Un avenir sans paludisme : des migrants en bonne santé dans des communautés exemptes de paludisme

Date Publish: 
Vendredi, April 25, 2014 - 07:27
Region-Country: 
Suisse
Europe fr
Le paludisme ne connaît pas les frontières

Genève, 25 avril 2014 – En 2012, le paludisme a touché environ 207 millions de personnes dans le monde et provoqué quelque 627 000 décès[1]. Dans les pays où il est endémique, dont certains comptent parmi les plus pauvres de la planète, le cycle de la pauvreté est, dans une large mesure, entretenu par le fardeau que cette maladie fait peser sur les communautés et les ménages.

Le thème de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme de cette année, « Investir dans l’avenir : Vaincre le paludisme » s’intéresse aux effets de la maladie sur les personnes et les sociétés, et à ses conséquences plus vastes pour le programme de développement pour l’après?2015.

Les migrants et leur famille comptent parmi les groupes marginalisés qui sont plus particulièrement exposés au paludisme. Avec l’accroissement de la mobilité humaine – aujourd’hui, plus d’un milliard de personnes sont des migrants internes ou transfrontaliers – les migrants, y compris ceux qui sont contraints de se déplacer, sont plus exposés à la maladie que les populations sédentaires. Cette exposition augmente chaque fois qu’ils se rendent dans des régions endémiques ou non endémiques, ou qu’ils les quittent.

Souvent considérés comme étant « cachés ou difficiles à atteindre », les migrants se heurtent fréquemment à de sérieux obstacles pour bénéficier de la continuité de soins de santé essentiels et de services de lutte contre le paludisme dans leurs pays d’origine, de transit ou de destination, et après leur retour au pays.

L’OIM collabore avec les gouvernements, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et des partenaires humanitaires pour que tous les migrants bénéficient d’une couverture médicale universelle, conformément à la résolution sur la santé des migrants de l’Assemblée mondiale de la Santé de 2008, qui appelle les Etats membres et les partenaires de l’OMS à promouvoir des politiques et des pratiques sanitaires respectueuses des migrants.

Des progrès ont été réalisés dans la lutte contre le paludisme. Cependant, pour parvenir à des politiques sans exclusive, il demeure nécessaire d’intensifier le dialogue multisectoriel à l’échelle nationale et transnationale, ainsi que la coordination et le partage des pratiques exemplaires entre divers secteurs, dont la santé, l’immigration, le travail, les services sociaux, les transports, l’environnement, ainsi qu’entre les acteurs publics et privés.

Il est indispensable de mettre en œuvre davantage d’initiatives et de programmes de lutte contre le paludisme de grande envergure dans les secteurs de la santé et autres, afin d’éradiquer cette maladie, surtout dans les pays où vivent ou se déplacent un grand nombre de migrants.

Aujourd’hui encore, les migrants, en particulier ceux qui sont dépourvus de documents ou qui empruntent des voies irrégulières, ou ceux qui sont contraints de se déplacer en raison d’une catastrophe naturelle ou d’un conflit, ne sont souvent pas pris en compte dans les stratégies antipaludiques traditionnelles et les plans d’action, ce qui se traduit par l’apparition d’infections non dépistées et non traitées qui sont souvent décelées trop tard.

Il est donc primordial d’assurer la prévention du paludisme et d’offrir un traitement aux migrants et à leurs communautés d’accueil, indépendamment de leur origine ou de leur statut au regard de la loi, afin d’éviter la réintroduction et la propagation de cette maladie par des cas importés.

« L’OIM veut un avenir sans paludisme. Nous continuerons de défendre le droit à la santé des migrants, y compris la prévention et le diagnostic précoce du paludisme, ainsi que l’accès aux soins. Des migrants en bonne santé vivant dans un environnement exempt de paludisme sont mieux à même de s’intégrer dans leur communauté d’accueil, d’apporter une contribution positive au développement social et économique de leurs communautés d’accueil et d’origine, et de réduire les problèmes de santé publique potentiels », a déclaré le Directeur général de l’OIM, William Lacy Swing.

L’OIM met en œuvre divers programmes de lutte et d’éradication du paludisme qui intègrent les migrants, en étroite collaboration avec les gouvernements et ses partenaires, notamment en Asie et en Afrique.

En Thaïlande, les programmes de l’OIM consistent à cartographier les communautés, à distribuer de manière ciblée des moustiquaires imprégnées d’insecticide longue durée, à mener des campagnes de sensibilisation et à créer des réseaux de migrants afin de favoriser le partage d’informations dans les communautés d’origine, de transit et de destination.

Dans l’Etat Môn, au Myanmar, les programmes de l’Organisation visent à étendre la portée des stratégies gouvernementales de lutte contre le paludisme et d’endiguement de la maladie. Parmi les mesures mises en œuvre à l’échelle locale qui intègrent les migrants, il convient de citer la cartographie des communautés, la mise en place d’équipes mobiles allant de village en village pour réaliser des tests de diagnostic rapide, des activités de sensibilisation ciblées, ou encore la distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticide longue durée et de produits répulsifs.

Dans le Bassin du Mékong, des campagnes menées dans les zones urbaines et ciblées sur les migrants ont sensibilisé ces derniers aux périodes d’incubation du paludisme, et leur ont recommandé de se faire examiner dans les deux semaines qui suivent un séjour dans une zone forestière.

En Afrique australe, les gouvernements ont pris pleinement conscience des défis que pose la migration pour l’éradication du paludisme. Des partenariats multisectoriels continuent d’y être noués, et la mise en œuvre des partenariats existants y est devenue une priorité.

L’OIM soutient la coopération transfrontière mise en œuvre par la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et les pays participant à l’initiative « Elimination 8 » pour lutter contre le paludisme. Au début du mois, elle a participé à la « Course contre le paludisme », une campagne transfrontalière régionale de 17 jours  qui visait à endiguer et éradiquer la transmission du paludisme dans des communautés frontalières ciblées au sein de la SADC.

Pour plus d’informations, prière de contacter

Nenette Motus
au Siège de l’OIM
Courriel : nmotus@iom.int
Tél. : +41.22.717.9355


[1] Centre des médias de l’OMS, Paludisme, Aide-mémoire n° 94. Mars 2014. http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs094/fr/