L’OIM lance un Programme de soutien psychosocial aux migrants dans les centres de détention en Libye

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02/03/17

Libye - L’OIM a commencé à déployer un programme de soutien psychosocial pour les migrants dans les centres de détention libyens en lançant un événement récréatif d’une journée au centre d’Abu Salim, à Tripoli.

« Nous ne faisons rien d’autre que manger, boire et dormir, le seul divertissement que nous avons est de se parler et c’est très agaçant. Parfois j’aimerais mourir. Mais aujourd’hui, je me sens de nouveau vivante », a confié Esse (nom d’emprunt), détenue au centre d’Abu Salim avec ses deux enfants âgés de trois et un ans.

L’événement d’une journée a amorcé une stratégie plus vaste de l’OIM, élaborée en coordination avec une ONG, Psychosocial Support Team (PSS), pour apporter un soutien aux femmes et aux enfants, qui sont particulièrement vulnérables.

Le soutien sera mis en place dans un certain nombre de centres de détention, à commencer par Tripoli, la capitale. On estime entre 3 000 et 6 000 le nombre de migrants détenus dans des centres de détention en Libye qui sont tous considérés comme vulnérables.

« Ces activités représentent non seulement une pause dans le cycle de la misère à laquelle ils sont confrontés dans les centres de détention mais elles servent également de mesure pour établir la confiance entre l’équipe PSS et les enfants en particulier », a déclaré Karolina Edsbacker, chargée de la protection à l’OIM en Libye.

« Fournir un soutien psychosocial aux migrants dans les centres de détention est un projet novateur qui n’a jamais été tenté auparavant en Libye », a déclaré Khaled Hamidi, Directeur général de PSS.

Quarante-et-une femmes et 19 enfants ont participé à la journée d’activités à Abu Salim, notamment de la danse et du chant, du sport, des jeux et du dessin. Les participants ont aussi reçu des vêtements et du Sahleb, boisson traditionnelle libyenne.

« La visite de l’équipe PSS a été une réussite à tous points de vue et elle a contribué à améliorer le moral des femmes détenues et de leurs enfants, qui sont très vulnérables. Nous souhaitons que ces visites soient planifiées chaque mois dans tous les centres de détention et nous voulons que l’OIM continue d’organiser des événements similaires et de fournir de l’aide », a déclaré Faraj Abuejila, responsable adjoint du Centre d’Abu Salim.

« Après un certain temps passé en détention, les migrants sentent qu’il n’y a aucun espoir. Grâce à ces activités, nous voulons leur redonner de l’espoir, notre objectif est qu’ils voient une lueur dans toute cette obscurité », a déclaré Khaled Hamidi, qui se rend régulièrement dans les centres de détention au nom de l’OIM.

Dans le même temps, en coopération avec des organismes des Nations Unies et d’autres organisations, l’OIM examine des alternatives à la détention, en particulier pour les femmes et les enfants, afin de mieux garantir les droits fondamentaux et la protection des migrants en Libye.

Le soutien psychosocial fourni par l’OIM est financé par le Bureau de la population, des réfugiés et des migrations (PRM) du Département d’Etat américain dans le cadre d’un projet intitulé : Addressing Irregular Migration Flows and Upholding Human Rights of Migrants along the Eastern African Migration Route and North Africa (Noah phase VI).

Pour plus d’informations, veuillez contacter l’OIM en Libye, Othman Belbeisi, Tel: +216 29 600 389, Email: obelbeisi@iom.int ou Karolina Edsbacker, Tel +216 29 202 896, Email: kedsbacker@iom.int

A woman at the Abu Salim detention centre passes the time drawing. Photo: IOM