OIM : La COVID-19 entraîne une baisse de 73% des migrations de la Corne de l'Afrique vers les pays du Golfe

Posted: 
02/23/21
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IOM

Addis-Abeba - De nouvelles données publiées par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) cette semaine confirment une baisse de près de trois quarts des migrations des régions de l'Est et de la Corne de l'Afrique vers les pays du Conseil du Golfe au cours de l'année 2020.

Lors de la deuxième conférence scientifique sur la migration et le déplacement, organisée par l'OIM en coopération avec l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), qui regroupe huit pays, et la Société allemande de coopération internationale (GIZ), une nouvelle étude a constaté que la COVID-19 a entraîné une baisse de 73 pour cent des migrants de la Corne de l'Afrique se rendant dans les pays du Golfe via le Yémen.

Ces résultats sont significatifs, notamment parce que la migration africaine vers le Golfe d'Arabie via le Yémen était élevée au cours des quatre dernières années - malgré les risques en matière de sécurité au Yémen, pays que les migrants de la région doivent traverser pour atteindre le Royaume d'Arabie saoudite et d’autres pays. Malgré une diminution des arrivées en 2020 - due en partie aux restrictions liées à la COVID-19 - les risques se sont accrus avec l'augmentation de la détention, de l'exploitation et des transferts forcés.

Les données publiées par l'OIM montrent que le nombre de migrants passant par le Yémen en provenance de la Corne de l'Afrique est passé de 138 213 en 2019 à 37 537 en 2020. Les retours forcés en provenance du Royaume d'Arabie saoudite ont également diminué de manière significative, passant de près de 121 000 migrants éthiopiens en 2019 à 37 000 en 2020.

L'OIM rencontre ici cette semaine des leaders d'opinion, des chercheurs universitaires, des décideurs politiques et des partenaires du développement pour discuter de l'impact immédiat et à long terme de la COVID-19 sur les pays de la région de l'IGAD. 

L'OIM travaille également avec les pays de l'IGAD pour développer et mettre en œuvre des approches régionales intégrées afin de répondre aux besoins des migrants et d’autres groupes mobiles vulnérables. L'objectif est également de tirer parti des avantages de la migration et de réduire les effets négatifs de la COVID-19, alors que les nations de la région subissent l'impact économique de la pandémie. Des millions d'emplois ont été perdus, des entreprises ont fermé et les envois de fonds des travailleurs migrants à l'étranger, qui font vivre des millions de personnes dans la région, ont diminué.

La Banque mondiale prévoit que les envois de fonds en pleine COVID-19 vers les pays à faibles et moyens revenus diminueront d'environ 14 pour cent d'ici 2021par rapport aux niveaux antérieurs à la COVID-19. Cela devrait avoir de graves répercussions financières et sociales sur les pays de l'IGAD, notamment une pauvreté accrue et une réduction de l'accès aux services de base tels que les soins de santé et l'éducation.  

Les migrants, y compris les déplacés internes et les réfugiés dans la région, ne peuvent pas non plus accéder aux traitements médicaux contre la COVID-19 et aux équipements de protection individuelle. Ils sont également exposés à la discrimination, à la stigmatisation et à la xénophobie.

En outre, la fermeture des frontières due à la COVID-19, qui a bloqué des milliers de travailleurs, a permis aux passeurs d’exploiter de nombreux travailleurs des pays de l'IGAD lorsqu'ils ont tenté de rentrer chez eux. En septembre 2020, quelque 3 000 migrants étaient bloqués en Afrique de l'Est et dans la Corne de l'Afrique, en plus des dizaines de milliers d'autres migrants de la région bloqués au Yémen.

« Alors que le monde, y compris notre région de l'IGAD, est aux prises avec les effets dévastateurs de la pandémie de COVID-19, il est en effet opportun et approprié de réexaminer la mobilité humaine, en particulier dans le contexte de la COVID-19 », a déclaré Workeneh Gebeyehu, secrétaire exécutif de l'IGAD.

« Nous devons concevoir des politiques et des programmes fondés sur des données probantes. J'espère que cette conférence contribuera à élargir la base de données factuelles des avantages de la migration, à promouvoir un discours africain sur la migration et à mettre en lumière les bonnes pratiques qui peuvent aider les décideurs politiques et les praticiens à mieux gérer les migrations », a ajouté Mohammed Abdiker, Directeur régional de l'OIM pour l'Afrique de l'Est et la Corne de l'Afrique.

La conférence a reçu le soutien financier de l'Initiative conjointe Union européenne (UE)-OIM. Le Centre régional de données de l'OIM pour l'Afrique de l'Est et la Corne de l'Afrique (RDH EHoA) apporte un soutien technique à l'organisation de cet événement et a présenté deux contributions de l'OIM. Créé début 2018, le RDH EHoA vise à appuyer le débat sur la migration fondé sur des données probantes, au niveau stratégique et politique, grâce à un ensemble d'initiatives.

La conférence s’achève le 24 février.

Pour plus d'informations, veuillez contacter Kenneth Odiwuor, Bureau régional pour l'Afrique de l'Est et la Corne de l'Afrique, Tél : +254722560363, Email : Kodiwuor@iom.int