Les femmes migrantes ont un role cle a jouer dans le debat sur le developpement

Date Publish: 
Mercredi, September 13, 2006 - 16:00
Region-Country: 
Etats-Unis
America fr

Si l'on veut trouver le moyen d'exploiter au maximum l'apport de la
migration au développement, il faut aborder, à
l'occasion du Dialogue de haut niveau des Nations Unies sur les
migrations internationales et le développement, le
rôle significatif et même vital que jouent aujourd'hui
les femmes migrantes dans ce domaine.

Lors du DHN, qui aura lieu à New York les 14 et 15
septembre, la question migration/développement sera
examinée pour la première fois à un tel
niveau. 

Saisissant cette occasion, le FNUAP et l'OIM accueilleront
conjointement une table ronde sur le thème "Femmes
migrantes", le 13 septembre 2006 de 09 h 30 à 11 h au
Siège des Nations Unies. Cette table ronde fera suite
à la réunion d'un groupe d'experts qui s'est tenue
à New York en mai dernier sur le même thème,
sous l'intitulé Femmes migrantes : Combler l'écart
pendant toute la durée du cycle de vie, en réaction
à l'augmentation constante du nombre de femmes migrantes et
face à la nécessité, pour les gouvernements,
de tenir compte des particularités de la composante
féminine des migrations.

Les femmes migrantes représentent près de la
moitié des 195 millions de migrants internationaux de par le
monde. Avec au moins la moitié de 233 milliards de dollars
E.-U. rapatriés par les voies officielles au cours de
l'année dernière, elles sont une force
économique vitale avec laquelle il faut compter.

"La gestion efficace des migrations requiert une approche
globale associant toutes les parties prenantes. Le Dialogue de haut
niveau des Nations Unies constitue une opportunité cruciale
pour intégrer dans l'agenda international l'aspect du
phénomène migratoire qui concerne la
sexospécificité", a déclaré Ndioro
Ndiaye, Directeur général adjoint de l'OIM. "Les
gouvernements, les agences de développement et les
organisations internationales doivent mettre au point des
stratégies visant à renforcer l'impact positif de la
migration, et plus particulièrement l'apport des femmes
migrantes à la réalisation des Objectifs du
Millénaire pour le développement".

C'est quelque chose qui peut se faire en apportant davantage de
soutien aux femmes dans leurs tentatives de création
d'entreprises, en facilitant leurs investissements et en assurant
une assistance financière et un renforcement des
capacités dans ces domaines.

Pour les femmes migrantes, l'expérience de la migration
peut et devrait même se traduire par un gain d'autonomie,
mais elle peut aussi être une source de mauvais traitements
et d'exploitation. 

Par ailleurs, les conflits déclarés et les
troubles civils ont pour effet d'aggraver des situations
déjà porteuses de risques en elles-mêmes.
L'évacuation récente par l'OIM de plus de 13 000
femmes migrantes qui se trouvaient au Liban, dont 94 pour cent
travaillant dans le secteur domestique, a
révélé la vulnérabilité des
femmes migrantes et la fragilité des mécanismes de
protection. Le personnel médical de l'OIM a noté que
plus de 20 pour cent des femmes évacuées
témoignaient de différentes formes d'exploitation,
avec ou sans violence, de traumatismes, de viols et - corollaire
inévitable - de troubles psychiques.

Lorsqu'elles prennent la décision d'émigrer, il
faut que les femmes puissent le faire en connaissance de cause.
Dans les pays d'origine, elles devraient avoir accès
à des mécanismes d'information
précédant le départ et
bénéficier d'une protection contre les agissements de
recruteurs peu scrupuleux.

Il existe en outre des vides juridiques. La ratification, la
mise en oeuvre et l'application obligatoire des mécanismes
internationaux s'imposent au niveau national pour protéger
les droits humains des femmes migrantes, surtout dans la mesure
où il n'existe ni traité ni convention
spécifique en leur faveur. S'il ne faut pas nier
l'importance de la Convention internationale sur la protection des
droits de tous les travailleurs migrants et des  membres de
leur famille, force est de constater que celle ci n'a pas
été largement ratifiée par les pays de
destination. Ces pays devraient offrir une protection garantie par
des textes de loi et faire en sorte que les droits de l'homme
soient respectés dans les secteurs informels où les
femmes migrantes ont l'habitude de se faire recruter, notamment en
élargissant le champ d'action des syndicats et des lois
nationales sur l'emploi au secteur domestique.

Les hommes et les femmes qui émigrent ont des motivations
différentes et disposent de moyens différents. L'un
et l'autre sexe ont une chance de voir leur démarche de
mobilité aboutir si on leur en donne les moyens, mais avant
tout, il faut que les politiques gouvernementales agissent dans le
sens de la prise d'autonomie des femmes migrantes en favorisant les
politiques, les lois et les programmes attentifs aux questions de
sexospécificité, non seulement pour tenir compte de
l'effet produit sur les hommes et les femmes, mais aussi pour
vérifier dans quelle mesure ils satisfont les besoins
différents des deux sexes.

"Nous ne pouvons pas ignorer ce que fait et accomplit la
moitié de la population mondiale de migrants et quels effets
produisent leur présence, leurs activités et leurs
mouvements sur l'économie et la société" a
ajouté Mme Ndiaye.  "Une analyse sexospécifique
de la migration et des migrants, ainsi que la collecte de
données et des travaux de recherche sur l'autonomisation
économique et sociale des femmes migrantes s'imposent si
l'ont veut avoir une meilleure compréhension de la
composante féminine des migrations".

L'OIM adresse un appel à tous les participants du
Dialogue de haut niveau des Nations Unies afin qu'ils incorporent
la dimension du genre dans le dialogue sur la migration et dans
leurs politiques et leurs programmes nationaux, régionaux et
internationaux en la matière.