Renforcer les systèmes d’identification des victimes de traite au Mali

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03/01/19

Bamako - De récents rapports révèlent un nombre inquiétant de victimes de traite parmi les migrants présents au Mali, principalement originaires d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale, en particulier les femmes nigérianes qui sont souvent exploitées sexuellement dans les zones minières. 

Pour mieux aider les plus vulnérables et identifier ces victimes de traite ainsi que les trafiquants au Mali, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a organisé, en partenariat avec le gouvernement du Mali, une formation de quatre jours, du 25 au 28 février, à Bamako, pour plus d’une vingtaine de futurs formateurs. 

Financé par le Département britannique pour le développement international (DFID), l’atelier comprenait la formation des agents du maintien de l’ordre (police aux frontières, brigade des mœurs et gendarmerie nationale) présents dans les gares, les aéroports, aux postes-frontières et à l’enregistrement des migrants. 

Les agents du maintien de l’ordre sont souvent les premiers que les victimes rencontrent lorsqu’elles entrent dans un pays et il est essentiel de renforcer leur capacité à identifier ces personnes le plus tôt possible et à les orienter vers les structures appropriées si nécessaire. 

« Dans le cadre de ce projet, l’une des priorités de l’OIM est de fournir une aide appropriée aux migrants en transit et en particulier à ceux qui se trouvent en situation de vulnérabilité bloqués le long de la Méditerranée centrale », a déclaré David Coomber, chef de mission par intérim de l’OIM au Mali. 

L’aide fournie est multidimensionnelle et suit un mécanisme d’orientation impliquant le gouvernement malien et les acteurs de la protection qui fournissent des abris, des kits d’hygiène (vêtements, chaussures, moustiquaires, etc), une aide alimentaire et un soutien médical et psychosocial. 

Compte tenu de sa position stratégique en Afrique de l’Ouest, le Mali est un pays de transit pour des milliers de migrants de la sous-région qui souhaitent se rendre en Afrique du Nord ou en Europe. Les données recueillies par les points de suivi des flux entre le 1er juillet 2016 et le 31 janvier 2019 ont révélé que plus de 160 000 migrants (dont 110 000 migrants sortants) ont été recensés au Mali. 

« Cette formation a amélioré nos connaissances du cadre juridique de lutte contre la traite des personnes et a renforcé l’identification des victimes de traite, afin de leur fournir la protection et l’aide nécessaires pour restaurer leur dignité humaine », a déclaré Tidiane Mallé, chef de la Police judiciaire de Diboli. « Nous avons également appris comment identifier les auteurs de ces crimes et avons désormais les moyens de les poursuivre », ajoute-t-il. 

Les participants ayant obtenu les meilleures notes aux examens finaux de la formation dispenseront une formation avancée sur ce sujet à leurs collègues dans leurs régions respectives (Kayes à l’ouest, Gao au nord et le district de Bamako au sud du pays). 

Pour s’assurer qu’une protection et une aide soient fournies aux migrants en transit qui sont les plus exposés à la traite le long de l’itinéraire de la Méditerranée centrale, le DFID, en collaboration avec l’OIM et le gouvernement du Mali, a lancé un programme de deux ans intitulé « Sécurité, Soutien et Solution » au Mali et dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale. 

Le dernier rapport de la DTM au Mali est disponible ici

Pour plus d’informations, veuillez contacter Seydou Tangara, Tel. +223 76 42 63 49, email : stangara@iom.int ou Hamed Diallo, Tel. +223 75 63 53 24, email : hdiallo2@iom.int

  • Des officiers du maintien de l’ordre ont participé à une formation pour renforcer les systèmes d’identification des victimes de traite au Mali. Photo : OIM/Seydou Tangara