L’OIM lutte contre les violences sexuelles et sexistes et la traite en République centrafricaine

Posted: 
03/08/16

République Centre-Africaine - La République centrafricaine (RCA) demeure dans une crise complexe, où l’érosion constante de l’Etat de droit et les frontières poreuses mettent en péril la protection des déplacés et des personnes vulnérables et les exposent davantage à la traite et aux violences sexuelles et sexistes.

En se basant sur les évaluations de besoins réalisées par le Cluster chargé de la protection et sur sa présence dans les communautés, l’OIM œuvre en collaboration avec la Police des Nations Unies (UNPOL) en vue de renforcer la capacité des forces de sécurité, de sensibiliser  les communautés sur ces sujets et de fournir une aide directe aux survivants et aux individus à risque. Les projets sont financés par les gouvernements du Canada et de l’Allemagne.

Un manuel de renforcement des capacités pour la ‘formation de formateurs’ a été développé pour les responsables du maintien de l’ordre sur comment gérer les cas de violences contre les femmes. Il a été élaboré en collaboration avec un groupe de travail comprenant le Ministère de la sécurité publique, le Ministère de la justice, la police nationale et la gendarmerie, les acteurs de la société civile et les principaux acteurs du sous-cluster chargé des violences sexuelles et sexistes.

Le manuel de formation donne à la police et à la gendarmerie les outils pour adopter une approche centrée sur la survivante dans leurs enquêtes. Il informe également les forces de sécurité sur le besoin de sensibilité, de confidentialité, de non-discrimination et de respect des droits, de la dignité et des souhaits des survivantes de violences faites aux femmes.

A l’aide du manuel de formation, l’OIM a dispensé deux formations de formateurs, d’abord pour les officiers de l’UNPOL, puis pour 45 officiers de police et de gendarmerie, en vue d’améliorer la réponse et la gestion des cas de violences contre les femmes. Les officiers formés doivent maintenant à leur tour déployer la formation au sein des forces de sécurité à travers tout le pays.

L’OIM travaillera avec l’UNPOL pour former les responsables des secteurs de la justice et de la sécurité à l’identification des cas de traite le long des frontières du pays. Les formations sont destinées à renforcer le système actuel de renvoi entre la police nationale et la gendarmerie d’un côté, et entre les acteurs humanitaires œuvrant auprès des victimes de violences sexuelles et sexistes et les victimes de traite, de l’autre.

En plus de former les forces de sécurité, l’OIM a collaboré avec les maires de cinq districts de Bangui (3ème, 4ème, 5ème, Bimbo et Bégoua), ainsi qu’avec les communautés de déplacés, en vue d’identifier 100 éducateurs à former à la sensibilisation aux violences sexistes au niveau communautaire. La formation de 4 semaines était destinée à développer un mécanisme communautaire d’éducateurs pour sensibiliser la population aux violences faites aux femmes.

L’OIM a également fourni une aide directe aux familles à risque identifiées dans les communautés connues pour leur forte prévalence de violences contre les femmes en distribuant des kits ménagers et en installant 50 lampadaires de rue fonctionnant à l’énergie solaire. Les membres de la communauté sont responsables d’une ou plusieurs lampes solaires dans le quartier de leur habitation.

L’OIM continuera de protéger les déplacés internes en RCA grâce à un nouveau projet financé par le gouvernement allemand lancé ce mois-ci et conçu pour renforcer les connaissances nationales et les capacités de réponse afin de lutter contre la traite et d’autres formes d’exploitation des migrants vulnérables, des déplacés internes et des communautés d’accueil touchées par la crise.

Le projet permettra de réactiver, d’ajuster et de renforcer les mécanismes déjà existants pour lutter contre le phénomène de traite et contre d’autres pratiques d’exploitation ciblant les migrants vulnérables, les déplacés internes et les communautés à risque. En outre, il permettra de former les responsables de la justice et de la sécurité et de fournir une aide directe aux victimes de traite identifiées.

« La formation à la prévention des violences contre les femmes dispensée à nos jeunes renforcera la cohésion sociale dans nos communautés et contribuera à terme à la reconstruction du pays », a déclaré Atahirou Bala Dodo, Maire du 3ème district de Bangui.

Pour plus d’informations, veuillez contacter Clément Hamon, OIM RCA, Tel+236 75116042, Email: chamon@iom.int