L’OIM, l’UNICEF et le HCR améliorent la protection des enfants en mouvement en Libye

Posted: 
04/27/18
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Migration and Youth, UN

Libye - L’OIM, l’UNICEF et le HCR renforcent les mesures de protection des enfants migrants et réfugiés en Libye. En mars 2018, la Matrice de suivi des déplacements de l’OIM a identifié 29 370 enfants migrants non accompagnés en Libye, même s’il se pourrait que ce chiffre soit bien plus élevé.

« Les enfants non accompagnés et séparés de leur famille sont confrontés à un risque important de traite, de détention arbitraire, de travail forcé et d’exploitation sexuelle », a expliqué Othman Belbeisi, chef de mission de l’OIM. « Renforcer l’aide et la protection des enfants en mouvement est primordial pour nous en tant qu’humanitaires. Nous saluons et encourageons la coopération entre tous les acteurs concernés pour garantir que nous puissions mieux protéger davantage d’enfants en Libye. »

L’OIM, l’UNICEF et le HCR ont établi des garanties de procédure pour la mise en œuvre d’un ensemble cohérent d’actions visant à protéger les garçons et filles migrants de moins de 18 ans, non accompagnés et séparés de leurs parents en Libye. Un comité de détermination du meilleur intérêt se réunit pour des cas complexes où des experts de la protection de l’enfance recherchent et identifient des solutions de protection au cas par cas.

Lors du premier comité, qui s’est réuni à Tripoli, la capitale libyenne, le 29 mars, des experts de l’OIM, de l’UNICEF et du HCR ont débattu du cas de Sofiya* (nom changé pour protéger son identité), une petite fille de sept ans originaire d’Afrique de l’Ouest. Il a finalement été recommandé que Sofiya retrouve son père dans son pays d’origine.

« Indépendamment du statut juridique, des circonstances et des raisons motivant un enfant à se déplacer seul, un enfant reste un enfant et les privations et préjudices que les enfants peuvent subir lors de dangereux périples ébranlent les fondations de leur développement physique et émotionnel », a déclaré Abdel-Rahman Ghandour, représentant spécial de l’UNICEF pour la Libye. 

« La coopération avec l’OIM et le HCR est essentiel pour nous permettre de trouver une solution durable pour chaque enfant », a-t-il poursuivi.

« L’une des priorités du HCR est de protéger, dans la mesure de ses moyens, les droits de tous les enfants relevant de son mandat, en particulier les réfugiés et les demandeurs d’asile. Pour y parvenir, le HCR s’est engagé à soutenir l’établissement de systèmes globaux de protection de l’enfance en Libye qui comprennent des mécanismes visant à identifier les meilleurs intérêts de l’enfant », a déclaré Roberto Mignone, chef de mission du HCR en Libye.

« La collaboration interorganisations est essentielle à cet égard pour garantir que les enfants ayant besoin d’une protection internationale et qui ne peuvent pas retourner dans leur pays d’origine soient identifiés et orientés vers le HCR pour une protection et pour trouver des solutions », a-t-il ajouté.

En 2017, Sofiya a quitté son domicile en Afrique de l’Ouest avec sa mère. Espérant trouver une vie meilleure, elles ont entrepris la dangereuse traversée de la mer Méditerranée pour atteindre l’Europe. Mais elles ne sont jamais arrivées en Italie. Sofiya a perdu sa mère qui s’est noyée en mer et a été ramenée en Libye par les garde-côtes.

L’enfant a été transférée vers un centre de détention, où elle a été identifiée par l’OIM comme enfant non accompagnée. L’OIM a rendu régulièrement visite à Sofiya pour effectuer une évaluation de protection et a démarré les recherches pour retrouver sa famille.

Après quelques semaines, l’OIM a retrouvé le père de Sofiya et a procédé à des vérifications. Le père de Sofiya a exprimé son immense soulagement et sa joie d’avoir des nouvelles de sa fille.

« Lorsqu’on travaille auprès d’enfants non accompagnés et séparés de leurs parents, il est capital de s’assurer que leur meilleur intérêt devienne le principe directeur de toute action pour des solutions aussi bien temporaires que durables », a déclaré Barbara Pellegrini, experte de la protection de l’enfance à l’OIM, qui renforce les capacités des acteurs concernés. Pour cela, une formation de deux jours avec ses homologues libyens ainsi qu’avec les autorités consulaires représentant les nationalités des enfants migrants non accompagnés, est prévue afin de s’assurer que le meilleur intérêt de l’enfant soit toujours la ligne directrice de toute action.

Début avril, Sofiya a retrouvé son père à Abidjan, où une dizaine d’amis l’ont accueillie à l’aéroport.

Pour plus d’informations, veuillez contacter Christine Petré, OIM Libye, Tel : +216 29240448, Email : chpetre@iom.int

Paula Barrachina Esteban, HCR Libye, Tel : + 216 20 697641, Email : barrachi@unhcr.org  

Mostafa Omar, UNICEF Libye, Tel +216 99070815, Email : mosomar@unicef.org  

  • One of the children at a Tripoli detention centre. Photo: C.Petre / IOM