OIM : un sondage montre que les femmes déplacées en Ukraine cherchent désespérément du travail

Posted: 
07/30/19
Themes: 
Internally Displaced Persons, Labour Migration

Kiev - Dans la sixième année de conflit et de déplacement interne en Ukraine, la situation de l’emploi de ceux qui ont fui leur maison s’est légèrement améliorée. Toutefois, les femmes déplacées sont confrontées à des difficultés particulières lorsqu’elles cherchent un emploi.

L’OIM évalue les besoins des déplacés internes en Ukraine avec l’aide de son outil mondial, la Matrice de suivi des déplacements (DTM), depuis mars 2016. Le dernier sondage de l’OIM a été mené à bien avec le financement du Bureau de la population, des réfugiés et des migrations (PRM)* du Département d’Etat américain.

Les résultats ont été présentés aujourd’hui (30 juillet), à Kiev, en coopération avec le Ministère des territoires temporairement occupés et des déplacés internes et le Ministère de la politique sociale d’Ukraine.

Comme l’a révélé le dernier sondage de l’OIM, parmi ces déplacés internes qui recherchent activement un emploi, 21 pour cent sont des hommes et 79 pour cent sont des femmes.

La part de déplacés internes employés est actuellement de 48 pour cent, soit une hausse de quatre points de pourcentage depuis la fin de l’année dernière. Parmi la population totale d’Ukraine âgée de 15 à 70 ans, le niveau d’emploi est considérablement plus élevé, se situant autour des 57 pour cent.

« Je constate que les employeurs refusent de m’embaucher non seulement parce que je suis une déplacée interne mais aussi parce que je suis une femme avec deux enfants en bas âge », a déclaré une femme déplacée de 40 ans interrogée par l’OIM. « Je spécifie toujours que leur grand-mère peut aider si l’un d’eux tombe malade et que je n’aurai pas besoin de prendre un congé mais je vois que cet argument ne convainc pas les employeurs. »

Une autre femme a expliqué qu’il lui est difficile de trouver du travail en raison de son âge. Même si je n’avais que 50 ans quand j’ai été déplacée », a-t-elle déclaré, « je n’ai été convoquée pour aucun entretien d’embauche toutes ces années. »

Parmi ces déplacés internes qui cherchent activement un emploi (environ 6%), plus d’un tiers sont employés depuis plus d’un an, dont certains depuis quatre ans. Dans le même temps, 13 pour cent n’avaient pas d’emploi depuis plus de quatre ans.

Bien que l’OIM continue régulièrement à mettre à jour et à analyser les données ventilées sur la situation des déplacés internes, elle fournit également une aide directe aux personnes touchées par le conflit. « Depuis 2014, l’OIM a aidé plus de 422 000 déplacés vulnérables et personnes touchées par le conflit en Ukraine, les femmes représentant 46 pour cent et les enfants 24 pour cent des bénéficiaires », a déclaré Hazim Torlic, responsable de l’OIM en Ukraine.

« L’OIM a octroyé des subventions à plus de 5 000 femmes déplacées et touchées par le conflit pour la création de microentreprises, l’entreprenariat et la formation professionnelle », a-t-il ajouté.

Fin juillet, le Plan de réponse humanitaire de 162 millions de dollars, préparé par les partenaires humanitaires pour cette année pour l’Ukraine, n’est financé qu’à haute de 28 pour cent. Environ 1,4 million de déplacés internes sont officiellement enregistrés à travers l’Ukraine. D’après les données de l’OIM, le revenu annuel moyen pour le membre d’un foyer déplacé est de 2 667 hryvnias (environ 100 dollars), bien moins que la moyenne nationale ukrainienne de 4 696 hryvnias (environ 180 dollars).

*Ce dernier sondage a été réalisé entre janvier et mars 2019. Au total, 2 402 personnes ont été interrogées en face à face et 4 028 par téléphone.

Téléchargez le rapport en anglais.  

Pour plus d’informations, veuillez contacter Varvara Zhluktenko, OIM Ukraine, Tel. +38 044 568 50 15, +38 067 447 97 92, email : vzhluktenko@iom.int

  • Viktoriia, pneumologue de profession, n’a jamais eu moins de quatre emplois en même temps pendant ses années de déplacement car elle n’arrivait pas à joindre les deux bouts. L’an dernier, elle a ouvert un cabinet à Kiev, la capitale de l’Ukraine, et a reçu les équipements médicaux nécessaires grâce à la subvention de l’OIM. Photo : OIM