Naissance spéciale : un couple de Libériens rebrousse chemin d’un dangereux périple vers l’Europe et devient parent

Posted: 
02/08/19
Themes: 
Migrant Assistance

Ouagadougou - Si les choses s’étaient passées différemment, le petit Siaka* aurait pu naître en Espagne ou en France. Ou au Mali. Ou en Algérie. Ou même en pleine mer. Ce sont tous des lieux de naissance plausibles du premier enfant d’un jeune couple libérien qui avait quitté le Libéria en décembre 2017 pour tenter la dangereuse traversée de l’Afrique avec le rêve d’arriver en Europe. 

Le petit Siaka est arrivée dans ce monde mi-janvier dans un centre de transit géré par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. « C’est mon premier enfant. Je suis si soulagée que tout se soit bien passé pendant l’accouchement », confie Aminata*, tenant son fils dans ses bras. 

Elle n’aurait jamais pensé être de nouveau si heureuse après son périple interminable et traumatisant à travers l’Afrique de l’Ouest. 

Le Burkina Faso est un pays de transit clé en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. Ces deux dernières années, l’OIM a observé que près d’un point de contrôle du flux de l’OIM sur cinq dans la région se trouvait au Burkina Faso. 

En outre, le personnel de l’OIM a identifié 29 nationalités parmi les 4 500 migrants interrogés qui ont traversé le pays en 2018. Les Ivoiriens (32%), les Nigérians (24%)et les Maliens (16%) représentaient près des deux tiers des migrants. 

Aminata a quitté le Libéria avec son mari en décembre 2017. Leur rêve était d’atteindre l’Algérie et d’y travailler. Des amis leur ont dit que s’ils le souhaitaient et s’ils avaient de la chance, ils pourraient même atteindre l’Europe. 

Mais une fois arrivés au Mali, les choses ne se sont pas passées comme prévu. Les passeurs qui leur avaient promis un passage sûr ont disparu dans la nature. Aminata et son mari se sont retrouvés bloqués dans un pays étranger, ne connaissant personne et ne parlant pas la langue. Ils ont alors entrepris de retourner au Libéria via le Burkina Faso. 

« J’étais malade, sans argent et je voulais désespérément rentrer chez moi. Un fonctionnaire de l’OIM que j’ai rencontré à l’arrêt de bus à Ouagadougou m’a conseillé de demander l’aide de l’OIM. Quelques jours plus tard, j’ai découvert que j’étais enceinte », se souvient la jeune mère. 

« Lorsqu’elle est arrivée à Ouagadougou, Aminata était malade et elle ne pouvait pas voyager », explique le médecin de l’OIM qui l’a prise en charge dans une clinique locale de la capitale burkinabé. Lorsqu’elle sera déclarée apte à voyager, la mission de l’OIM au Libéria la prendra en charge en lui proposant une aide à la réintégration sur mesure. 

En 2018, L’OIM au Burkina Faso a fourni un abri à 205 migrants bloqués principalement originaires du Libéria, de Guinée et du Mali. Ces migrants ont été aiguillés vers l’OIM via les points de contrôle du flux, vers des institutions gouvernementales comme « action sociale », la police, d’autres organismes des Nations Unies, des ONG et des ambassades. 

En 2018, 138 migrants ont décidé d’opter pour le retour volontaire et l’aide à la réintégration dans leur pays d’origine. Quatre des 205 migrants ont été orientés vers l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) pour des mesures de protection supplémentaires. 

L’aide fournie aux migrants bloqués est financée par l’Initiative conjointe UE-OIM pour la protection et la réintégration des migrations, elle-même financée par le Fonds fiduciaire de l’UE pour l’Afrique et mise en œuvre par l’OIM et le gouvernement du Burkina Faso. 

« Maintenant, je veux rentrer chez moi au Libéria et laisser cette histoire difficile derrière moi. Je veux retrouver ma famille et construire mon avenir là-bas », a conclu Aminata. 

*Les noms ont été changés. 

Pour plus d’informations, veuillez contacter Andreas de Boer, OIM Burkina Faso, email : adeboer@iom.int ou Florence Kim, Bureau régional de l’OIM pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale à Dakar, Tel : +221786206213 ; Email : fkim@iom.int

  • Aminata tient son fils dans ses bras dans le centre de ressources et d’aide pour migrants de l’OIM pour les migrants bloqués à Ouagadougou. Photo : OIM