Protéger de la traite les enfants et jeunes vulnérables en Ukraine

Posted: 
04/26/19
Themes: 
Migration and Youth

Kiev - Hanna* vivait avec sa grand-mère et sa sœur cadette avec de très faibles revenus. Après avoir terminé sa première année d’étude dans une école professionnelle, Hanna a appris qu’elle souffrait d’une maladie grave des yeux et a décidé de gagner sa vie pour financer elle-même son traitement. L’école de mannequinat de sa ville lui a proposé un emploi en Chine mais lorsqu’elle est arrivée là-bas, elle a été forcée à travailler dans une boite de nuit où elle a échappé de justesse à l’exploitation sexuelle. 

Elle a été secourue par les forces de l’ordre deux mois après être arrivée en Chine et a reçu un traitement médical et une aide psychosociale de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) à son retour en Ukraine fin 2018. 

Les jeunes vulnérables comme Hanna, 17 ans, sont fortement exposés au risque de traite d’êtres humains. L’OIM effectue régulièrement des sondages sur la sensibilisation à la traite au sein de la population générale et des groupes vulnérables dans le cadre de ses efforts de prévention en Ukraine. Le dernier sondage en date, réalisé avec le financement d’Affaires mondiales Canada, a été présenté cette semaine à Kiev, la capitale. 

« La plupart des enfants et des jeunes vulnérables en Ukraine sont de plus en plus sensibilisés aux dangers de la traite d’êtres humains », a déclaré, mercredi, Anh Nguyen, chef de mission de l’OIM par intérim en Ukraine. 

« Ces trois dernières années, la proportion de personnes connaissant au moins un type d’esclavage moderne est passée de 79 à 85 pour cent. Toutefois, influencés par leur environnement social, 66 pour cent des enfants et jeunes vulnérables âgés de 13 à 20 ans sont encore prêts à accepter au moins une proposition qui pourrait les conduire à une situation de traite. » 

Parmi les personnes interrogées par l’OIM se trouvaient des orphelins à risque confiés à des familles d’accueil ou à l’Etat, ainsi que des jeunes et enfants sans domicile en conflit avec la loi. Le sondage comprenait également des personnes déplacées par le conflit et des enfants de migrants de main-d’œuvre. 

Parmi les personnes interrogées, 96 pour cent des jeunes âgés de 14 à 20 ans détenus dans des pénitenciers ont déclaré être prêts à accepter au moins une proposition conduisant à une situation de traite. Un taux similaire est ressorti des enfants enregistrés dans des centres de mise à l’épreuve pour mineurs (86 pour cent) et des enfants sans domicile (81 pour cent). Ils accepteraient entre autres de travailler sans contrat dans une région inconnue, d’exercer un travail bien rémunéré suspicieux ou illégal, de se rendre chez un inconnu ou de monter à bord de son véhicule ou d’emprunter une importante somme d’argent. 

L’an dernier, l’OIM en Ukraine a identifié et aidé 86 enfants ayant été confrontés au travail forcé ou à l’exploitation sexuelle, à la mendicité forcée et à l’exploitation dans des activités criminelles. Elle a également identifié des enfants vulnérables ayant eu une vie difficile qui étaient fortement exposés au risque de traite. Le nombre d’enfants aidés a plus que doublé depuis 2017. 

« Cette augmentation du nombre d’enfants identifiés est le résultat d’efforts ciblés et du renforcement des capacités des organismes gouvernementaux et non gouvernementaux afin d’identifier et d’aider ces enfants. Il est important de poursuivre notre travail systématique ciblé sur la prévention de la traite au sein des groupes vulnérables et chez les enfants et jeunes ukrainiens », a déclaré Anh Nguyen de l’OIM. 

*Nom changé pour la protection de la vie privée. 

Pour plus d’informations, veuillez contacter Varvara Zhluktenko, OIM Ukraine, Email : vzhluktenko@iom.int, Tel : +38 044 568 5015, +38 067 447 97 92

Visionnez cette vidéo pour voir comment l’OIM travaille sur la prévention de la traite des enfants et des jeunes ukrainiens vulnérables.

  • L’OIM cible les enfants et les jeunes ukrainiens dans le cadre d’activités de lutte contre la traite, notamment par le biais d’installations publiques. Photo : OIM/Anna Markel