L’OIM soulève des inquiétudes pour la protection des migrants au Yémen qui avoisinent les 150 000 en 2018

Posted: 
12/04/18
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Migration Research

Genève/Djibouti - La Matrice de suivi des déplacements (DTM) de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) prévoit une augmentation de 50 pour cent du nombre d’arrivées au Yémen par rapport à 2017, avec près de 150 000 migrants attendus dans le pays en 2018, et ce, en dépit du conflit qui sévit actuellement au Yémen et des périples meurtriers qu’ils entreprennent le long d’itinéraires migratoires à travers la corne de l’Afrique et la Mer Rouge. 

L’OIM reconnaît les défis auxquels sont confrontés les Etats de la région en matière de protection et de réponse à cette situation humanitaire désastreuse. C’est pourquoi demain, 5 décembre, l’OIM rassemblera sept pays - Djibouti, l’Ethiopie, l’Egypte, le royaume d’Arabie saoudite, le Koweït, la Somalie et le Yémen - pour une conférence à Djibouti intitulée : Drawing on Peace Dividends in the Horn of Africa to Ensure Urgent Enhancements in the Management of Migratory Flows to Yemen and the Gulf Countries.

En juillet, l’OIM et d’autres partenaires des Nations Unies et ONG ont lancé le Regional Migrant Response Plan for the Horn of Africa and Yemen, une stratégie multipartenaire de trois ans visant à répondre aux besoins humanitaires et à ceux du développement, adaptée à ce couloir migratoire.

Situé à la croisée de deux continents, le Yémen est historiquement un pays d’origine, de transit et de destination pour les migrants. Aujourd’hui, environ 92 pour cent de ses immigrants sont des ressortissants éthiopiens, les huit pour cent restant étant des Somaliens. En 2017, quelque 100 000 migrants étaient arrivés au Yémen.

Les migrants qui arrivent au Yémen voyagent d’abord par la route, principalement par Djibouti, puis entreprennent un dangereux périple par bateau à travers le Golfe d’Aden en direction du Yémen, aujourd’hui l’un des itinéraires migratoires maritimes les plus empruntés du monde. Un nombre plus faible d’entre eux partent des côtes somaliennes.

Ces deux itinéraires sont aussi ceux qui voient traverser le plus de « jeunes », puisque les mineurs représentent environ 20 pour cent des migrants. Bon nombre sont non accompagnés.

La montée en flèche du nombre de migrants arrivant au Yémen dépasse le nombre d’arrivées en Europe via la Mer Méditerranée (107 216 arrivées à ce jour).

« Ces migrants rêvent d’une vie meilleure pour eux et pour leur famille, ils cherchent du travail, une sécurité et de nouvelles possibilités, et la plupart d’entre eux sont trop jeunes pour comprendre les difficultés qui les attendent », a déclaré Mohammed Abdiker, Directeur des opérations d’urgence de l’OIM. « Au lieu de cela, ils sont confrontés au danger et à la violence en chemin, y compris à la traite des êtres humains. La plupart de ceux qui arrivent jusqu’au Yémen se retrouvent pris dans le conflit et sont encore davantage exposés à la violence et au danger. »

La conférence Drawing on Peace Dividends favorisera le dialogue entre l’OIM, ses partenaires humanitaires et les représentants des sept pays.

A l’issue du débat, l’OIM espère que ces Etats prendront des mesures concrètes pour renforcer l’aide humanitaire immédiate en vue de protéger les migrants ; remédier aux causes profondes de la migration dangereuse ; et encourager des mécanismes juridiques plus solides pour la migration tout en offrant des possibilités aux populations de migrants en transit ainsi qu’aux pays d’origine et aux communautés d’accueil.

Dans son discours de bienvenue, le Directeur général de l’OIM, António Vitorino, a déclaré : « nous sommes ici aujourd’hui pour mettre en place des mesures visant à protéger les personnes en mouvement, prévenir de futures pertes et remédier aux causes profondes et aux moteurs de la migration irrégulière dans la région. La migration effectuée de manière ordonnée, en toute sécurité et dans la dignité n’est pas possible sans la recherche de la paix durable et du développement dans les pays d’origine, de transit et de destination des migrants. »

« Je vous invite tous à entamer des discussions constructives destinées à répondre aux besoins humanitaires et aux besoins immédiats de protection des migrants et des communautés d’accueil », a ajouté le DG Vitorino.

Ce dernier a exhorté les participants à ne pas perdre de vue en 2019 les dangers auxquels font face les migrants le long de cet itinéraire. Depuis début 2014, le Projet de l’OIM sur les migrants disparus a enregistré plus de 700 décès dans le Golfe d’Aden. 

La conférence est généreusement financée par Djibouti et le King Salam Humanitarian Aid and Relief Centre. 

Les récentes données de l’OIM sont issues de l’évaluation des points de contrôle du flux de la DTM en Somalie, à Djibouti et au Yémen. 

Pour plus d’informations, veuillez contacter Angela Wells, siège de l’OIM à Genève, Tel : +41 7940 35365, Email : awells@iom.int

  • Madina, an Ethiopian migrant, is one of the hundreds of thousands who travel within the Horn of Africa and the Gulf regions every year to find better opportunities. Photo: IOM/Muse Mohammed.