Plus de 1 500 dirigeants sénégalais et gambiens s’engagent dans la lutte contre la COVID-19 dans les communautés frontalières

Posted: 
04/14/20
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COVID-19

 

Banjul - La pandémie de COVID-19 touche 52 pays africains au total, dont 23 en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. Même si le virus a atteint le continent plus lentement - par rapport à l’Europe - l’infection se propage rapidement depuis ces dernières semaines.

Avec 284 cas confirmés de COVID-19 en Gambie et au Sénégal, les communautés frontalières sont en première ligne de la lutte contre la pandémie. Pour contenir l’épidémie, les deux gouvernements ont, depuis le 23 mars, restreint les déplacements à travers les frontières.

La région compte trois postes-frontières qui enregistrent en moyenne jusqu’à 950 passages par mois. Sabi, où se trouve l’un des postes-frontières, est une ville où convergent les commerçants transfrontaliers de Guinée, de Guinée-Bissau, du Mali et du Sénégal.

Le Sénégal et la Gambie partagent une longue histoire de commerce transfrontalier dynamique le long des 749 km de frontières terrestres qu’ils ont en commun. Dans certaines communautés transfrontalières, la COVID-19 façonne déjà la manière dont les habitants perçoivent l’hygiène et les pratiques sanitaires.

« Nous avons entendu parlé de la COVID-19 pour la première fois à la radio et nous comprenons maintenant l’importance de bonnes pratiques de lavage des mains », se rappelle un dirigeant communautaire dans la ville de Kulinto Mawundeh, qui se trouve à moins d’un kilomètre de Kukandi, au Sénégal.

Dans ce contexte, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a établi un partenariat avec le Ministère de la santé, la Société gambienne de la Croix-Rouge et d’autres partenaires nationaux pour lancer, en avril, une campagne de sensibilisation à la COVID-19, qui vise à faire participer plus de 1 500 dirigeants communautaires dans quelque 120 communautés frontalières.

« Nous ne savons pas quand les mouvements reprendront aux frontières mais nous devons commencer à préparer ces communautés », a expliqué Stephen Matete, responsable de l’Unité de la gestion de l’immigration et des frontières de l’OIM en Gambie. « Il pourrait encore y avoir un certain degré de mobilité à des points de passage non-officiels nécessitant une sensibilisation et une coopération renforcées entre les responsables et les communautés afin de réduire la propagation de la maladie. »

A ce jour, 59 bénévoles ont été mobilisés dans 21 communautés frontalières pour organiser des débats sur la nature de la COVID-19, les signes et symptômes courants, les mesures clés pour prévenir la transmission, les mécanismes de recherche d’aide et les problèmes de stigmatisation et de discrimination.

Par exemple, dans la région gambienne du Nil supérieur, où un cas positif a été confirmé, la campagne est menée à bien par des bénévoles formés qui font participer des figures communautaires influentes - chefs de villages, dirigeants religieux, responsables des frontières, femmes et jeunes - pour sensibiliser à la COVID-19.

« Les dirigeants avec qui nous travaillons ont une influence considérable. A travers cette campagne, nous les encourageons à diffuser des informations correctes au reste des communautés frontalières, en particulier aux populations mobiles », a déclaré Stephen Matete.

La campagne de participation communautaire sera prochainement reproduite dans la région de North Bank, qui abrite le point de passage frontalier le plus chargé pour le transit entre Banjul et Dakar, et dans toutes les autres régions dans les semaines à venir.

« Pendant l’épidémie d’Ebola, les agents de la santé et de l’immigration ont travaillé main dans la main pour dépister toutes les personnes traversant la frontière. Notre partenariat doit être tout aussi solide maintenant », a déclaré un agent d’immigration.

Cette campagne a été rendue possible grâce au soutien du gouvernement japonais, par lequel l’OIM a également aidé à distribuer des équipements de protection individuelle (EPI), des fournitures médicales et des articles d’hygiène au Département gambien de l’immigration.

Pour plus d’informations, veuillez contacter Moi Alazas, OIM Gambie, Tel. +220 330 3168, email : aalazas@iom.int

Pour plus d’informations sur la réponse régionale, veuillez contacter Florence Kim, Bureau régional de l’OIM pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, Tel. +221 78 620 62 13, email : fkim@iom.int

  • The Upper River Region is a busy transit point for migrants coming from and going to Guinea, Guinea-Bissau, Mali and Senegal. Photo: IOM 

  • The weekly market in Dingiri is officially closed to Senegalese traders. Photo: IOM 

  • Women in Kulinto Mawundeh learn about proper handwashing practices. Photo: IOM