’abris ont été détruits, les cultures qui maintiennent les moyens de subsistance locaux ont été balayées et il est craint que l’eau contaminée ne fasse surgir une épidémie de maladie.

Avant les inondations, près des deux tiers des zones touchées étaient affligées par une importante malnutrition touchant principalement les enfants et les femmes enceintes.

Le 26 octobre, le gouvernement du Soudan du Sud a déclaré un état d’urgence dans 32 comtés des Etats de Jonglei, du Nil supérieur, de Warap, d’Equatoria oriental et du Bahr el Ghazal du nord, déclaration saluée par les partenaires humanitaires dans le pays.

Grâce à une réponse intégrée et coordonnée à la crise actuelle et en soutien au gouvernement, l’OIM a :

  • participé aux premières missions d’évaluation dans les lieux les plus touchés et a distribué des tablettes de purification de l’eau (aquatabs) à 3 680 foyers.
  • débloqué des articles pour l’eau, l’assainissement et l’hygiène (WASH), les abris et l’aide non alimentaire, tels que des aquatabs, des couvertures, des moustiquaires, des bâches en plastique, du cordon en caoutchouc, des jerrycans pliables et des filtres à eau, qui seront distribués à 1 500 familles ciblées dans la ville fortement touché de Pibor, à Jonglei. En outre, l’OIM continue de pré-positionner des articles en provenance de Juba, la capitale, et de Rumbek, vers Bor, dans l’Etat de Jonglei, afin de soutenir la réponse d’urgence aux inondations. L’objectif est d’aider 70 000 familles touchées par les inondations.
  • aidé six partenaires de mise en œuvre pour fournir une aide vitale aux communautés touchées par les inondations grâce au Fonds d’intervention rapide (RRF).
  • élaboré un ensemble de cartes qui fournissent une analyse géo-référencée  de plus de 250 lieux touchés par les inondations.

L’OIM a également distribué des bâches en plastique, des moustiquaires, des couvertures et des matelas à 16 711 personnes touchées par les inondations dans la région administrative d’Abyié.

Malgré les efforts concertés de l’OIM et d’autres partenaires humanitaires, l’aide n’est pas parvenue à certaines communautés en raison des routes entravées et des pistes d’atterrissage inondées qui font croître les besoins des communautés vulnérables.

« Les difficultés d’accès à certaines zones touchées exercent une pression sur les interventions », a déclaré M. Chauzy.

« Bien que l’OIM continue d’emprunter des articles de secours destinés à la saison sèche pour répondre à cette urgence, il faut réapprovisionner les stocks qui seront nécessaires l’année prochaine, en particulier compte tenu des besoins humanitaires à long terme qui résultent des inondations. »

La réponse d’urgence de l’OIM pour les populations touchées par les inondations au Soudan du Sud dans la région administrative d’Abyié est soutenue par le DFID, l’ECHO, l’OFDA et l’USAID.

 

Les fortes pluies se sont abattues sur des zones qui avaient déjà d’importants besoins humanitaires. A travers les 32 comtés inondés, plus de trois millions de personnes avaient besoin d’une aide avant les chutes de pluie. Soixante-trois pour cent des comtés touchés par les inondations sont classifiés comme souffrant de malnutrition de phase 4 (sévère), touchant principalement les enfants et les jeunes mères.

Parmi les besoins essentiels figurent l’accès à l’eau potable, les médicaments anti-paludisme et autres médicaments de base, et les bâches en plastique à utiliser comme abris temporaires. La dégradation et la perte des cultures et d’autres sources de moyens de subsistance, ainsi que les quelque 17 000 hectares de terres agricoles touchées par les inondations, pourraient provoquer des besoins humanitaires à plus long terme et réduire la sécurité alimentaire en 2020.

Quelque 61,5 millions de dollars supplémentaires, hors du budget du Plan actuel d’intervention humanitaire pour le Soudan du Sud, sont nécessaires pour aider ceux qui ont le plus besoin d’aide, garantir la protection des plus vulnérables et éviter les pertes humaines.
 

Pour plus d’informations, veuillez contacter Liatile Putsoa, OIM Soudan du Sud, Tel. +211912380104, email : lputsoa@iom.int ou Paul Dillon, siège de l’OIM à Genève, Tel. +41796369874, email : pdillon@iom.int

  • La route principale entre Mankien et Mayom est/était impraticable pour le personnel humanitaire lorsque cette photo a été prise.  

  • Les eaux des inondations ont ruiné les économies rurales et agraires à travers la région, menaçant les moyens de subsistance et soulevant le spectre de pénuries de nourriture dans les zones où la malnutrition aigüe touche les deux-tiers de la population.

  • Les eaux des inondations ont ruiné les économies rurales et agraires à travers la région, menaçant les moyens de subsistance et soulevant le spectre de pénuries de nourriture dans les zones où la malnutrition aigüe touche les deux-tiers de la population

  • Flood waters have ruined rural, agrarian-base economies across the region, threatening livelihoods and raising the spectre of further serious food shortages in areas where acute malnutrition affects almost two-thirds of the population.  Photo: IOM