L’OIM soutient les mesures de prévention du virus Ebola à travers l’Afrique de l’Est et renforce son action en République démocratique du Congo

Posted: 
10/12/18
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Migration Health

Kinshasa - Le 1er août, la dixième épidémie d’Ebola en 40 ans a été déclarée en République démocratique du Congo (RDC). L’OIM, l’organisme des Nations Unies chargée des migrations, s’est immédiatement jointe à l’action menée par le gouvernement pour faire face à l’épidémie en RDC et a commencé à évaluer et à accélérer le soutien dans les pays voisins. 

Les provinces touchées du Nord-Kivu et d’Ituri partagent des frontières maritimes et terrestres avec le Burundi, le Soudan du Sud, le Rwanda et l’Ouganda. Ces frontières sont des zones à forte mobilité de population avec des personnes qui traversent régulièrement la frontière dans les deux sens entre chaque pays. En date du 1er mars 2018, 735 000 réfugiés congolais résident en Afrique subsaharienne, d’après le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. L’OIM adopte une approche régionale à ses efforts de prévention et d’endiguement de l’Ebola, en partenariat avec l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et les gouvernements concernés.

Lors de l’épidémie d’Ebola 2013-2016 en Afrique de l’Ouest, l’OIM a élaboré un Cadre de gestion de la santé, des frontières et de la mobilité à utiliser dans les endroits où le risque de transmission de la maladie est élevé entre les migrants et les communautés sédentaires. Le Cadre permet aux gouvernements et aux communautés de prévenir, détecter et combattre les menaces sanitaires dans les lieux d’origine, de transit, de destination et de retour. 

Au titre du Cadre, l’intervention de l’OIM contre l’épidémie d’Ebola est centrée sur la gestion de la mobilité et des frontières (RDC, Ouganda, Soudan du Sud et Burundi) ; sur la collecte de données, la cartographie et le partage des risques (RDC, Ouganda, Soudan du Sud) ; sur la surveillance sanitaire aux points d’entrée (RDC et Soudan du Sud) ; sur l’élaboration de modes opératoires standard, de manuels, de programmes et de plans d’urgences (RDC et Burundi) ; et sur l’aide à la coordination transfrontalière (RDC, Ouganda et Burundi). 

En RDC, l’OIM réalise des dépistages, fait la promotion de l’hygiène et communique sur les risques dans 44 points d’entrée. Plus de 200 employés chargés de la santé aux frontières ont également reçu une formation à la surveillance et au traitement des maladies dispensée par l’OIM, l’Organisation mondiale de la Santé et le Ministère de la santé. 

Début octobre (02-04/10), l’OIM s’est jointe aux partenaires et aux délégués de RDC et des Etats partenaires de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) afin de mettre au point une stratégie régionale commune visant à renforcer la surveillance transfrontalière, la préparation aux urgences et la réponse aux épidémies. Ainsi, les délégués ont préparé un nouveau cadre pour contrôler et évaluer les plans d’action pour la surveillance des maladies aux frontières. 

Lors de la réunion, le Dr. Michael J. Katende, responsable par intérim du Département de la santé au Secrétariat de la CAE, a souligné « la nécessité pour nous tous de travailler main dans la main pour garantir le partage d’informations, le renforcement de la surveillance communautaire et la cartographie des frontières poreuses. » 

Au Burundi, l’OIM aide l’équipe spéciale nationale contre l’Ebola en fournissant un soutien technique au gouvernement du Burundi et en réexaminant les plans d’urgence nationaux relatifs à l’épidémie. L’OIM met également en œuvre un projet de santé et de gestion humanitaire des frontières entre le Burundi et la RDC qui consistera à former les responsables de la santé, à fournir des équipements de surveillance sanitaire de base et à développer des modes opératoires standard communs. 

Au Soudan du Sud, l’OIM a déployé des équipes composées d’experts de la santé, du suivi du déplacement et des services d’eau, d’assainissement et d’hygiène à ses frontières avec la RDC et l’Ouganda. Ces derniers ont établi quatre points de contrôle sanitaire - Okaba, Kaya et deux à Yei - et prévoient d’en installer quatre autres dans le cadre des mesures de prévention actuellement mises en œuvre dans le pays. 

Depuis le début des opérations au Soudan du Sud le 18 septembre, l’OIM a examiné 5 063 personnes, dont aucun cas suspect ou confirmé. L’OIM a déployé l’outil de contrôle du flux de sa Matrice de suivi des déplacements (DTM) aux points de contrôle afin d’informer sur les tendances générales de la migration, notamment sur le nombre de personnes traversant la frontière à ces points et sur les lieux de départ et de destination. L’OIM contribue également aux efforts de diffusion de messages sur la prévention et la détection de l’Ebola auprès des communautés le long de la frontière. Les efforts de préparation de l’OIM contre l’Ebola au Soudan du Sud sont financés par l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID). 

En Ouganda, l’OIM a formé 45 membres des autorités de l’immigration des districts et du Bureau du Premier ministre au Cadre sur la santé et la gestion de la mobilité et des frontières. L’OIM effectue une surveillance de 21 jours auprès de réfugiés dont la réinstallation a été confirmée et établit dix points de contrôle du flux dans les principales zones frontalières qui fourniront des informations cruciales sur la mobilité transfrontalière. 

Désireuse d’aller de l’avant, l’OIM continuera de fournir un soutien aux pays concernés pour faire face à l’épidémie et pour renforcer la préparation afin de prévenir et de réduire les urgences de santé publique sources d’inquiétude pour la communauté internationale. 

Pour plus d’informations, veuillez contacter
Bureau régional à Nairobi : Kenneth Odiwuor, Tel : +254722560363, Email : kodiwuor@iom.int
Bureau régional à Pretoria : Abibo Ngandu, Tel : +27712449291, Email : angandu@iom.int
Soudan du Sud : Olivia Headon, Tel : +211912379843, Email : oheadon@iom.int

  • IOM establishes health screening points on South Sudan’s borders. Photo: IOM 2018